novembre 2012 (31)

vendredi 30 novembre 2012

Demain, ça va chauffer

Tout à l'heure, j'ai regardé le thermomètre et il m'a fallu me rendre à l'évidence. Malgré les bûches que je fais brûler dans la cheminée, il ne fait pas plus de 11° chez moi.

Je l'avais dit. Je me l'étais dit, je n'allumerai pas le chauffage avant décembre. Il était moins une ! Demain, nous serons en décembre et j'essaierai de mettre la chaudière en route avec le secret espoir que cela me permettra de gagner quelques degrés. Si la situation était tout à fait gérable jusque là, le froid s'est fait plus présent depuis cette nuit. Ce matin, je n'ai pas pensé à consulter le thermomètre mais je n'ai pas besoin de lui pour constater que le café refroidissait bien vite. Si le premier bol était à peu près chaud, le second se révélait être à peine tiède. J'ai alimenté la cheminée en bois toute la journée (sans exagérer non plus) et cela fait que, à condition de rester à proximité du foyer, j'ai pu dessiner un peu. Tout de même, ça manque un peu de confort.
Alors demain, premier jour de décembre, c'est dit, j'allume la chaudière !

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jeudi 29 novembre 2012

Juste pas grand chose

Je suis en train de tenter de réaliser un dessin qui m'a été commandé et qui m'agace un peu. Pour me calmer et pour m'entraîner un peu, j'ai fait un dessin qui n'a rien à voir avec quoi que ce soit. C'est bien tout ce que j'ai à vous offrir aujourd'hui et vous devrez vous en contenter.

du-balai.jpg

mercredi 28 novembre 2012

RMUP, MURP, PRUM, MRPU... et merde !

Ils sont pas sortis de leur pantalonnade, les mecs ! Ils se mettent d'accord et puis ils ne le sont plus et ils pensent à une solution avant de s'engueuler et de parler de tout recommencer sauf qu'il y en a un qui veut pas et que c'est hors de question pour l'autre sauf si... Bref, ça sent le sapin.

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mardi 27 novembre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (20)

C'est avec un grand plaisir que nous laissons la plume à nono pour la suite de ce feuilleton qui passionne déjà au bas mot une dizaine de personnes tout autour de la planète et particulièrement en France.

Une ombre surgit de derrière la Jeep, sa main gantée de noir s’approchât du poste émetteur et en arrachât brutalement mais avec assurance l’alimentation, ce qui eut pour effet immédiat de faire le silence. À ce moment le trio pénétra dans la remise.

- C’est curieux, j’aurais juré que la radio fonctionnait, dit la cousine.

- Apparemment, elle semble en veille, dit Alice qui visiblement n’y connaissait pas grand-chose.

- Attendons ici que l’on nous appelle, j’aime bien cette ambiance de garage, un vrai rêve de collectionneur, dit Robert.

- Ouais, ça caille dans cette remise coupa Gaëlle, allons boire un café.

- Je croyais que tu n’avais plus de gaz !

- Bah, il faut avoir des réserves à la campagne, mais puisque tu parles, attrape la bouteille bleue là, derrière, et installe-la !

Gaëlle, quittant la remise, grommela.

- Vous ne croyez tout de même pas, que je vais offrir du café aux pandores, non mais des fois !

La cuisine dévastée, n’était pas bien accueillante, et Robert se débattait avec le détendeur.

- Mais ça veut pas rentrer ce foutu machin, non rien à faire c’est foutu !

- Visse-le à l’ envers ! rétorqua sèchement Gaëlle.

Dans le même temps, l’ombre gantée de noir furtivement, s’affairait toujours dans la remise avant de disparaître.

Bon récapitulons dit Gaëlle, Roland va mieux mais il n’est pas prêt à courir le marathon, vous avez des colis encombrants avec vous, et va falloir trouver vite une solution. Ce qui m’ennuie c’est que les poulets tournent autour de la maison et croyez-moi, c’est pas bon signe…

- Demain on lève le camp, ponctua Robert.

- Je ne suis pas d’accord répondit l’infirmière, ce n’est pas raisonnable !

- Pas raisonnable mais plus sûr, répliqua Gaëlle. Je ne peux pas vous accompagner à cause des gendarmes qui se méfient déjà de quelque chose, mais vous n’aurez pas de mal à trouver la cabane du bûcheron, c’est en pleine forêt et personne ne connaît plus son existence et vous y serez bien, le temps de vous remettre avant de passer de l’autre côté, mais faudra vous y rendre à pied et avant la levée du jour, voici l’emplacement sur la carte, vous ne pouvez pas vous perdre, attendez quelques jours, une fois de l’autre côté, rendez vous à la sacristie du village, le curé est un ami il vous aidera.

- De l’autre coté de quoi et quel village ? s’alarmait Robert.

- Ne posez pas de questions, vous le verrez le moment venu, rétorqua Gaëlle.

- La nuit sera courte dit Robert.

- Allez, c’est la fin de vos problèmes, je me chargerai de faire disparaître les véhicules.

- Merci pour tout dit Alice, nous n’avons guère le choix.

La main gantée de noir actionna le heurtoir de l’entrée avec une violence inaccoutumée.

- Cachez-vous, dit Gaëlle, allez vite dans la chambre de Roland et préparez-vous à fuir, on se sait jamais.

Le trio se réfugia précipitamment dans la chambre.

- Qu’esss qui a-t-il ? Soupira Roland un peu dans les vapes.

- Rien, on décampe à l’aube, on passe la frontière, enfin… de l’autre côté et nos ennuis sont finis, dit Robert qui préférait abréger les explications. De toutes façons Roland n’était pas en état de comprendre.

- Chut écoutez ! dit Alice.

La voix assourdie par l’épaisseur des murs était néanmoins audible.

- Sarah Connors ? dit la voix, sèchement.

Gaëlle, qui avait vu le film et qui pensait aussitôt à la plaisanterie d’un proche, répondit d’un ton léger et bien naïvement.

- 0ui c’est moi.

Pour toute réponse une puissante déflagration au souffle dévastateur plaqua Alice et Robert sur le lit de Roland qui sursauta. Gaëlle, comme les véhicules parqués dans la remise ainsi que cette garce de Colette furent instantanément pulvérisés, atomisés, réduits à l’état de souvenirs. La poussière envahissait tout ce qui restait de la maison, du plafond soufflé on pouvait voir un ciel nuageux et sans lune et une odeur étrange qui ne ressemblait pas à celle de la poudre envahit les lieux dévastés.

- Vous n’avez rien ? dit Robert.

- Quoi quesss y spas, balbutia Roland.

- Partons vite !

- Où est Gaëlle !

- C’est trop tard, pour elle, ne restons pas là, partons, partons vite !

- Quand je repense à tous ces véhicules pulvérisés, je me voyais déjà en train de les remettre en état, mais qui a bien pu faire ça ?

- Vous êtes un monstre ! hurlait la rousse terrorisée. Vous ne pensez qu’à vos bagnoles alors que des personnes sont mortes, et pourquoi tout cela ? hein ? Qui peut me dire pourquoi ? Alice devenait hystérique devant la gravité de la situation, laquelle elle semblait bien être la seule à mesurer l’ampleur.

- J’en ai marre de vos histoires, je veux rentrer chez moi, je vais tout dire à la...

La main de Robert s’abattit sur le doux visage d’Alice.

- Ça suffit, reprenez vos esprits, ce n’est pas le moment de perdre son sang froid, il faut y aller maintenant ! dit Robert, un tantinet agacé lui aussi.

La 4L des gendarmes qui ne s’était pas trop éloignée fit demi-tour et se dirigeait vers ce qui restait de la maison. Les gendarmes ne virent pas la silhouette s’éloigner calmement du lieu du sinistre, ils ne virent pas non plus notre trio s’enfuir, en clopinant vers la forêt...

lundi 26 novembre 2012

Cafetière de luxe

A la chaussette ou filtre, à la turque ou américain, au lait ou au comptoir, noir ou arrosé. La cafetière que je vous présente est design et, forcément, italienne. What else ?

L'important pour une cafetière, c'est avant tout qu'elle fasse du bon café. Pour faire un bon café, il faut du bon café, bien moulu, de bonne extraction. Selon l'outil utilisé pour faire le café, il est plus ou moins utile d'utiliser un grand cru de café. Un café fait à la cafetière électrique commune, avec un filtre en papier, ne nécessite pas un "kopi luwak" chié par une civette asiatique. Selon le café désiré, on utilisera une cafetière à piston ou une cafetière espresso. Depuis quelques années, tout un marché est né autour de cette boisson et des ingénieurs italiens se sont penchés avec sérieux sur la question pour concevoir cette machine assez exceptionnelle mais délicate à utiliser : la Bacchi.
Parce que j'ai fait ces photos hier et que je n'ai pas l'intention de m'embêter à faire un dessin ce soir, je vous présente des photos de l'appareil. Je tiens à préciser que je ne l'ai jamais utilisée tellement tout cela me semble compliqué. Par contre, j'ai bu des cafés faits avec elle et ils sont très bons et très bien faits.

