mars 2014 (35)

lundi 31 mars 2014

Le vide et l'univers et toutes ces sortes de choses

Je n'ai qu'une vision très abstraite de l'infini. Peut-être n'est-ce là qu'une notion bien abstraite, après tout. En ce cas, je ne suis pas dans le faux. Mais bon. Donc, l'infini me paraît assez vague pour que je le considère comme une immensité, une énormité. L'infiniment petit ou l'infiniment grand, c'est du pareil au même. Il peut y avoir un petit énorme. L'univers que l'on dit fini mais aussi d'apparence infinie pour nos yeux m'est impossible à envisager comme un tout. Disons que je ne parviens pas à me faire une idée de ce que peut être cet univers fini immense plein, à ce que l'on dit, de vide intersidéral. Le vide, c'est encore une nouvelle notion qui me semble d'une abstraction folle. Le vide, habituellement, on ne le rencontre jamais. Je ne suis même pas bien certain qu'il existe quelque part, le vide absolu. Pour moi, le vide doit être absolu. S'il ne l'est pas, ce n'est pas le vide. Sur Terre, bien entendu, le vide n'existe pas ou bien il n'a pas le même sens. Dans un univers où existeraient de grandes nappes de vide, celles-ci ne seraient même pas traversées par les photons. Selon moi, le vide, s'il existe, doit être invisible, sans substance.
L'univers, cette chose qui engloberait tout ce qui existe, serait à la fois fini, infini et en perpétuelle expansion. Peut-on grandir si l'on empli déjà tout ? Ça me donne mal à la tête, ce genre de truc. Je suis incapable de comprendre, d'imaginer. Pas assez fort en abstraction, je pense. Dans le même temps, ça ne m'empêche pas de vivre ou de dormir. Ce qui fait que je dors assez souvent mal n'a rien à voir avec ça. Mais il m'arrive parfois de me poser des questions comme aujourd'hui avec des questions sur la notion de vide.
Aujourd'hui, j'ai l'impression que ma cervelle a été vidée. C'est une sensation assez désagréable. Ça me fait comme si j'étais quasiment incapable de réfléchir de suivre une idée. J'ai eu comme une étincelle d'idée de dessin. J'ai tenté de le faire, ce dessin. Rien à faire. Rien de très bon, je veux dire. Tout ça pour expliquer qu'il n'y a rien à se mettre sous la dent sur le blog, aujourd'hui non plus.

dimanche 30 mars 2014

Je n'ai pas vu l'heure passer

Mince ! J'ai totalement oublié que nous changions d'heure dans la nuit de samedi à aujourd'hui. Du coup, j'ai cru que nous étions encore hier et alors, vous le comprenez bien, je n'ai pas pu faire de billet aujourd'hui.

samedi 29 mars 2014

Quoi d'neuf, doc ?

A moins que vous n'ayez été absent du monde des vivants depuis un an, il y a de fortes chances pour que vous ayez entendu parler du dernier roman de Stephen King, Docteur Sleep.

Donc, il me semble l'avoir déjà dit ici, je ne suis pas un lecteur assidu de l'œuvre de Stephen King. J'ai lu quelques uns de ses romans dont, pour ceux qui m'ont marqué, Marche ou crève, Dead Zone, Misery et, bien entendu, Shining.
Docteur Sleep, le dernier roman en date, est la suite de Shining, roman publié en 1977 et qui donna lieu à une interprétation cinématographique de Stanley Kubrick qui ne satisfit pas l'auteur du roman. Docteur Sleep reprend le personnage de Danny quelques années après l'épisode de l'hôtel Overlook et de la mort de son père, Jack Torrance. L'hôtel est détruit, il n'en reste plus rien si ce n'est un profond traumatisme chez Wendy (la mère de Danny), de Danny lui-même et de Dick Hallorann, cuisinier de l'hôtel et détenteur du Don. Pour bien comprendre Docteur Sleep, il est préférable d'avoir lu Shining et bien de l'avoir lu et non vu au cinéma. Les versions diffèrent beaucoup.
Ce roman d'un peu plus de 500 pages se lit vite. Il ne m'a fallu que quelques heures pour en venir à bout mais il faut reconnaître que l'on n'a pas envie de le lâcher. Sans doute y aura-t-il des personnes pour rappeler que Stephen King n'est pas un grand écrivain, un phare de la littérature. J'ai assez souvent noté que ces personnes étaient aussi celles qui n'avaient jamais daigné ne serait-ce qu'ouvrir un roman de Stephen King.
On ne présente plus l'auteur. On sait qu'il affectionne les histoires d'horreur ou de fantastique peuplées de mystère, de peur, de frissons. On peut ne pas aimer ces genres littéraires. Cependant, il me semble que l'on ne peut pas enlever à l'auteur le fait qu'il est bien l'un des maîtres du genre. D'une efficacité redoutable, ses livres sont des compagnons d'un instant que l'on a bien du mal à abandonner en cours de route. C'est vraiment bien construit, il y a peu de moments creux, les personnages sont extrêmement bien décrits. Et l'histoire est vraiment prenante. Tout cela, on ne peut pas le nier.