Cafetière Bacchi

Cafetière Bacchi - le réservoir d'eau et le piston

Cafetière Bacchi - les soupapes et le piston

Cafetière Bacchi

Cafetière en pièces détachées

dimanche 25 novembre 2012

Rôti de porc aux haricots et autres ingrédients bizarres

Aujourd'hui, je vais vous parler d'une recette que j'ai expérimentée sans filet hier.

L'idée m'est venue alors que je contemplais le rôti de porc les yeux dans les yeux. Je l'avais acheté sur un coup de tête compulsif avec la vague idée que j'allais le cuisiner et le manger un jour, avant qu'il soit impropre à la consommation.
J'hésitais entre une méthode simple et éprouvée, la cuisson à la cocotte sans plus de préparation, et l'élaboration d'une recette bricolée à partir de ce que je trouvais et jugeais pouvoir se marier de belle manière.
Lors de l'achat compulsif du rôti de porc, je m'étais également laissé aller à acheter des tomates parfaitement insipides et imbouffables. J'ai essayé de les faire en salade, j'ai été déçu. Du coup, j'ai l'idée de les utiliser cuites. C'est toujours mieux que de les jeter.
Puisque l'ail, l'oignon, le sel et le poivre font partie de ma base alimentaire au même titre que le pain, je les mets de côté en prévision de la réalisation du plat. Et là, je tombe sur des haricots secs que j'avais un peu oubliés. L'étincelle se fait dans ma tête. Je sais ce que je vais préparer !

La recette

Les ingrédients
  • Rôti de porc dans l'échine
  • Carottes
  • Haricots secs
  • Tomates
  • Oignons
  • Ail
  • Sel et poivre
  • Une ou deux feuilles de laurier
  • Un brin de thym
  • Graisse de canard
  • Bouillon de volaille
La préparation

Mettre les haricots dans une casserole et couvrir d'eau. Mettre sur le feu et laisser bouillir une vingtaine de minutes à petits bouillons. Eteindre le feu et laisser reposer à couvert durant une petite heure.
Egoutter les haricots, les remettre dans la casserole avec une feuille de laurier et un brin de thym. Couvrir d'eau et remettre à bouillir sur le feu pour une demi-heure ou un peu plus. Arrêter le feu et laisser de nouveau à couvert durant une heure.

Dans une bonne cocotte en fonte, faire fondre de la graisse de canard et faire revenir le rôti sur toutes ses faces. Enlever la viande et lui substituer les oignons coupés en rondelles pour les faire blondir. Remettre la viande dans la cocotte et ajouter les carottes en rondelles, l'ail, les tomates coupées, le sel, le poivre et les haricots égouttés. Ajouter enfin un demi litre de bouillon et couvrir pour laisser cuire à feu doux pendant deux heures.

Rôti de porc aux haricots (et autres bricoles)

samedi 24 novembre 2012

Vous prendrez bien un bonbon ?

Une photo que j'ai faite hier, comme ça, sans raison particulière si ce n'est que j'avais les Carambar© à portée de main et le verre à pied.

Carambar©

vendredi 23 novembre 2012

Il faut savoir freiner

Cet après-midi, parce que j'en avais un peu marre de faire des photos, je me suis demandé ce que j'allais proposer sur le blog pour le billet du jour. J'étais parti sur l'idée d'une photo mais voilà que je me suis mis à esquisser un dessin qui m'a poussé à le poursuivre.

Il ne faut pas me demander ce qui est à l'origine de ce dessin. Je n'en ai vraiment pas le commencement d'un soupçon d'idée. C'est comme ça. J'étais parti sans idée, comme la plupart du temps. Et puis, il y en a une qui est apparue sur la feuille de papier, sous la mine du crayon. Vous me croirez ou pas mais à chaque fois, je suis surpris, un peu comme si j'étais étranger à tout ça. Je vais finir par croire que j'ai un sacré problème avec mon cerveau, moi.
Enfin quoi qu'il en soit, je découvrais un début de dessin qui m'a amusé. J'ai un sens de l'humour assez particulier, je le reconnais et m'en félicite. Mais comme cette esquisse m'avait provoqué un sourire, je me suis dit que j'allais l'exploiter. J'ai pris une feuille de papier neuve et j'ai passé quelques heures sur le dessin que je vous présente maintenant.
Et, chose assez rare, comme j'ai aussi l'esquisse, je vous la mets également et sans supplément de prix.

Amis motards, soyez doux avec vos freins

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jeudi 22 novembre 2012

Abracadabrantesque

"C'est moi Jihèf, c'est toi François, c'est moi le con et c'est toi l'idiot..." Le duo de comiques continue son spectacle burlesque au sein de l'UMP secouée de crises de rires nerveux.

Je ne sais pas si vous suivez le feuilleton de l'automne, mais je vous le conseille. Il vaut son pesant de cacahuètes ! Au dernières nouvelles, on aurait oublié de compter quelques voix. Trois fois rien ! Juste les voix de votants sans importance mais qui pourraient tout de même faire basculer le score en faveur du perdant qui serait alors le gagnant à la place du gagnant qui deviendrait le perdant. Du coup.
Abracadabrantesque ! Jacques Chirac avait vu juste ! En ce moment, Juppé dit qu'il veut bien faire le médiateur mais Fillon dit qu'il n'a pas confiance dans les "juges" internes pour trancher. Ambiance ! Copé, Fillon... Je m'en balance à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Mais tout de même, qu'est-ce qu'il est bon, ce feuilleton ! Alors, Fillon ne veut plus être président du parti mais il n'exclut pas de porter l'affaire devant la justice et n'est pas contre qu'un sage (Juppé) intervienne. Copé, lui, ne veut pas entendre parler de tout ça et, tel un morpion, reste accroché.

Sinon, j'ai fait un dessin de moto.

Moto faucheuse

mercredi 21 novembre 2012

Fait par la mer

Lat 57° 17'.9 N Long 06°21'.5W. Si vous allez là où ces coordonnées vous mèneront, vous serez sur une île. Et sur cette île, vous pourrez déguster quelque chose de pas mauvais.

Tout à l'heure, en revenant de Périgueux, je suis allé faire des courses. Sur ma liste, il était marqué que je devais trouver du produit pour laver la vaisselle, du savon pour laver mon corps à moi, des œufs, des pommes de terre, des légumes, des fruits, de la farine, du lait, des trucs à bouffer et, bien sûr, du café. Je n'avais aucune intention d'acheter ce produit qui fait la fierté de l'île de Skye. Mais comme cela se fait parfois, j'ai eu l'occasion qui s'est présentée sous la forme d'une promotion double. Deux euros et quatre-vingts centimes une première fois et encore trois euros de réduction. Cela ramenait la bouteille de ce breuvage à celui d'un classique Highland ou d'un bon Blend.
Pour le moment, je me contente de photographier la bouteille en me disant que ça fera un sujet facile pour le blog et je m'amuse à faire une sorte de petit montage sous Photoshop, histoire de m'amuser un peu plus encore.
En vérité, tout à l'heure j'avais une bonne idée de dessin pour le blog. Mais c'est un dessin un peu compliqué et je n'ai fait que quelques ébauches sommaires. Je ne laisse pas tomber l'idée tout de suite, je me dis que je peux la réaliser si jamais je trouve le courage de le faire. C'est une idée que je trouve assez intéressante, je vous l'assure. On verra (peut-être) cela un autre jour.

Talisker, made by the sea

Talisker et progrès

Talisker, quelque part en Ecosse

mardi 20 novembre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (19)

Alice, la rousse infirmière, Robert et Roland roulent vers Gaëlle. Coup de théâtre, ils sont interceptés. Coup de théâtre encore, ils se libèrent. Le téléphone sonne à la fin du précédent épisode et c'est Liaan qui nous dévoile la suite.

Alice répondit.

- Mmh.

- Colette ?

- ...

- Vous n'êtes pas Colette ! Qui que vous soyez, ne faites pas les malins.

Cloc !

Alice se tourna vers les présents et demanda à Colette :

- Je sais que c'était votre Organisation, peut-être même votre Patron !

Colette, tenta de cracher sur les chaussures d'Alice mais le gong tenu par Gaëlle mit fin à la tentative.

- Et je parie qu'il y avait un code de reconnaissance, une phrase à répondre...

Colette ne confirma pas, elle était repartie dans le cirage.

Roland, blessé rappelons-le, commençait a trouver le temps long et regrettait son lit d'hôpital où il était bien au chaud, avec vers six heures, la prise de tension et celle de la température, son voisin bien calme, sans doute bourré de sédatifs... Mais au fait, ce voisin ? Il était arrivé peu de temps après qu'il eut émergé du coltar où l'avait plongé cet "accident". Qui était-il d'ailleurs ? Roland essaya de se le remémorer ce voisin... Son aspect physique : un visage poupin sous des cheveux en brosse, jeune, 25 à 26 ans, Il venait visiblement du bloc opératoire et était endormi lors de l'arrivée de son lit dans la chambre, poussé par deux robustes infirmiers qui dirent à Roland :

-Voilà un compagnon de douleurs, qui ne vous embêtera pas pour le moment...