Docteur Sleep - Stephen King
Pour ce roman, Stephen King puise dans sa vie propre. Danny devenu adulte s'est réfugié dans l'alcool et la drogue pour oublier son passé. L'auteur, il n'en fait pas mystère, a connu une période d'addiction aux mêmes substances et doit savoir de quoi il parle. En gros, Danny Torrance est le double de Stephen King. Du moins dans la première partie du roman, celle dans laquelle Danny est sur une pente savonneuse et est en train de foutre en l'air sa vie.
Au hasard de ses pérégrinations, Danny va se retrouver dans un petit village et y poser ses valises. Il y trouve un emploi et surtout une aide à travers son employeur et les Alcooliques Anonymes. Il va aussi trouver une nouvelle facette de son étrange pouvoir, celle qui lui permet d'aider les gens à mourir en toute quiétude. Et puis, il va rentrer en contact avec une jeune fille qui a un pouvoir d'une force incroyable et que Danny va devoir aider et soutenir dans un combat contre des êtres particulièrement maléfiques, cruels et bêtes. C'est là le sujet principal du roman, ce combat contre ces êtres.
Et là où l'on pourrait attendre de Stephen King un roman angoissant et opprimant, on est surpris de lire un texte bourré d'humour. Au cours de la lecture, on s'amuse beaucoup à découvrir le portrait de ces êtres malfaisants brossé à grands coups d'éclats de rire par le maître de l'horreur. J'ai comme l'impression que Stephen King s'est bien amusé à écrire cette histoire. Il me semble que c'est la première fois que je ressens cette envie de faire rire chez Stephen King (mais je suis loin d'avoir tout lu). Du coup, c'est plutôt une bonne surprise. J'avais un peu la crainte que cette suite soit trop dictée par des considérations mercantiles. Il est bien possible que ça ne l'ait été que par des raisons d'envie. L'envie de raconter brillamment une histoire qui met en scène le petit Dan Torrance une bonne trentaine d'années plus tard.

vendredi 28 mars 2014

Apple veut tuer le léopard des neiges

Mac OS 10.6, Snow Leopard de son petit nom, est en passe de devenir le Windows XP de chez Apple. C'est à dire que malgré le passage de Mac OS 10.7 (Lion) puis 10.8 (Mountain Lion) et enfin 10.9 (Mavericks), il y a toujours un noyau d'utilisateurs qui résistent contre vents et marées et se satisfont de cette version du système sortie, tout de même, en août 2009. Mais chez Apple, on aimerait bien que ces utilisateurs daignent enfin lâcher leur félin pour rejoindre la vague ainsi que toutes les petites joyeusetés qui l'entourent et qui rapprochent un peu plus les iPhone et iPad des ordinateurs portable ou de bureau. A cette fin, un petit message est apparu tout à l'heure sur l'écran du iMac que j'utilise pour travailler.

mavericks.jpg
Si l'on considère que cette mouture du système est "offerte" gratuitement et qu'il n'y a qu'un s'inscrire et télécharger (quelques Go tout de même) pour avoir un système tout neuf, on ne comprend pas bien que certains rechignent à franchir le pas.
Personnellement, j'ai installé ce système sur le portable à sa sortie. J'ai fait les mises à jour en 10.9.1 puis en 10.9.2 sans souci majeur et je reconnais que ça fonctionne plutôt bien. Il y a quelques nouveautés qui sont intéressantes comme, par exemple, la possibilité de créer de nouvelles "étiquettes" qui permettent par la suite de retrouver facilement des fichiers classés dans telle ou telle catégorie. Je n'ai pas vraiment trouvé de raison particulière au refus de passer le iMac sous 10.9 mais, et c'est sans doute bien là le problème, je n'en ai pas non plus trouvé qui m'encourage à le faire.
Pour Apple, la persistance de 10.6 est un problème ne serait-ce que par le fait qu'ils se sentent un peu obligés de continuer à le maintenir, pour combler des failles de sécurité par exemple. Mais il y a aussi le fait que Apple gagne beaucoup de dollars américains en vendant de la musique ou des applications à travers iTunes Store ou le Mac App Store et qu'il faut donc conserver des versions de ces logiciels compatibles avec ce bon vieux Snow Leopard. Je suppose que c'est bien là la seule raison qui pousse Apple à m'enjoindre de mettre à jour le système.

Un bon petit déjeuner

Petit déjeuner périgourdin
Une nouvelle version (la dernière, c'est promis) avec l'étiquette de la bouteille et du pain.

Petit déjeuner périgourdin

jeudi 27 mars 2014

La quête de l'Atome

Je dessine peu à la plume mais tout de même, parfois, il arrive que cet outil me soit bien utile. Si je lui préfère de loin les pinceaux, la plume est bien plus à l'aise dans les travaux de précision ou de hachure. De toutes les plumes que j'aime utiliser, il en est une qui me paraissait très commune, très répandue, c'est celle du porte-plume Atome.

Les temps changent, la roue tourne. Il n'y a pourtant pas si longtemps on le trouvait partout, le porte-plume Atome. Un petit porte-plume en plastique coloré escamotable. Bon marché, je l'achetais dans n'importe quelle papeterie, dans n'importe quel magasin d'articles de beaux-arts.
Comme toutes les plumes, celles-ci s'usent et alors, elles ne fonctionnent plus. Depuis quelque temps, je cherche à remplacer les trois plumes Atome en ma possession. J'ai visité quatre commerces de Périgueux en pure perte. Chose encore plus étonnante, personne ne semble comprendre de quoi je peux bien parler lorsque je demande un porte-plume Atome. Et là, je me questionne. Je suis allé voir sur Internet et je n'ai aucune difficulté à en trouver. Vais-je être obligé d'en passer par le commerce électronique pour me procurer cet instrument ? Sans doute.
En attendant de me décider à le faire, alors que je cherchais le porte-plume Atome vert que j'ai dû égarer dans mon bazar, j'ai eu l'idée de faire une photo d'une sélection des plumes et porte-plume en ma possession.

Plumes

mercredi 26 mars 2014

Pour mon dernier repas

Il y a quelque temps de cela, je casse un verre à pied. En fait, je ne le casse pas vraiment. Il se casse tout seul ou presque. Je venais de chercher quelque chose dans le buffet, j'avais déplacé des trucs et voilà que l'un de ces trucs a chu et a poussé le verre qui est parti se fracasser par terre dans un bruit qui a attiré mon attention. Ce verre, après avoir constaté qu'il pouvait encore tenir debout, je l'ai conservé en me disant que c'était amusant et que ça pourrait sans doute être utile.
Avant hier soir, pour vérifier, j'ouvre une bouteille de vin vieille de vingt ans. Je n'y crois pas un instant mais je me dis que c'est sot de conserver une bouteille que l'on présume imbuvable. J'ouvre donc cette bouteille et ne mets pas longtemps à m'assurer que, comme je m'y attendais, il n'est pas digne de mon palais. Tant pis.
Hier matin, j'ai comme une idée de photo. J'avise la bouteille de vin, le verre cassé, et me dis que ça pourrait être amusant d'utiliser ces éléments pour une nature morte. Je cherche des accessoires à ajouter, en trouve quelques uns et installe les flashes. Je prends l'appareil photo, y fixe un objectif et cherche un cadrage. Je n'y arrive pas. Je change d'objectif, essaye de nouveau, ce n'est pas terrible.
Bon. Je modifie la disposition des éléments, en enlève quelques uns, en ajoute d'autres, change encore d'objectif. J'ai beau faire, je ne parviens pas à obtenir l'image que j'ai vaguement en tête. Enfin, tout de même, j'en conserve deux.

Pour mon dernier repas
Pour mon dernier repas
Pour un dernier repas
Une dernière version pour la route avec moins d'éléments parasites.

Pour un dernier repas

mardi 25 mars 2014

Sur un air connu de Michel, fils de Jacques

En débutant la lecture de "Travail soigné" de Pierre Lemaitre, la question est arrivée. Mais où diable avais-je bien pu déjà rencontrer ce commandant Verhœven ? Une sensation vraiment troublante qui ne me quittera pas après avoir refermé ce roman.

Serge Gainsbourg prétendait que la chanson est un art mineur. Oui, comme la peinture, la musique, la sculpture, l'architecture, le théâtre, le cinéma, la littérature, le dessin, la gravure et j'en oublie. Oui. Tout cela est mineur. L'art majeur, le seul, le vrai, c'est le mime.
Cette réflexion est venue en lisant "Travail soigné" de Pierre Lemaitre dont j'ai dévoré son récent "Au revoir là-haut". Je me suis dit que ce roman pourrait faire l'objet d'un scenario de film. Et puis, je me suis dit que je n'avais pas besoin d'un film pour vivre ce roman prenant. Un thriller comme on en lit rarement. Bien sûr, un bon réalisateur qui s'attacherait à ce roman en sortirait sans doute un équivalent du "Silence des agneaux" ou de quelque chose du genre et ce serait sans doute un bon film de genre. Mais voilà, à la lecture de ce thriller, je me dis qu'il n'y a pas besoin d'images qui bougent et de détonations tonitruantes d'armes à feu ou de personnages de chair et d'os et de musique d'ambiance pour être à fond dans l'histoire. Je suis allongé sur mon lit, les yeux à quelques centimètres de la page, et je suis ailleurs, transporté dans le roman, en immersion plus certaine que toutes les technologies pourraient tenter d'apporter, 3D incluse.
Et alors, je relève le nez et je poursuis ma réflexion. Je me dis alors que si le cinéma n'est pas nécessaire, peut-être le roman gagnerait à conter ? Et je me dis que le conte est l'art ultime, celui qui permet de faire passer des émotions avec le minimum de moyens. L'art du conte est très ancien. Possible qu'il existe depuis que la parole est apparue. Ça doit faire un bail. De purement utilitaire, la parole a dû rapidement devenir un instrument pratique pour raconter des histoires imaginaires. L'invention de la parole, du vocabulaire, a certainement été très pratique pour nommer des objets, des lieux, des animaux, des personnes, des plantes ou des entités mystérieuses. "Au début était le verbe...". Sans la parole, il me semble presque certain qu'il n'y aurait jamais eu de religion avec des histoires improbables et des croyances incroyables. La parole a donné le conte. Le conte a donné l'histoire qui a donné le roman. Quoi que là, il aura tout de même fallu attendre l'invention de l'écriture et ça a dû être une autre paire de manches.
Mais avant la parole, on ne racontait donc pas d'histoire ? Je me suis posé la question et j'ai compris que je faisais fausse route. Bien sûr que si que l'on racontait des histoires ! Et pour ce faire, on n'avait guère qu'une arme : le mime. Le mime est donc plus ancien, plus authentique, que la parole. C'est le langage du corps. Un langage plus ou moins universel qui nous permet encore aujourd'hui de comprendre les attitudes animales. Et donc, je le dis, l'art majeur est le mime.