Un goutte-à-goutte dans son bras gauche, le patient n'avait aucune réaction. Lorsque la décision de partir de l'hôpital avec Robert, et l'infirmière rousse... comment s'appelle-t-elle ? Claire, Sophie ? Impossible de m'en souvenir... Roland commençait à rêvasser, les yeux mi-clos et Alice s'en inquiéta.

- Roland Verne ? Vous m'entendez Roland Verne ? Ouh, ouh ?...

Alice prit sa main et la tapota doucement :

- Alice vous parle, Roland !

Sorti de sa torpeur, Roland s'écria presque :

- oui ! Alice, voilà, c'est Alice !

- À la bonne heure ! Roland revient parmi nous !

- Écartez vous, vous-autres, demanda doucement Alice à cousine Gaëlle et Robert :

- Roland nous a fait un petit malaise, ce n'est rien mais il faudrait l'allonger et veiller à ce qu'il ne prenne pas trop froid.

Roland ne protesta pas et se retrouva allongé dans un lit douillet. Sa cousine, son infirmière et son copain se retrouvèrent dans la salle à moitié effondrée...

- Bon, ce téléphone ? On peut le faire parler ou pas ?

Cousine Gaëlle répondit que non, qu'elle était plus à même de ne se servir que d'un poste émetteur-récepteur radio...

- Moi, les nouvelles technologies...

- en plus, cette Colette a dû sécuriser son contenu, ...et sans code...lança Alice.

- L'émetteur-récepteur ! Mais voilà le moyen, non pas de faire causer ce téléphone, mais de pouvoir joindre le Q.G. Le Q.G., c'est ainsi que vous l'avez nommé tantôt, Madame Gaëlle ? demanda Robert.

- Oui, c'est ainsi qu'il se nomme, toujours, c'est étrange d'ailleurs, après tant d'années : la voix d'un Q.G. demandait à toutes les unités...

- Ce qui peut vouloir dire que nos trois lascars défunctés ne peuvent être qu'une unité, ou pas. Combien de personnes sont ainsi à nos basques ? Demanda Robert. Et il ajouta :

- au fait, ces macchabs ? On en fait quoi, et la famille Tartemolle, j'veux dire les Moyeux ? Bon, en attendant, allons voir cet émetteur-récepteur qui voyage dans le temps...

Alice et Robert suivirent Gaëlle vers la remise. Éclairée d'une pauvre lumière, Alice remarqua dans la pénombre une Jeep, une vraie fit remarquer Robert, en connaisseur...

- Pas une type M201 produite sous licence après guerre par Hotchkiss, une vraie ! C'est même une Ford.

Alice fut étonnée par les connaissances de Robert, le passionné de véhicules anciens.

- Comment se fait-il que cette Jeep, qui a participé au débarquement soit là, Madame Gaëlle ?

Gaëlle jeta un œil distrait sur l'auto et répondit évasivement :

- Un souvenir de plus... Ah, voici le poste de radio !

Et elle l'allume... Le récepteur-émetteur se mit doucement à chauffer, et émit quelque crachotement, et le trio entendit une voix qui venait de l'extérieur :

- Madame Labornez Gaëlle, vous êtes là ?

- Dans le hangar, j'arrive !

Gaëlle sortit et trouva deux gendarmes dont le plus grand demanda :

- Nous nous inquiétions, vous n'avez pas d'ennuis ? Rapport à un témoin qui...

- Le boulanger ! coupa sèchement Gaëlle.

- Je ne peux rien vous cacher, Labornez. Bref, il nous a appelés pour nous dire qu'il y avait eu comme un gros "Boum !" par chez vous, enfin de votre côté. Et en arrivant à votre domicile, nous trouvâmes deux véhicules automobiles civils, dont une ambulance... Pour quelqu'un qui n'a pas son permis de conduire, avouez que cela est suspicieux, on a du flair, nous autres !

- Ce n'est rien, le "Boum", c'était une porte claquée. Les voitures, c'est la famille qui est venue me rendre une petite visite...

À ce moment, Alice et Robert, vêtus de leurs effets d'infirmier apparurent.

- Voici l'ambulance, désignant les nouveaux arrivés, et la voiture noire est celle de mon cousin Roland Verne, qui se repose, car il a fait une longue route.

- Madame, Monsieur. Saluèrent les deux gendarme en rectifiant leur position.

- Si vous me dîtes qu'il n'y a rien d'extraordinaire à votre domicile, nous vous laissons, Madame Labornez !

- Je suis désolée de ne pas vous offrir un café, je suis tombée en panne de gaz...

- Merci, mais nous avons à faire par ailleurs, merci et au revoir Madame Labornez...

Les gendarmes repartis dans leur Renault 4, Robert demanda à Gaëlle :

- Votre nom de famille, c"est Labornez ? J'ai déjà entendu, ou lu ce nom là quelque part...

- Cherchez pas trop, c'est le nom de famille de Bécassine, qu'est-ce que j'ai pu l'entendre ce prénom dans ma chienne de vie, surtout à l'école, les enfants sont méchants... Ça me mettait dans une colère noire et c'est peut-être pour ça que je suis rentré dans les FTP...

Au moment où le trio rentrait dans la remise, la radio se fit entendre :

- Q.G. à toutes les unités... Q.G. à toutes les unités...

lundi 19 novembre 2012

Un Mauvais Psychodrame

Nom de dieu ce qu'ils sont cons ! Bordel de merde, qu'est ce que c'est bon !

A l'heure de la rédaction de ce billet, je suis heureux. Pour une fois, pour la première fois, l'UMP me rend heureux. C'est inquiétant. Je jubile, je sens une larme de bonheur couler le long de ma joue. Je pleure de rire. Ah qu'ils sont cons, bordel de merde !
Un Mauvais Prurit, Urticaire Méchamment Purulent, l'Union des Mauvais Perdants ; Ils sont impayables. infoutus de compter, incapables d'organiser une élection, une élection qu'ils étaient certains de gagner. Ah les cons ! Putain, ça fait du bien de rire comme ça de temps à autres ! Merci, merci, merci !
L'UMP en train d'exploser, en pleine séance d'auto-destruction. Je vois déjà le scénario que l'on peut tirer de tout ça. Un bon film gore avec un Fillon et un Copé qui enflent, qui gonflent, qui inflationnent et qui explosent dans une gerbe jaunâtre et pestilentielles, répandant des morceaux gluants, poisseux, collants d'UMP pourrie partout autour, éclaboussant les Kosciusko-Morizet, les Juppé, les Hortefeux, les Besson, les Sarkozy et l'ensemble de ces crétins bouffis, répandant le virus qui va les tuer tous dans un tonnerre de boursouflures explosives. Quel beau film ! Des furoncles qui éclatent, des phlegmons qui éjaculent, des corps qui se perdent en déliquescence. Hollywood !

Les suspicions de bourrages d'urne, les votants plus nombreux que les inscrits, les annonces de victoire trop rapides, les comptables qui s'y perdent dans tous ces chiffres et déjà, on pronostique l'explosion de cette belle union. L'extrême droite ricane, l'extrême centre de droite ouvre grand ses portes pour accueillir les naufragés. Et on se demande s'il ne faut pas rappeler Sarkozy alors que Juppé se propose pour jouer le médiateur dans cette énorme comédie.
Je me demande si je ne vais pas reprendre un pain au chocolat, moi.

dimanche 18 novembre 2012

Fiasco

Je suis de retour chez moi. Depuis ce matin, j'essaie de vous faire un petit dessin pour fêter l'événement.

La première question qui me vient à l'esprit est de savoir ce que je vais dessiner. Je n'ai pas d'idée et je fais confiance au hasard et à l'association d'idées. J'écoute la radio en me disant que ça va m'aider. J'hésite un instant à traiter d'un sujet d'actualité. Il y a l'élection du patron de l'UMP. Je n'ai le déclic. Il y a l'affaire du futur aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes. Bon. Oui. Pas de déclic non plus. Il y a la reprise des combats entre Israël et la Palestine. Pas mieux. Le déclic ne vient pas. Je laisse tomber l'actualité.
Je vais prendre une douche. Des fois, on ne sait jamais, une bonne douche, ça peut peut-être stimuler mes neurones, faire germer des idées.
Je suis propre mais toujours sans idée. Je commence à m'agacer.