Travail soigné - Pierre Lemaitre
Mais quel rapport avec le roman de Pierre Lemaitre que je vous conseille de découvrir si ce n'est déjà fait ? Aucun. Véritablement aucun rapport. D'ailleurs, ça n'a même pas le moindre rapport avec le sujet dont je souhaitais vous entretenir aujourd'hui qui est le roman de Pierre Lemaitre, roman que j'ai beaucoup aimé et qui me pousse à découvrir les autres de la même série, celle des aventures du commandant Camille Verhœven.
Le commandant Camille Verhœven exerce dans la police criminelle. Il a pour particularité d'être petit. Vraiment petit. Il mesure, c'est précisé, un mètre et quarante-cinq centimètres. C'est peu. Pour autant, mais on peut s'en douter, il s'agit d'un grand enquêteur, très intelligent. Il est marié à une femme que l'on peut penser jolie. Elle attend un enfant et le roman s'ouvre un peu là-dessus mais pas tout à fait non plus puisque, en fait, ça s'ouvre sur l'interrogatoire d'une fille puis sur la découverte d'un double meurtre particulièrement horrible et sanglant. Mais peu importe.
Donc, le commandant Verhœven (que l'on aurait appelé inspecteur en d'autres temps) est appelé sur une scène de crime. Ce n'est pas beau à voir. Du beau travail de malade. On ne met pas bien longtemps à découvrir de troublants indices et le commandant Verhœven, l'esprit vif, ne tarde pas non plus à faire le lien avec un roman de Bret Easton Ellis. De même, un peu plus tard, il fera le lien entre un autre meurtre plus ancien et non élucidé et un roman de James Ellroy, "le dalhia noir". Plus loin encore, d'autres crimes et d'autres romans seront mis en relation.
Mais au-delà de l'histoire, de l'intrigue, du suspense, il y a la construction du roman et la manière qu'à l'auteur de vous mener par le bout du nez là où il veut comme il le souhaite. C'est assez magistral. Il y a des moments où l'on ne sait plus où l'on est dans le roman ou dans le roman dans le roman. C'est assez jouissif.
Pierre Lemaitre s'amuse. Il s'amuse déjà à écrire pour des lecteurs qu'il espère intelligents. C'est comme s'il se tenait la réflexion suivante : les lecteurs de romans policiers aiment lire des romans policiers. Je vais donc faire un roman policier qui parle de roman policier. Un délice d'intelligence et de connivence avec le lecteur qui peut jouer à dénouer l'intrigue.

En refermant ce livre, il existe toujours cette question qui me tarabuste bien un peu. Où ai-je bien pu rencontrer ce Camille Verhœven ? Je suis quasiment certain de ne pas avoir lu les autres livres de la série et je ne pense pas que l'un d'eux ait été porté à l'écran. Alors quoi ? Je n'en sais fichtrement rien et ça m'agace un tantinet. Comment peut-il se faire que j'ai le sentiment de connaître ce personnage sans avoir rien lu auparavant qui le mette en scène ? C'est un mystère qui, je le crains, restera entier.
Quoi qu'il en soit, je vous conseille la lecture de ce roman si vous êtes amateur du genre et je m'en vais me mettre sur la piste des autres livres de la série.

lundi 24 mars 2014

Sinistre déculottée

Le premier tour des élections municipales est passé. S'il n'y aura pas besoin de recourir à un second tour à Azerat, il n'en va pas de même dans bien des communes où deux, trois, quatre, cinq ou même six listes peuvent rester en lice. Ce qui ressort globalement de ce premier tour des élections municipales 2014, c'est que la gauche de gouvernement a pris un belle raclée.

A Périgueux, le socialiste Michel Moyrand espérait remporter une majorité de suffrages dès le premier tour. Il devrai attendre une semaine pour savoir s'il est reconduit dans ses fonctions électives. A Paris, on n'est pas bien sûr que la ville ne passera pas à droite. A Bordeaux, Juppé est conforté à la mairie mais la CUB vire à droite. Dans ce scrutin local, les électeurs se sont exprimés sur le global.
Le Français est mécontent de la politique menée par l'équipe de François Hollande. Pour le Français, François Hollande, c'est les socialistes et plus généralement la gauche. Comme il est mécontent, il le dit en infligeant un camouflet aux candidats de gauche. Il a bien raison. Pour autant, a-t-il raison de voter à droite ou à l'extrême-droite ? Ce n'est pas certain. Mais que peut-il faire d'autre ? S'abstenir ? Mauvaise idée.
Selon moi, la vraie bonne idée est de faire la différence (lorsque c'est possible) entre l'équipe gouvernementale et ce qu'il se passe dans les communes. Alors, oui, bien entendu, ici, à Azerat, commune d'un peu plus de 400 habitants, les notions de gauche et de droite pour les élections municipales n'a pas grand sens. Je ne dis pas non plus qu'il convient nécessairement, d'une manière aveugle, de voter pour une équipe de gauche au motif que l'on serait de gauche. Entre un bon maire de droite et un mauvais maire de gauche, je voterais probablement pour le premier. Se prétendre de gauche n'est pas un gage de qualité ; se prétendre de droite est plus sûrement un signe de bêtise, je suis bien d'accord. Toutefois, parfois, si l'on y réfléchit bien, il peut arriver que l'on puisse cumuler gauche et bêtise. La nature est surprenante.
Bon. Mais le gros truc de ces municipales est la "percée" du Front Nazional. Ah ça. C'est pas faute d'avoir prévenu. On l'avait dit qu'il y aurait abstention et montée de la droite extrême. Faut pas avoir l'air étonné. Est-ce grave ? Je ne le sais pas. Après tout, c'est démocratique. On n'empêche pas les candidats F-Haine de se présenter ; on ne peut pas empêcher les électeurs de voter pour eux. Ce matin, j'entendais sur France Inter un élu de ce parti prétendre qu'il allait faire baisser l'insécurité, faire baisser les impôts et, surtout, limiter le nombre de restaurants trop exotiques dans sa ville. Beau programme !
Ce qui m'amuse, c'est que Hollande et d'autres socialistes ont réussi à sembler prendre le coup de plein fouet, sans s'y attendre. Sans blague ? Hollande et les autres s'imaginent sérieusement qu'ils sont unanimement appréciés par le bon peuple de France ? Non ? Vrai ? Mais il faudrait qu'ils sortent un peu, qu'ils questionnent, qu'ils écoutent. Ils devraient vite se rendre compte que l'on n'est pas vraiment content.
Comme me le disait récemment un copain, Hollande aurait pris un virage "social-démocrate" et on se questionne tout de même un peu sur le sens de cette annonce. Social ? Vraiment ? Faire des cadeaux aux patrons, c'est social ? Ah bon. Et démocrate ? Démocrate ? Hollande ? Non ? Il a été élu sur un programme, me semble-t-il. Il respecte son programme Hollande ? Vous trouvez, vous ? Elle est où, la démocratie ?
Si je vais au restaurant, que je commande des nouilles avec des merguez et que l'on me sert de la purée avec du jambon, j'ai l'impression d'être arnaqué. Et bien voilà. J'ai comme l'impression que le Français a l'impression d'être arnaqué. Je pense que beaucoup (et j'en fais partie) ont voté Hollande pour voter contre l'autre escroc dont j'ai oublié le nom. On a jamais vraiment cru que Hollande allait résoudre tous les problèmes. Mais là, il les accumulent un peu trop, les motifs de désillusion. Peut-être ne peut-il pas lutter contre son ennemi, la phynance. Peut-être ne s'était-il pas rendu compte de sa puissance réelle. Possible. Je ne veux pas trop jeter la pierre à François Hollande. Je ne dis pas qu'il fait tout ce qu'il pourrait faire mais je ne suis pas certain non plus que quelqu'un ferait mieux ou moins pire.

Municipales 2014

dimanche 23 mars 2014

Devoir citoyen

J'ai voté. Cette année, il y a deux listes à Azerat. Enfin deux listes... Il y en a une qui est bien loin d'être complète. Cependant, elle respecte scrupuleusement la parité. Un homme, une femme. C'est tout.
L'autre liste, c'est celle conduite par le maire sortant et il y a gros à parier qu'il sera aussi maître entrant. J'ai voté en mon âme et conscience dans le silence de l'isoloir. Après un court recueillement, j'ai glissé ce que j'avais à glisser dans l'enveloppe avant d'aller la glisser dans l'urne. Sauf rebondissement peu probable, il n'y aura pas de second tour à Azerat.
Vers 12h30, il y avait près des ⅔ des électeurs inscrits qui s'étaient déplacés. Beau score.

samedi 22 mars 2014

Première motocyclette du printemps

Motocyclette de printemps

vendredi 21 mars 2014

Broyons du noir

Moulin à café Peugeot Frères

jeudi 20 mars 2014

Moins que rien, ce n'est pas jouable

Hier, il n'y avait rien. Je ne peux pas faire moins aujourd'hui. Ce n'est pas pour cela que je me sens dans l'obligation d'en faire plus.
Aujourd'hui, je suis allé voir un copain photographe et un de ses clients qui pourrait bien devenir l'un de mes clients également. Il s'agirait de réaliser la mise en pages d'un beau livre d'art. Un bon point, toutes mes propositions ont reçu un accueil enthousiaste. C'est plutôt une bonne nouvelle, ça.

mercredi 19 mars 2014

Au moins aurais-je essayé

J'ai passé plusieurs heures sur un dessin. J'avais comme l'impression que ça allait bien se passer. J'avais une idée de ce qu'il aurait dû être, j'avais commencé à faire quelques brouillons prometteurs. Et puis, non, ça ne s'est pas bien passé. Pire, plus j'accumulais les tentatives, plus j'avais l'impression que c'était raté.
En fait, je butte sur la caricature d'un personnage. Je ne suis pas fort en caricatures mais là, il me semblait que j'allais y arriver. Et les brouillons pouvaient me le laisser penser. Ce personnage est bien caricatural, bien typé, en apparence simple à dessiner. Un moment, je pensais le tenir et j'ai essayé un encrage. Et voilà, il s'est mis à ressembler à n'importe quoi sauf à ce que je voulais. J'ai essayé encore et encore et rien. Alors, je viens de prendre la décision d'abandonner pour aujourd'hui.

mardi 18 mars 2014

Vol MH370 pour quelque part

vol-MH370.jpg

lundi 17 mars 2014

Les Irlandais vont encore être fin saouls

St Patrick's Day

dimanche 16 mars 2014

Cimetière ancien de Limeyrat

cimetière Limeyrat

cimetière Limeyrat

cimetière Limeyrat

cimetière Limeyrat

cimetière Limeyrat

cimetière Limeyrat

samedi 15 mars 2014

Cinq jours à perdre

Douglas Kennedy est un écrivain que je connais mal. Je n'ai lu que deux livres de lui. Celui dont je vais vous parler aujourd'hui et "L'homme qui voulait vivre sa vie" qui m'avait été offert par une ancienne amie en guise, en quelque sorte, de cadeau de rupture. Après ces deux romans, je pense pouvoir dire aujourd'hui que Douglas Kennedy n'est pas un écrivain que j'apprécie.