Normalement, lorsque je n'ai pas d'idée, je me replie sur des sujets qui n'en demandent pas. Et si je dessinais une moto ? Ah oui, c'est pas idiot, ça.
Je prends une nouvelle feuille de papier et je dessine une roue puis un bout de cadre, une fourche, une esquisse de pilote. Je roule la feuille en boule et je la jette dans la cheminée. J'en prends une autre qui subit le même sort. Et une autre fois encore.
Hormis alimenter la cheminée avec un combustible bien trop onéreux pour que je songe à n'utiliser que lui, c'est un échec. Je pense que je ne parviendrai pas à dessiner une moto et je repars à la chasse à l'idée. J'essaie de dessiner un personnage grotesque. Même ça, je n'y arrive pas. C'est râpé pour aujourd'hui. Il n'y aura pas de dessin. Tant pis.
Pour autant, tout cela m'a donné l'idée de faire des crêpes, ce soir. N'allez pas me demander comment cette idée est arrivée.

Mais voilà que les commentaires viennent débloquer la situation ! Du coup, il y a bien un dessin.

dessins-feu.jpg

Et maintenant, place aux crêpes de Gaëlle.

samedi 17 novembre 2012

Je vais rentrer chez moi

Tout à l'heure, un peu après midi, je vais prendre la route pour tenter de revenir à Azerat.

Ça fait tout de même quelques heures de route pour aller de là où je suis jusqu'à là où je souhaite aller. Puisque j'ai réussi à dénicher un peu de connexion à Internet, j'en profite pour faire un billet très intéressant qui me permettra de ne pas avoir à subir la honte du trou dans l'historique de ce blog.
Si tout se passe bien, si je n'ai pas d'accident, si le moteur de mon véhicule n'explose pas en plein vol, si les hordes de brigands de m'attaquent pas en route, il serait possible que je reprenne mes petites habitudes dès demain et que le blog recommence à être alimenté d'une manière normale.
Je lis en parcourant les commentaires que le feuilleton est en passe de devenir, grâce à vous, l'élément clé de ce blog qui, à mon grand désespoir, pourrait bien finir par ne plus nuire autant que je le voudrais.
La météo est très hésitante, j'ai, je pense assez de carburant pour tenter le retour, je croise les doigts et c'est dans la position du lotus, en pleine séance de yoga et de relaxation que je vous souhaite une bonne journée.

vendredi 16 novembre 2012

Juste un petit mot

Juste un petit bonjour d'ici pour vous dire qu'il fait un peu frais mais beau tout de même et que tout va bien. Je vous fais des grosses bises à toutes et tous.

jeudi 15 novembre 2012

Durant mon absence...

... le blog reste sous surveillance. sous-surveillance.jpg

mercredi 14 novembre 2012

En direct du vide

Ce soir, j'ai travaillé jusqu'à assez tard sur Périgueux et je suis donc rentré encore plus tard à Azerat. Je me suis fait un truc à bouffer assez ignoble mais rapide et là, je n'ai pas la moindre once d'idée de ce que je vais donner à manger au blog qui nuit (très) grave !

Je n'ai vraiment pas eu le temps et le loisir d'y réfléchir. Je pensais revenir au moins une heure plus tôt et avoir le temps de faire quelque chose. Ça n'a pas été comme je le pensais.
Je n'ai pas trop envie de vous raconter ma journée parce qu'elle n'a rien eu de bien intéressant. Encore, cet après-midi, j'ai au moins eu le sentiment de faire quelque chose de relativement utile et d'être de quelque secours. Mais ce matin, ma foi, on peut aller jusqu'à dire que j'ai perdu mon temps.
Je ne vais pas plus vous dire ce que j'ai mangé ce soir. Ça pourrait, à la simple évocation de la chose, vous faire vomir un peu. Ce ne serait pas gentil de ma part. Je vous le dirai peut-être une autre fois, à une heure où la digestion est passée et où il y a moins de risque.
Et quoi alors ? Vous dire ce que je vais faire maintenant ? Ça va vous ennuyer. Je vous entends déjà bailler. Vous raconter comment je me suis réveillé ce matin avec le nez bouché ? Ce n'est guère plus intéressant.
Demain, je pars quelque part vers midi. J'essaie de vous faire quelque chose avant de prendre la route. Il n'est pas sûr qu'il y aura un billet vendredi et samedi, par contre. J'aviserai mais il faut vous préparer à devoir faire disette.

mardi 13 novembre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (18)

Roland, Robert et Alice, la belle rousse d'infirmière filent à bord d'une ambulance volée vers Pont-Aven pour aller à la rencontre de Gaëlle, l'excentrique tante. Quand tout d'un coup soudainement, des phares apparaissent dans la nuit !

On attendait Grouchy, ce fut Blücher.

En matière de Robert, c’était Colette qui faisait face à Gaëlle. Colette et un homme à la mine renfrognée et au poing armé d’un pistolet automatique de fort calibre.

- Robert est dans l’ambulance. Vous allez le rejoindre gentiment, déclara Colette.

- Qui c’est que vous êtes, vous ? questionna Gaëlle.

- Je suis l’épouse de Gérard. Nous allons chercher Gérard ensemble, bien gentiment. Vous allez nous guider. Marcel nous suivra avec la Mercedes.

Colette sortit une ravissante petite arme à crosse nacrée de son sac afin d’aider Gaëlle à obéir. Gaëlle estima qu’elle avait fait une boulette en ne prenant pas l’un ou l’autre des Lüger avec elle en sortant de la berline allemande. Elle se mordit un peu la lèvre inférieure. Elle n’avait pas du tout envie de chanter.

Après que l’on lui avait passé des menottes aux poignets, on la fit monter à l’avant de l’ambulance, à la place centrale. Colette prit place à son tour sur la banquette et dit à l’homme qui tenait le volant de prendre la route de Pont-Aven. La Mercedes avait fait demi-tour et suivait.

Comprenant que cela ne conduirait à rien, Gaëlle ne chercha pas à donner de mauvaises instructions. Elle indiquait la route de sa maison la mort dans l’âme et en tentant vainement de se concentrer sur un plan B. Elle avait comme un brouillard poisseux dans la tête et les idées s’engluaient dans une mélasse embrouillée.

Le convoi arriva rapidement devant la maison de Gaëlle. On fit sortir Roland, Robert et Alice de l’arrière et tout ce petit monde pénétra dans la cuisine. On questionna Gaëlle qui indiqua la porte qui menait à la cave. Quelques minutes plus tard, Gérard, le visage tuméfié, apparut. Il lançait un œil mauvais à sa tortionnaire et dut subir l’engueulade de sa femme qui le traita à tour de rôle d’incapable, de gros nul et d’âne bâté. Les épaules affaissée et la tête basse, il prenait l’air le plus honteux dont il était capable et, une fois l’orage passé, tenta une question.

- Et maintenant, on fait quoi ?

Cela lui valut une nouvelle bordée d’injures et de reproches. Puis, comme si elle avait fini de vider son sac, Colette attrapa une chaise et s’assit. Elle resta silencieuse quelques minutes avant de faire le point de la situation à voix haute, comme si elle se parlait à elle-même. Où en étions-nous ? Cet incapable de Gérard était libéré mais le papier bleu n’existait plus, les documents de Roland étaient détruits et il y avait quatre témoins à faire taire. Un échec total, sur toute la ligne. Un fiasco de toute splendeur. Le bide qui n’allait certainement pas rester sans conséquence. Les trois hommes de main de l’organisation secrète étaient debout, chacun surveillant l’une des issues de la cuisine. Roland était allongé par terre, Alice et Robert étaient menottés au radiateur. Gaëlle, elle, n’avait toujours pas envie de pousser la chansonnette. Probablement en raison de son âge, plus certainement encore à cause de l’amateurisme des membres de la Fabrique, on n’avait pas pris soin de trop s’occuper d’elle. On la surveillait du coin de l’œil comme on surveille le lait dans sa casserole mais on ne semblait pas la considérer comme réellement dangereuse. Pour tout dire, on la sous-estimait beaucoup.

- Quelqu’un veut du thé ? tonitrua Gaëlle

Tous les regards se tournèrent vers elle. Comment s’était-elle libérée de la chaise où elle était menottée ? Les regards bifurquèrent alors vers la chaise où pendait la paire de menottes. Sous l’effet de la surprise, les mâchoires pendirent et les yeux s’exorbitèrent. Elle avait déjà une casserole à la main lorsque Colette commença à beugler comme quoi il fallait l’attraper, la menotter, la capturer, l’empêcher de nuire, la soumettre, l’abattre, la contraindre et toutes ces choses peu aimables.