Je vous raconte une histoire. C'est l'histoire d'un mec qui est plombier dans une petite ville de province et qui va au salon international des tubes et raccords à la capitale. Il a réservé une chambre dans un petit hôtel miteux de banlieue où il est abordé par une femme qui est descendue au même hôtel. Au départ, elle ne lui plaît pas parce qu'elle est fromagère et qu'elle sent fort le fromage qui pue. Mais voilà qu'elle lui lance une bonne vanne et qu'il se dit que la gonzesse, elle a de l'humour. Ce n'est pas pour lui déplaire vu que sa régulière, de l'humour elle n'en a pas vraiment à revendre, toute dépressive qu'elle est depuis qu'elle a perdu son boulot d'hôtesse de caisse au Shopi. Depuis, c'est fini la gaudriole, plus question de même penser à la fièvre du samedi soir. Il doit faire ceinture, Roger. Oui, il s'appelle Roger. Pourquoi pas ? C'est un beau prénom pour un plombier, Roger, non ?
Donc, bref, malgré l'odeur de Fabienne (la fromagère s'appelle Fabienne), Roger se dit que ce n'est pas tous les jours que l'on rencontre une femme pas farouche qui a de l'humour. Mais voilà que Fabienne se risque à une blague avec des morceaux de plombier polonais dedans et ça brusque Roger qui se renfrogne. Roger prend sa carte et monte dans sa chambre.
Le lendemain, Roger croise Fabienne sur un stand du salon international des tubes et raccords. La nuit a passé et a adouci son courroux. Il dit bonjour à Fabienne et lui propose d'aller boire une bière à la buvette la plus proche. Fabienne accepte. Après la quinzième bière, Roger se risque à suggérer qu'avec une bonne douche, une bonne rasade d'eau de cologne et un peu de déodorant, Fabienne n'aurait plus à souffrir de sa mauvaise odeur et que cela l'aiderait beaucoup dans les rapports humains. Elle lui explique qu'elle a peur de l'eau et qu'elle n'a pas l'habitude de fréquenter les boutiques où l'on vend du parfum. Roger la convainc d'essayer tout de même et lui assure que l'on peut trouver du sent-bon dans les supermarchés les plus ordinaires. A force de persuasion, Fabienne se laisse faire et, le jour suivant, toute pimpante, elle retrouve Roger qui a le nez ravi par le changement. Quelque chose est en train de naître entre Roger et Fabienne.
Roger propose la botte à Fabienne qui accepte. Ils se retrouvent dans la chambre d'hôtel de Roger et connaissent une nuit d'amour des plus torrides. Les voilà qu'ils tirent des plans sur la comète. Roger va quitter sa femme acariâtre ; Fabienne va divorcer de son mari ennuyeux. Ensemble, ils vont ouvrir une fromagerie-plomberie, ils vont vivre heureux dans l'amour et dans le stupre. Ce qui est dit est dit et ils commencent à se renseigner sur un local commercial qu'ils ont en vue.
Et là, patatras, alors qu'il ne s'y attendait pas, voilà que Fabienne lui fait faux bond et qu'elle disparaît en laissant un flacon d'eau de toilette, un morceau de savon presque neuf et un petit mot dans lequel elle explique qu'elle ne peut pas faire ça à son homme et qu'elle est désolée mais que c'est comme ça mais que c'est irrévocable.
Dépité et la queue basse, Roger revient auprès de son épouse dépressive mais quelque chose est cassé et il le sait. Il réfléchit un peu, pèse le pour et le contre, et finit par demander le divorce. Il s'en va avec ses clés à molettes et ses lampes à souder s'établir dans le village d'à-côté et il oublie Fabienne. Quelque temps plus tard, par le plus grand des hasards, Roger croise de nouveau Fabienne. Ils se reconnaissent, ils se parlent un peu, Fabienne tente d'expliquer son attitude mais Roger lui rétorque que tout ça, c'est de l'histoire ancienne. En fait, Roger a décidé d'avancer, de ne plus regarder en arrière, de vivre sa vie et de ne plus se laisser emmerder par les gonzesses. Il est heureux comme il y a longtemps qu'il ne l'avait pas été. Ses affaires marchent bien, il s'éclate à changer des joints et des robinets et basta.

Voilà, l'histoire est terminée. Pas mal, hein ?

Et bien figurez-vous qu'à quelques détails près, c'est l'histoire que nous raconte Douglas Kennedy dans son dernier roman, "Cinq jours". Je ne pense pas qu'il est nécessaire de dire que je n'ai pas aimé ce livre. Il m'a été conseillé par une jeune femme que je connais un peu et en qui je fais habituellement confiance. Deux romans du même auteur, deux bouquins que je n'ai pas aimés. Je pense que je ne persisterai pas.
Dans le roman, une femme d'une quarantaine d'années, malheureuse dans son couple, mère de deux enfants et opératrice de radiographie dans une petite ville de province du Maine se rend à un congrès d'imagerie médicale. A l'hôtel où elle est descendue, elle croise un homme d'allure moins que neutre qui se révèle instruit et passionné de littérature. Ces deux êtres tombent amoureux l'un de l'autre. Mais voilà que l'homme prend peur à l'heure de tout quitter pour vivre une nouvelle vie avec cette femme qu'il aime. La femme est anéantie et triste, elle revient auprès de son mari dépressif qu'elle finit par quitter. Elle divorce, déménage, change d'employeur et on comprend qu'elle a changé, qu'elle a appris à vivre pour elle. Elle a avancé dans sa vie.

Cinq jours - Douglas Kennedy
Dans le fond, pourquoi pas ? Au départ et pendant assez longtemps, on peut penser, vu le titre, que le livre va se dérouler durant cinq jours. En fait, non puisqu'il se termine plusieurs mois après le premier jour. L'idée de raconter la naissance de l'amour entre deux personnes en apparence si différentes l'une de l'autre peut être intéressante. Elle n'est pas novatrice, c'est sûr, mais on peut trouver une nouvelle façon de raconter cette histoire. Je ne suis pas contre. Décrire les états d'âme d'une brochette de personnages habitant le Maine, ça peut nourrir un roman. Alors que se passe-t-il pour que, à mon avis, ce roman soit un tel foirage ? Je ne sais pas bien.
Certes, je ne suis pas particulièrement attiré par les belles et tristes histoires d'amour. En fait, ce roman me fait penser au film "Sur la route de Madison" de Clint Eastwood. C'est du mélo avec des beaux sentiments et une fin triste. Je ne suis pas un grand fan de ce film. Ce que je pense, c'est que l'histoire de Douglas Kennedy tient avec des grosses ficelles. C'est caricatural, c'est facile. Les personnages principaux sont de classe moyenne mais ils peuvent décider comme ça, d'un claquement de doigts, de bouleverser leur vie, d'acheter un logement, de changer d'employeur. C'est trop facile comme ce rebondissement au moment où l'homme s'enfuit en laissant un mot d'explication qui n'explique rien sinon qu'il part, qu'il a peur. Une histoire trop simple et, selon moi, peu crédible.
J'ai eu beaucoup de mal à aller jusqu'au bout de ce roman. Plusieurs fois, j'ai eu envie d'abandonner. J'avais l'impression de lire du remplissage. Il y a des mots, des phrases, des paragraphes, des chapitres, qui, une fois ôtés, ne gênent rien à la compréhension de cette mince histoire. Peut-être suis-je passé totalement à côté du livre. Peut-être justement l'art de Kennedy est-il de réussir à décrire à la perfection les états d'âme des représentants de la classe moyenne américaine. Peut-être.
Signe que je me suis ennuyé au possible à la lecture, je me suis mis à porter une attention accrue aux fautes typographiques qui émaillent ce bouquin. Quelle catastrophe ! Je ne sais pas ce qu'il se passe chez Belfond, l'éditeur, mais ça sent les restrictions budgétaires. A mon avis, ils ont viré tous les relecteurs. Ce n'est pas possible de laisser passer autant de fautes. Je me suis demandé si l'on ne pouvait pas mettre ça au compte de la crise du livre dont on nous parle et du développement des livres électroniques. Enfin j'en sais rien mais c'est vraiment du travail d'éditeur pourri.
La lecture de l'autre roman de Douglas Kennedy m'avait un peu ennuyé. J'avais comme l'impression que l'auteur utilisait des méthodes d'écrivain, des recettes. De fait, il n'y a pas vraiment de place pour la surprise. Tout semble tellement prévisible que c'en est lassant. Et puis, surtout, il n'y a vraiment aucune place faite à l'humour. Je concède que le thème n'y invite pas réellement mais tout de même, ça ne fait pas de mal de glisser un peu de moments de rire ou de sourire dans un texte, à mon avis. Là, on a un texte ennuyeux, poussif, laborieux que j'invite sincèrement à lire et à découvrir !

vendredi 14 mars 2014

Une petite mousse

Elles ne sont pas si nombreuses. Chimay, Orval, Rochefort, Westmalle, Achel, Westmalle et Westvleteren. Ce sont les bières trappistes belges. A celles-ci, il faut ajouter "la Trappe" venue des Pays-Bas et, depuis peu, la "Mont des Cats" seule bière trappiste française bien que brassée et embouteillée en Belgique. Qu'a-t-elle donc de français ? Je n'en sais rien. Je n'ai pas non plus goûté cette bière.
La plus mythique des bières trappistes reste la Westvleteren qu'il est très difficile de se procurer et qui n'est vendue que sur réservation à l'abbaye même.

La Trappe

Électrons libres

La voiture électrique arrive. Pour preuve, ce que j'ai aperçu aujourd'hui sur le parking du centre commercial "la Feuilleraie" à Trélissac, à côté de Périgueux. Un panneau attire mon regard. Je ne le connaissais pas et m'approche pour mieux le voir. Il s'agit d'un emplacement où les automobiles électriques (toutes ?) peuvent recharger leurs batteries. Chose étonnante et intéressante pour qui roule en voiture électrique, il apparaît que la recharge est gratuite. Voir les conditions en magasin, est-il néanmoins indiqué. Je ne suis pas allé me renseigner plus avant.

Branchitude commerciale
Au moment où je suis passé par ce centre commercial, il y avait deux véhicules branchées. Deux Renault aux armes du centre commercial. En tout, il y a six emplacements.
Je ne sais pas grand chose des automobiles électriques. J'ai cru comprendre vaguement que toutes n'étaient pas équipées du même système de recharge et des mêmes prises. Je me suis demandé s'il fallait nécessairement posséder une Renault pour pouvoir utiliser ces bornes. Je me suis aussi dit que, du coup, l'initiative est plutôt intéressante et qu'elle permet, pour des personnes un peu éloignées de Périgueux, de pouvoir envisager rouler en voiture électrique. J'aimerais bien en essayer une un jour. Une Tesla, par exemple.

Branchitude commerciale

Auvézère à Cubjac

Auvézère à CubjacAujourd'hui, j'ai eu l'idée de ressortir le Canon 400D que je n'utilise plus très souvent. Pour l'amuser, je lui ai donné un objectif 35mm Nikon.