L’un des hommes, le plus vif et le plus proche de Gaëlle s’élança l’arme au poing et fut accueilli par un bon coup de casserole à l’occiput tandis que, d’un pied vigoureux, Roland faisait trébucher le deuxième malfaisant qui s’éclata le nez et le maxillaire inférieur sur le carrelage. Il y eut comme un flottement dans les troupes. Colette et Gérard décidèrent d’agir en même temps et ils n’auraient pas dû. Dans son élan, Gérard culbuta Colette qui tomba la tête la première sur le coin de la table avant de décider de tomber dans les vapes. Gérard, lui, mal remis des sévices causés par Gaëlle, dérapa et s’affala au sol en se démettant l’omoplate gauche en poussant un poignant cri de douleur qui n’avait rien de feint, du moins en apparence. Il restait le troisième homme qui eut le temps de tirer un coup de feu juste au moment où Gaëlle avait décidé de lui faire parvenir la lourde casserole en pleine face. La balle se perdit dans la bouteille de gaz butane qui se trouvait à côté de la cuisinière et qui prit sur elle d’exploser, mettant un terme à l’algarade dans quelque chose qui ressemblerait beaucoup à un ‘’deus ex machina’’ facile et improbable s’il n’était pas un strict reflet de la vraie vérité bien réelle dans la réalité la plus absolue.

Couverts de débris de plâtre et de poussière indéterminée, Gaëlle, Roland, Robert et Alice n’en revenaient pas. Ils avaient tous les oreilles qui bourdonnaient, quelques écorchures, plaies et bosses mais ils étaient bien vivants. On ne pouvait pas en dire autant des membres du camp d’en face ! Colette et Gérard Moyeux respiraient encore mais les trois hommes dont le lecteur ne saura jamais rien de plus avaient fait veuves et orphelins pour peu qu’ils avaient été mariés et pères. Il y en avait même un qui n’était plus en un seul morceau. Déchiqueté, il était. Et ses morceaux étaient dispersés dans toute la cuisine et ce n’était pas beau à voir.

Gaëlle se baissa pour ramasser sa casserole cabossée et s’excusa qu’en raison de la panne de gaz consécutive à l’explosion de la bouteille, elle n’allait pas pouvoir faire chauffer de l’eau pour le thé.

- Quelqu’un voudrait un verre de chouchen, risqua-t-elle ?

On trouva les clés des menottes dans les poches des victimes défuntes et on libéra Alice, Robert et Roland.

- Eh beh ! dis Robert

- Incroyable, continua Alice

- Putain ! conclut Roland.

Gaëlle avait le sourire. Elle était un peu peiné pour sa cuisine qui était toute à refaire mais, dans l’ensemble, elle était plutôt satisfaite. Elle rajeunissait de soixante ans d’un coup. Si les acouphènes ne la perturbaient pas sur l’instant, elle se serait peut-être mise à chanter quelque chose.

- Et on fait quoi ? demanda Robert en se massant les poignets ?

- Il faudrait aller acheter une bouteille de gaz, proposa Gaëlle.

- Il faudrait appeler les flics, estima Roland

- Il faudrait surtout passer les menottes à Colette et à Gérard. Ils ont l’air de se réveiller.

Robert s’exécuta sous la surveillance bienveillante de Gaëlle qui veillait au grain la queue de casserole bien en main. Pendant ce temps, Alice ramassa les armes dispersées dans la pièce et les posa à côté de Roland. Alors, reprenant son rôle d’infirmière, elle s’occupa de Roland, le redressant en lui plaçant un coussin dans le dos, avant de nettoyer les plaies de Colette et Gérard. Gaëlle lui avait donné tout le contenu de sa pharmacie, une bouteille bien entamée d’alcool à 90°, une boîte vide de pansements et un tube d’aspirine périmée de longue date. Alice alla chercher ce dont elle avait besoin dans l’ambulance et en profita pour s’assurer que tout était calme dans la nuit de Pont-Aven. Dans la nuit, au loin, un chien aboyait. Mis à part cela tout semblait bien endormi. Elle revint avec une trousse de premier secours et pansa les blessures des fâcheux époux Moyeux qui reprenaient leurs esprits.

- Crétin ! lâcha Colette à l’intention d’un Gérard tout penaud.

- J’ai pas fait exprès, plaida ce dernier.

- Tu n’as que ça à dire pour ta défense ? Si on s’en sort, je ne donne pas cher de tes os, abruti ! Ma mère avait bien raison. Un imbécile, un sombre incapable, un débile profond !

- Mais Colette ! J’ai pas fait exprès, je t’assure !

- Tais-toi. S’il te plaît, tais-toi !

- Taisez-vous tous les deux, trancha Robert. On va discuter un peu.

- Si on se tait, on ne discutera pas beaucoup, rétorqua Gérard, non sans raison et humour.

Gaëlle donna un bon coup de casserole sur la tête de Gérard.

- Aïe ! Mais elle est folle celle là ! Ça fait mal, merde !

- Ta gueule, Gérard, éructa Robert en lui donnant une baffe.

- Aïe ! Mais j’en ai marre, moi !

-Quelqu’un veut du thé ? Demanda Gaëlle. Il faudrait aller chercher du gaz.

- Il fait nuit, Gaëlle, tenta de la calmer Alice. On ira demain matin. Il est tard, Gaëlle. Vous devriez aller vous coucher et reprendre des formes.

- Je suis en pleine forme, moi ! Et puis, j’ai pas sommeil. Ça me fait penser à quand j’attendais mon Yannick. Ah ! Mon Yannick ! Il aimait quand je lui chantais des chansons. « Je t’attendrai à la porte du garage... Boum ! Quand votre cœur fait boum ! ». Il aimait bien Trénet. Et pas que dans les bars, qu’il ajoutait toujours.

Sans raison particulière, elle leva la casserole et l’abattit sur la tête de Gérard qui se plaignit du sort qu’on lui faisait subir.

Robert avait remis une chaise sur ses pieds et s’était assis à l’envers sur elle, reposant ses avant bras sur le dossier et fixant le couple Moyeux dans les yeux.

- Bon. Finie la comédie. On va causer. Vous allez nous dire tout ce que vous savez. On décidera après de votre avenir. D’abord, une première question à toi, Colette. Comment as-tu pu me faire ça à moi, ton frère ? Dans quelle coupable organisation baignes-tu ? Que cherches-tu ? Que sont devenus tes maris ?

- Je ne dirai rien, crâna Colette en esquissant un sourire tuméfié et partiellement édenté.

Boum ! La casserole venait d’opérer, sur le crâne de Colette, cette fois-ci.

- Bien fait, jubila Gérard.

Et boum de nouveau, sur la tête de Gérard, cette fois.

- Aïe !

- Colette, tu vas parler, je te l’assure. Nous avons tout notre temps, nous sommes armés et Gaëlle a des arguments choc.

- Je ne sais rien de rien à tout cela, tenta Gérard, lâchement.

- Lâche, grinça Colette à son égard. Bien sûr que tu ne sais rien ! Tu ne penses pas que l’on allait dévoiler le fond de cette opération à un Charlot dans ton genre, pauvre mec !

- Ah ! Vous voyez ! Je ne sais rien. Laissez-moi m’en aller. Je ne dirai rien. C’est elle la coupable ! Rien qu’elle !

Une sonnerie de téléphone se fit entendre. Une sonnerie de portable. Robert lança un regard interrogateur vers Alice qui en fit de même à l’endroit de Roland qui en jeta un vers Gérard qui dit :

- C’est le téléphone à Colette...

Alice chercha dans les poches de Colette, elle trouva le téléphone, appuya sur la touche pour accepter l’appel.

- Allo ? Colette ? L’affaire est réglée ?

lundi 12 novembre 2012

Vos bouteilles, un débouché

Considérant les nombreuses bouteilles de vin dont je ne sais que faire qui s'amoncellent partout autour de moi en mon douillet logis, je me demandais si un savant génial ne pouvait pas nous concocter un moteur qui fonctionnerait au vin.

J'ai commencé à allumer le feu dans la cheminée vendredi dernier. Jeudi, dans la matinée, la température était tombée sous les dix degrés et j'ai considéré que cela n'était pas assez. Alors, j'ai acheté du bois de chauffage. Samedi, on m'a livré du fuel. Tout cela doit être un signe, le signe que l'hiver approche.
Et hier, j'ai fait un peu (pas beaucoup tout de même) de rangement chez moi. J'ai été époustouflé par le nombre de bouteilles de vin présentes. Et comme fait exprès, il y a plus de bouteilles de Bordeaux que de bon vin de Bergerac ! Quel malheur ! Toutefois, je me suis dit que toutes ces bouteilles, ça devrait au moins pouvoir servir de carburant pour peu que l'on se décide à inventer et mettre au point le moteur à pinard. Et alors, j'ai fait une petit dessin sans prétention que j'ai sans vergogne salopé sous Photoshop. Mais faut dire que j'avais foiré l'encrage réalisé avec un Pentel Brush bien pratique mais que je ne maîtrise pas du tout. Rien ne vaut le vrai pinceau, à mon avis. Ceci dit, lorsque je vois ce que nombre de dessinateurs de manga arrivent à faire avec cet outil, je me demande si ce n'est pas moi qui aie un problème.
Demain, n'oubliez pas le grand rendez-vous du mardi !

Moteur à vin

dimanche 11 novembre 2012

Livre de saison

Quel meilleur jour pour parler du livre que je suis en train de lire qu'aujourd'hui ?

Que n'a-t-on pas écrit, filmé, dit sur la Grande Guerre ? Cette fois-ci, c'est Jean Echenoz qui apporte sa pierre à l'édifice de la mémoire collective concernant cette sale guerre, celle qui devait être la "der des ders", celle que l'on a appelé la grande boucherie, celle à laquelle on était parti la fleur au fusil avec la certitude que ça allait être l'affaire d'une quinzaine de jours et que l'on serait rentré pour les moissons.
Plus de soixante millions de soldats, environ neuf millions de morts, une vingtaine de millions de blessés. Les "gueules cassées", les monuments aux morts qui fleurissent quelques années plus tard dans les villages de France. Les poilus, les tranchées, le gaz moutarde, les baïonnettes, les casques à pointes, les fusillés pour l'exemple. Tout cela est dans les esprits au moment où la France décide de ne plus commémorer l'armistice de 1918 mais de saluer les morts pour la France.
14 raconte la vie de cinq jeunes hommes qui partent à la guerre. Le héros, le personnage principal du livre est Anthime. Jean Echenoz parvient en un court livre d'un peu plus de 120 pages à nous raconter ces vies et la guerre sans s'appesantir sur les atrocités de la guerre, sans se perdre dans de longues descriptions.

14 - Jean Echenoz

samedi 10 novembre 2012

Petite moto du samedi

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vendredi 9 novembre 2012

L'affliction dépasse la réalité

La question de savoir si l'on peut rire de tout a été longuement discutée. Le billet d'aujourd'hui peut faire rire et pourtant ce qu'il recèle est simplement consternant. Pour dire la vérité, ce qui suit, je n'y avais pas pensé et si j'y avais pensé, je ne suis pas sûr que j'aurais osé.

C'est sur le site cuk.ch que j'ai lu ça. Sur le moment, franchement, je n'y ai pas cru. Et aujourd'hui encore, je doute un peu.
Avant toute chose, je vous conseille d'aller lire l'article de Modane daté du 8 novembre. En gros et pour les fainéants qui ne feront pas l'effort d'aller lire l'article en question, Modane parle des fautes de français, des fautes d'orthographe et de ces sortes de choses. Allez le lire et revenez. Je vous attends.

Voilà ? C'est fait ? Etonnant et consternant, non ?
Oui, d'accord. Il y en a qui ne sont pas allés voir et qui ne comprennent donc pas. Bon. Pour ces personnes, je mets la copie d'écran trouvée sur cuk.ch.

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Si vous cliquez sur la copie d'écran, vous trouverez un dessin que j'ai fait pour illustrer le propos.

jeudi 8 novembre 2012

Alpine, avec un "B" comme dans "Blaireau"

La nouvelle a été annoncée et aussitôt relayée par les radios, sur Internet et ailleurs sans doute. Renault s'associe avec Caterham pour relancer la marque Alpine.

Disons-le tout de go, Alpine, je n'en ai rien à battre. Si j'aime plutôt bien les Alpine A110, je ne connais pas bien les autres modèles et ai bien conscience du fait que je n'aurai jamais de voiture de cette marque. D'autre part, je suppose que la marque Alpine ne signifie pas grand chose chez les personnes qui n'ont pas eu entre 10 et 30 ans dans les années 70. Alpine, c'est une marque de quasi vieux.
Enfin bon, on apprend donc que Renault et Caterham s'associent pour faire renaître la marque Alpine créée par Jean Rédélé en 1955 et tombée dans le giron de Renault en 1973. La nouvelle est rapportée à grands coups tonitruants de trompette et on essaie de nous faire croire que c'est là une nouvelle sensationnelle. On cherche un peu à nous faire comprendre à quel point c'est fantastique en insistant sur le fait que les nouvelles Alpine seront construites dans l'usine de Dieppe, berceau de la marque. Quelque temps, on peut voir des images de ce que pourrait être la nouvelle Alpine, une voiture qui s'inspire fortement de la ligne générale de l'A110 et qui cherche ouvertement à faire vibrer la fibre nostalgique de certains. On apprend juste que la nouvelle voiture pourrait être vendue aux environs de trente mille euros. Par contre, je ne suis pas allé chercher plus d'informations que ça et je ne sais pas trop ce que sera cette nouvelle voiture. Caterham, pour moi, ce n'est qu'un petit constructeur anglais qui produit des Lotus Seven. J'aime bien la Lotus Seven. J'ai cru entendre que Renault et Caterham travaillent déjà ensemble dans le domaine de la Formule 1. Je n'aime pas la Formule 1.

Mais ce qui m'emmerde un peu dans toute cette affaire, ce n'est pas que Alpine renaisse, ce n'est pas que la marque Alpine devienne en partie anglaise[1], ce n'est pas non plus que l'on annonce (sur quelles bases ?) le prix de la voiture. De tout cela, je n'en ai strictement rien à foutre. Non. Ce qui m'agace, c'est que l'on aille chercher dans le passé pour créer une nouvelle bagnole. C'est cette nostalgie qui m'agace. Voilà.

alpine-caterham.jpg

Je ne sais pas trop qui a commencé. Il me semble que ça pourrait être Chrysler avec son PT Cruiser. Si cette voiture ne s'inspire pas clairement d'un ancien modèle, elle tente de nous rappeler les anciennes lignes d'une hypothétique voiture d'autrefois. Après, Volkswagen a lancé sa New Beetle qui est, à mes yeux, une injure caractérisée à la Coccinelle originale. Et puis voilà FIAT qui lance son ersatz de FIAT 500 après que BMW ait lancé sa nouvelle Mini[2].
Tout cela n'a aucun sens. Les ventes de voitures Renault plongent et ce n'est certainement pas Alpine qui relèvera l'image de cette marque. L'insupportable Carlos Ghosn pose avec Tony Fernandes (patron de Caterham) devant une Alpine A110 pour une photo que l'on peut facilement trouver sur Internet en déclarant que Alpine "est un marché de niche mais un marché porteur". Je ne sais pas grand chose des affaires de direction d'une grande entreprise telle que Renault, je ne sais rien des stratégies commerciales à mettre en place, mais je doute un peu qu'il suffise de redonner vie à une marque [3] pour relancer les ventes de bagnoles produites de plus en plus souvent à bas coût loin de France. Je me souviens encore de ce Carlos Ghosn annonçant, heureux de lui, qu'une grande usine était construite au Maroc et qu'elle allait produire des voitures qui seraient vendues en France. Je suis sans doute un peu trop bête pour comprendre mais il me semble tout de même que si l'on enlève des emplois en France, on crée des chômeurs qui n'ont peut-être pas les moyens d'acheter des voitures neuves, fussent-elles construites à moindre coût ailleurs. Mais cela est un autre sujet.
En fait, ce qui m'agace, c'est bien juste cette histoire de nostalgie. Ce ne sont pas les aspects politique ou économique. Juste la nostalgie. Encore, bon, on m'aurait appris que l'on relançait la production de la vraie Alpine A110, j'aurais peut-être été ému. Je trouverais peut-être cela amusant. Un peu comme si on relançait la fabrication de la Ford T, de la Traction Avant ou de la 2cv. Tout cela en les mettant un peu au goût du jour sur certains points mais en restant fidèle à l'idée et à l'esprit. D'ailleurs, on m'a dit que Citroën penserait à créer une nouvelle 2cv. Je crains le pire ! Une nouvelle 2cv devrait conserver l'idée de la 2cv, pas seulement une ligne vaguement ressemblante.
Et puis aussi, je me dis que l'acheteur de la future Alpine risque d'être un bon blaireau, une personne avec suffisamment de fric pour s'en acheter une et qui versera une larme en repensant au modèle réduit qu'il faisait courir sur les routes imaginaires de sa chambre à coucher, lorsqu'il était enfant. Pouah !

Notes

[1] Sur un forum que je fréquente de temps en temps, ce sujet a donné lieu à une longue enfilade sur le thème "tout fout le camp".

[2] Quoi que dans ce cas j'accepte l'idée dans la mesure où il y a continuité. La Mini originale a existé jusqu'à la nouvelle Mini.

[3] Marque tuée par Renault, au passage.

mercredi 7 novembre 2012

Une illustration

On m'a demandé de faire une illustration pour expliquer comment mettre des trucs dans des machins qui se placeraient idéalement dans un chose. Complexe, non ?

Des quelques logiciels que je peux être amené à utiliser, Illustrator est celui que je connais le moins et avec lequel je suis le moins à l'aise. Pourtant, je le pratique depuis bien longtemps ! Version après version, le logiciel est devenu de plus en plus puissant mais aussi de plus en plus complexe. Tant et si bien que j'en arriverais presque à démarrer un vieux Mac pour utiliser une ancienne version du logiciel. Pour dire les choses telles qu'elles sont, je ne sais pas utiliser Illustrator et me bloque sur des petits problèmes alors qu'il serait si simple de choisir la facilité et de travailler comme un cochon.
Parce que mon blocage vis à vis de ce logiciel remonte à un temps où l'on n'avait pas d'ordinateurs très puissants, que les flasheuses ne supportaient pas trop les embrouilles vectorielles et pouvaient planter au moindre bout de vecteur mal placé. Alors, j'ai pris peur et j'ai fait très attention à produire des fichiers très propres. Je me suis contraint à fournir des fichiers qui s'approchaient de la perfection dans leur structure... mais qui restaient bien pourris dans leur contenu.

Toujours est-il que l'on m'a demandé de faire un document et que j'ai considéré que Illustrator serait le plus à même de m'aider à le réaliser. Et bien mes amis, contre toute attente, j'y suis parvenu sans grande difficulté et en y prenant un certain plaisir. Il faut dire que j'étais en pleine crise de désœuvrement et que cela me tapait un peu sur le moral. J'aime à ne rien faire mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps et je déteste que ce soit une inactivité subie.

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Barack y reste

C'est l'avantage des insomnies. J'ai pu suivre une partie des annonces des résultats des élections américaines. A l'instant, nous apprenons que Barack Obama reste président des Etats-Unis d'Amérique.
Dans le fond, bien entendu, je ne suis pas vraiment concerné par ces élections. Pour autant et bien que je n'ai jamais vraiment compris le système des élections présidentielles aux Etats-Unis d'Amérique, je suis plutôt content que Barack Obama soit probablement réélu. Je pense que si j'avais été citoyen américain, ma voix serait allée vers lui.
Maintenant, je vais me refaire un peu de café pour fêter ça, tiens.

mardi 6 novembre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (17)

Au terme de l'épisode précédent, Roland et Robert s'enfuient de l'hôpital aidés dans leur entreprise par Alice, la jolie infirmière rousse. L'ambulance qu'ils ont empruntée roule à vive allure lorsque, dans une ligne droite, de puissants phares apparaissent dans la nuit. Le suspense est à son comble et c'est Sax/Cat qui prend la suite des opérations.

Gaëlle raccroche.

Dans quel pétrin s'est encore fourré Roland ?
Le charbon, la corde, tout un passé lui revient instantanément en mémoire.
C'était bien avant qu'elle ne se mette à chantonner, avant que Yannick ne disparaisse en mer.
Tous ces allemands qui ont fait un court séjour dans la cave à charbon avant que "le réseau" ne vienne en prendre livraison.

"Ami entends-tu"
(Elle est toute surprise de chantonner comme ça, et décide que pour ce soir c'est fini.)

Les sorties nocturnes sur le bateau de Yannick pour récupérer des caisses d'armes et de munitions, et des anglais.
Mitraillettes, mitrailleuses, revolver, pistolet, elle mélangeait un peu tout. Mais le Lüger de Gérard, elle l'avait reconnu instantanement. Et elle avait vu aussi vite qu'il n'était pas chargé.
Et c'est avec un Lüger déchargé qu'il comptait lui faire peur, à elle, Gaëlle, qui n'avait pas son pareil pour assommer les allemands d'une simple gifle bien placée.

Attacher Gérard est un jeu d'enfant, la bonne vieille technique de la corde autour du cou attachée aux poignets dans le dos, il ne pourra rien faire en se réveilant.
Le descendre à la cave n'est pas beaucoup plus difficile. Certes elle n'est plus aussi agile qu'à 20 ans, mais Gérard n'est qu'un gringalet.

Le téléphone sonne de nouveau, c'est Roland qui lui dit qu'il arrive en voiture. Il est donc sorti de l'hôpital, il faudrait savoir, ça l'inquiète un peu.
Elle prend le Lüger, et va le ranger dans la remise, avec les restes du dernier chargement reçu le 5 Juin 44, mais que le réseau n'est jamais venu chercher.

Encore un coup de nostalgie en pénétrant dans la remise.
Toutes ces armes qui attendent, parfaitement entretenues. Elle avait bien pensé les remettre à la police, mais elle n'avait pas envie de se perdre en explications.
Personne dans le village ne sait et ne saura jamais qu'elle était l'une des figures les plus importantes du réseau en Bretagne. Et le vieil émetteur-récepteur.
Sans savoir pourquoi, elle l'allume, attend qu'il chauffe, et le règle d'instinct sur la fréquence du QG.
Bien sûr, la rue du QG a été renommée depuis, et bien sûr elle est devenue "Rue du Général De Gaulle". A cette pensée, elle crache par terre.
Pfff ce De Gaulle, il est venu une fois chez elle, c'était en 43, parce que son voisin Loïc venait d'être liquidé par son réseau à lui, et il n'avait même pas deviné qu'elle servait de base arrière au réseau.
Normal, elle c'était les FTP.

Et après tout ce temps, la radio marche toujours, et elle crachouille des mots qu'elle croyait ne plus réentendre.
"QG à toutes les unités. Attention, le pigeon est sorti de sa cage, et tout laisse à penser qu'il se rend à Pont-Aven."
"Regroupement général au point 123"
"QG à toutes les unités. Attention, le pigeon est sorti de sa cage ..."

Presque mot pour mot ce qu'elle a entendu cette nuit où le réseau à laissé échapper cet officier, et qu'il est venu directement chercher refuge chez elle, le pauvre niais.

Elle n'a aucun doute, le pigeon c'est Roland, elle doit agir. Il n'y a pas des dizaines de routes pour arriver, elle va essayer de le rejoindre avant les autres.

Ce Gérard, il n'est sûrement pas venu à pied.
Elle va le fouiller, il n'est pas encore réveillé.
Gagné, un trousseau de clés, avec une grosse clé de Mercedes.

Gaëlle n'a pas le permis, ce qui ne l'a pas empêchée de conduire des jeeps et des camions, alors une Mercedes elle devrait s'en sortir.

Elle prend 3 Lüger, celui de Gérard et deux autres des fois que la situation s'aggrave, et quelques chargeurs.
La Mercedes est garée juste devant chez elle.
Elle n'a aucun mal à la faire démarrer.
Elle prend la route.
La nuit tombe, elle a du mal à trouver la commande des phares, et une fois qu'elle est en plein phares elle n'arrive pas à revenir en feux de croisement. Ce n'est pas grave.
Elle roule bien, 110/120, la Mercedes avale les kilomètres.
Elle n'a même pas peur de se faire arrêter, elle est revenue en 1942, elle n'a plus peur de rien.
Juste au moment où elle remarque qu'elle n'a croisé presque personne depuis qu'elle est partie, 2 heures avant, une ambulance arrive pile en face d'elle.
Hôpital, ambulance, elle fait le rapprochement tout de suite, c'est sûrement Roland.
Elle se met sur le bas-côté et saute de la voiture en laissant les phares allumés, il ne peut que la voir.
L'ambulance s'arrête et un homme en descend. Elle connaît ses classiques.

- Monsieur Robert, I presume

lundi 5 novembre 2012

La citrouille aussi a du bol

Citrouille motarde

dimanche 4 novembre 2012

J'ai vraiment du bol

Casque bol Altus

samedi 3 novembre 2012

La machine à faire de la musique

Aujourd'hui, juste un petit dessin dont j'ai eu l'idée ce matin au réveil et que j'ai dessiné par bribes au long de la matinée et en début d'après-midi. Après, j'ai fait d'autres choses et j'ai eu la flemme de l'encrer (mais je le ferai peut-être).

Machine à musique

Pour ce qui est de l'idée, je ne cache pas qu'elle vient en partie du concert de GY!BE et du gaffophone de Gaston Lagaffe. Je suis bien conscient de ne pas même m'approcher du génie de Franquin, dans cette affaire.

vendredi 2 novembre 2012

GY!BE

Amateurs de tranquilles ballades champêtres, écouteurs de ritournelles charmantes, laudateurs de jolies petites mélodies gracieuses, passez votre chemin ! Aujourd'hui, je vais vous parler de GY!BE.

Hier soir, événement, GY!BE se produisait en concert en banlieue bordelaise, au Rocher de Palmer, à Cenon. J'y étais. Vous ne connaissez pas GY!BE ? Ce n'est pas grave, je ne connaissais pas moi même il n'y a pas si longtemps. Je m'en vais vous expliquer tout ça dans la seule limite de ce que j'ai pu comprendre. Je vous souhaite bon courage.
GY!BE. Sous ce nom pour le moins bizarre se cache "Godspeed You ! Black Emperor". Comme vous, je ne suis pas loin de penser que cela n'explique rien et que l'on a cherché à jeter un gros soupçon de mystère sur cette formation musicale peu banale. GY!BE vient du Canada et serait basé au Québec. Pour autant, GY!BE ne semble pas être particulièrement francophone ou, tout du moins, ne fait rien pour le laisser penser. Ce n'est pas bien important dans la mesure où le groupe est très instrumental. Pas de chanteur mais quelques samples seulement. Par contre, le concert se déroule sur fond de projection vidéo qui laisse une grande place au texte, texte en langue anglaise. Rien de rédhibitoire pour autant.
Comme je vous le disais, je ne connaissais pas vraiment ce groupe. J'avais entendu quelques albums, j'avais lu ce que l'on en disait sur wikipedia et j'allais à ce concert "événement"[1] sans a priori notoire, avec une envie de découvrir et sans bien savoir à quoi m'attendre. Le peu que j'avais appris ne m'aidait pas beaucoup. Savoir que GY!BE est classé dans le mouvement post-rock[2] lorsque je suis incapable de comprendre ce qu'est le post-rock et que j'ai une nette tendance à le confondre, avec allégresse, avec le rock bruitiste, avec le rock industriel, avec le rock expérimental et avec le "n'importe quoi qui fait beaucoup de bruit" est forcément intéressant mais me laisse dans l'ignorance. Parce que j'avais tout de même entendu quelques morceaux de ce groupe, je ne m'attendais pas à de la musique calme et mélodique. J'étais ouvert à tout ou presque.

En première partie de GY!BE, Dead Rat Orchestra était une excellente et bonne découverte. Une musique teintée de folk anglais puisant à la source des traditionnels celtiques, irlandais ou écossais pour recomposer un imaginaire fort plaisant. Les deux musiciens[3] sont très sympathiques et souriants. Je vous enjoins vraiment à les traquer dans la programmation des festivals divers et à acheter leurs disques. Une très plaisante découverte d'une musique qui me touche bien[4].

Une courte pause pour finir d'installer les instruments et peaufiner les derniers réglages et voilà enfin les membres de GY!BE qui font leur apparition sur la scène sous un tonnerre d'aplaudissements. Nous allons voir ce que nous allons entendre ! Les musiciens se mettent en place, les amplis sont branchés et le son arrive. On m'a raconté n'importe quoi. Ce n'est pas du "post-rock", cette affaire ! C'est du rock gromeleux[5]. Ça commence par un salmigondis de sons qui monte peu à peu crescendo en restant dans l'esprit minimaliste du bruitisme de bon aloi. C'est un peu comme un bourdon imparfait, vous voyez le genre ? Comme une onde de choc en préparation, si vous aimez mieux. Il y a comme un truc qui est en train de se préparer et, on le sent, ça va aboutir à du lourd. Il ne nous faut pas nous attendre à de la finesse. Le ton est donné dès ces premières "notes". C'est une atmosphère[6] opressante, lourde, pesante qui est en train de se constituer. Ça monte, ça monte ! Le volume sonore, les enchevêtrements musicaux, les dissonances, les distorsions sonores. Les percussions pètent et on ressent la puissance jusqu'à son cœur intime qui bénéficie, au passage, d'un "message" cardiaque gratos. De dieu ! Il y a des Watt dans la sono ! La salle est comme pétrifiée. Nous sommes tous là[7].
Sur une toile tendue en fond de scène, des séquences vidéo sont projetées. De la vidéo remplie de chaos, des scènes choc, noires, tristes, propices à vous détériorer le moral d'une manière durable et prolongée. La problématique de GY!BE n'est pas de provoquer le rire, la bonne humeur et l'envie de vivre. Ou alors, si jamais telles étaient leurs intentions, c'est raté. Pour dire les choses telles que je les ai pu ressentir, la musique de GY!BE est flippante. D'une façon assez confuse, on comprend qu'il y a un désir de dénoncer. C'est certainement un discours politique qui se cache derrière tout cela. Une critique de nos sociétés ? Un pamphlet, me disait hier soir, à l'issu du concert, un très cher ami. Soit. Utiliser la violence pour lutter contre la violence. Le concept est séduisant faute d'être très explicite. Au risque de passer pour un parfait idiot, je reconnais ne pas avoir totalement saisi le discours. On me dit que ce concert et les morceaux joués hier soir tirent leur raison d'être dans les récentes manifestations qui ont secoué le Québec. Possible. J'imagine aisément que l'on peut aussi aller chercher dans une dénonciation du monde capitaliste[8], des malheurs de la planète, des outrages faits à la planète et toutes ces sortes de choses. Si le challenge est de nous faire ressentir la gravité du moment physiquement, c'est parfaitement réussi. On ne sort pas d'un concert de GY!BE avec un grand sourire et avec la conscience que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Ceci étant, on ne ressort pas non plus avec l'espoir d'avoir enfin trouvé la solution à toute cette merde et on ne peut s'empêcher de penser que c'est justement parce que des solutions, il n'y en a pas. C'est déprimant. Toutefois, vu de ma petite vie, depuis Azerat, aujourd'hui, avec un beau petit soleil qui apparaît et fait briller les belles couleurs des pierres du Périgord ainsi que les arbres qui se parent de leurs teintes automnales, j'ai la faiblesse de me laisser aller à un sursaut d'optimisme. Est-ce à dire que le discours de GY!BE est vain ?

Je ne suis pas musicologue. La musique est un art qui m'intéresse sans excès. Je ne la pratique pas et me contente d'une approche simpliste de la chose. J'aime écouter les musiques qui me plaisent et pour que les musiques me plaisent, j'aime qu'elles ne me demandent pas trop d'effort. Alors, aujourd'hui, j'ai un peu de difficulté à dire que j'aime vraiment la musique de GY!BE. Disons que je ne suis pas sûr de prendre plaisir à écouter leur musique. Selon moi, rien n'est fait pour rendre cette musique "plaisante". Elle est âpre, rugueuse, bruyante, explosante, détonante, vrillante, percutante, cacophonique, discordante, dissonante ; elle serait presque plus à subir qu'à écouter. Dans le domaine, GY!BE n'a rien inventé mais l'on peut dire qu'ils excellent à provoquer un, comme on le pourrait dire, état de choc chez l'auditeur. On connaît cela dans d'autres formes d'art. Dans la peinture, dans le cinéma, dans la littérature. Cette capacité à créer une sensation d'oppression et d'angoisse chez la "victime" consentante. L'art n'a pas pour fonction de ne proposer que du beau. L'art peut avoir le but de susciter l'émotion négative, de choquer, de terrifier. GY!BE est un maître de l'art en la matière, c'est indéniable.
Pour conclure ce long billet qui n'intéressera sans doute pas grand monde[9] je dirais donc que je ne suis pas certain de passer les quelques années qu'il me reste à vivre à écouter béatement les albums de GY!BE. Je suppose que, par étroitesse d'esprit et par facilité et par (mauvais) goût personnel, je vais continuer à privilégier les musiques que j'aime écouter habituellement, rester dans mes petites habitudes auditives bien faciles et confortables. Mais, si je dois crever idiot, je crèverai idiot avec la conscience tranquille. Je sais ce dont sont capables ces monstres de GY!BE, je sais ce qu'est un concert de GY!BE, je sais ce que c'est que la puissance à l'état brut d'un concert de GY!BE, je sais ce qu'est la tétanisation du public d'un concert de GY!BE. Et pour tout cela, je tiens à remercier GY!BE pour ce moment extraordinaire. Si jamais vous n'avez rien de mieux à faire, si jamais vous avez décidé d'en finir une bonne fois pour toute avec votre audition, si jamais vous voulez découvrir une "chose" étonnante et détonante. Renseignez-vous et ne ratez sous aucun prétexte le prochain concert de GY!BE ! Et pour finir, une dernière chose. Jamais vous n'écouterez GY!BE sur votre chaîne HI-FI à la mesure de ce que vous entendrez en concert. Ce n'est même pas la peine d'y penser.
"Dieu vitesse vous ! Empereur noir", qu'ils disent. C'est comme ils veulent, quand ils veulent.

Enfin de enfin, signalé par Boumbah! l'Unique, un article passionant sur le site du journal Libération à découvrir : lien vers l'article en question.

Notes

[1] GY!BE à Bordeaux ! C'est énorme ! Il ne faut pas rater ça !

[2] Qu'il conviendra de ne pas confondre avec le fox-trot.

[3] En prime, les deux musiciens présents hier soir auxquels s'ajoute un troisième, d'après ce que j'ai compris de leur anglais qui ne ressemble pas du tout au mien.

[4] Mais il est notoirement connu que je n'ai que faire de la musique et que je n'y connais rien. D'ailleurs, je hais la musique.

[5] Et je n'ai pas peur de le dire.

[6] "Atmosphère ? Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?", s'exclamait la ionosphère que l'on avait confondu avec...

[7] Et nous sommes nombreux ! J'ai arrêté de compter à dix mais il y en avait plein d'autres, des dizaines de gens.

[8] Puisque GY!BE se déclarerait anti-capitaliste.

[9] Mais ça n'a aucune importance.

jeudi 1 novembre 2012

Seau

Seau

Je suis en train de faire un dessin mais je doute qu'il sera terminé à temps pour qu'il trouve sa place sur le blog aujourd'hui. Alors, j'ai fait une photo d'un seau avec des branches. Sinon, tout va bien sauf qu'il pleut et qu'il ne fait pas très chaud.

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