C'est un mariage contre nature. Un boîtier Canon que l'on considère aujourd'hui comme totalement dépassé (il date de 2006 et son capteur ne propose que dix millions de pixels) et un objectif à focale fixe antédiluvien ou presque de marque Nikon. Même pas autofocus, l'objectif ! Incroyable. Il faut faire la mise au point manuellement ! Si, si, je vous jure. Vous avez qu'à demander aux vieux si c'est pas vrai. Et puis c'est pas tout, il faut aussi tourner une bague à la main pour le diaphragme. On peine à croire que l'on a pu faire des photos comme ça. En plus, à ce que l'on m'a dit, il n'y avait même pas de mégapixels, à l'époque. Non. Il y avait une bande couverte d'une couche sensible à la lumière qui se déplaçait à l'intérieur du boîtier. Enfin les légendes urbaines, hein...

L'Auvézère à Cubjac
Enfin puisque j'avais à aller faire quelques courses à Périgueux, je me suis dit que je pouvais mettre à profit le beau soleil pour laisser au hasard la chance de m'indiquer une photo à faire. J'évite l'ancienne route nationale 89 et m'enfonce dans la campagne direction Cubjac. C'était jour de marché, aujourd'hui. J'ignorais qu'il y eut jour de marché dans ce village. Petit marché, rien de comparable avec l'hyper marché où je me rendais de quelques tours de roues. Mais voilà que l'Auvézère, affluent de l'Isle (et non pas de la Vézère comme le pensent certains) me fait de l'œil. Et pourquoi pas, après tout ? Il ne s'agit pas de faire la photo du siècle, il est question de tester le boîtier et l'objectif.

A Cubjac, l'Auvézère
Pour prouver que l'on peut aller encore plus vite à faire une photo avec un objectif non autofocus, j'ai réglé la bague de diaphragme sur f:16 et la bague de mise au point sur l'hyperfocale. Le boîtier était simplement en mode "priorité ouverture" et il ne restait plus qu'à cadrer et à déclencher. J'avais donc trois images. Je suis allé faire mes courses, je suis rentré, j'ai "développé" les photos avec Aperture (logiciel de chez Apple) et je les poste sur le blog.

Auvézère à Cubjac

Champion du monde de botanique (ta mère)

Joli coquelicot

jeudi 13 mars 2014

Ruines de l'église de Cheylard

Eglise de Cheylard - Les FargesSituées sur la commune des Farges, en Dordogne, les ruines de l'église de Cheylard ont été le sujet d'une séance photographique hier soir. Jusqu'à peu, j'ignorais tout de ce lieu qui surplombe la Vézère dans un environnement boisé.

Autrefois, il y a bien longtemps, aux alentours du XIe siècle, le cœur du village était là, au hameau du Cheylard, autour de l'église. Situé sur une colline calcaire qui surplombe la Vézère, le hameau accueillait une trentaine de foyers. Au XVIIIe siècle, le Cheylard fut partiellement abandonné et la vie se développa aux Farges autour d'une nouvelle église. L'édifice du XIe siècle commença à tomber en ruines.
Aujourd'hui, il ne reste plus que le clocher mur de facture romane et le chœur qui est du XIe siècle. Une équipe de bénévoles entretient et consolide ces ruines que l'on trouve au bord d'un chemin de randonnée pédestre. Du hameau d'autrefois, il ne reste plus grand chose et les maisons neuves ont poussé en bas de la colline. Perdue dans les bois, la petite église est d'une discrétion totale. Objectivement, il n'y a pas grand chose à voir. Une pierre tombale semble avoir retenu toutes les attentions et est mise en valeur à quelques mètres de l'ancienne entrée de l'église, protégée des intempéries par une table couverte de verre.
Durant sept siècles, ce petit village a dû vivre au rythme des petits chemins bordés de murs de pierres sèches en auto-suffisance à quelques kilomètres de Montignac, de Aubas ou de Condat-sur-Vézère qui devaient sans doute représenter les destinations les plus lointaines pour les hommes et femmes nés là et qui devaient s'y rendre à l'occasion.

Eglise de Cheylard - Les Farges
Aujourd'hui, et d'autant plus que je ne suis pas très fort en Histoire, il est bien difficile d'imaginer la vie en Périgord au Moyen-Âge et à la Renaissance. Sans doute la vie devait-elle être rude et répétitive mais la vérité d'alors n'a rien à voir avec celle d'aujourd'hui. Je suppose que les principales préoccupations d'alors étaient de se nourrir, de se chauffer, de se loger et de travailler pour cela. Ce que l'on peut voir aujourd'hui de ce petit hameau ne donne pas vraiment d'indications intéressantes à mes yeux. Ce qui m'étonne beaucoup, c'est l'absence de maisons ou de ruines de maisons autour de l'église. Tel que l'on voit les lieux aujourd'hui, on a la sensation que l'église aurait été bâtie en plein milieu d'une forêt, ce qui est certainement totalement faux. Il est possible que les maisons d'alors aient été construites en bois ou bien que les matériaux aient été récupérés pour des constructions plus récentes ailleurs.

Eglise de Cheylard - Les Farges
Du reste, il semble assez probable que l'on a pris les meilleures pierres de l'ancienne église pour bâtir autre chose. Les pierres d'angle, les pierres de la porte ont disparues. Bizarrement, le mur clocher est resté debout intact. Dans l'église, on a trouvé des caveaux. Une pierre tombale sortie de l'enceinte de l'église a été posée devant l'ancienne entrée avec une notice explicative qui ne dit qui en avait bénéficié. Cette pierre est gravée d'une croix et de signes que je n'ai pas compris, notamment d'un pied et d'une main. Qu'est-ce que cela peut bien vouloir signifier ? Mystère.

Eglise de Cheylard - Les Farges
J'ai donc fait quelques photos de l'église mais je n'ai pas vraiment trouvé l'angle qui aurait permis de faire de bonnes images. La présence d'arbres empêche de faire une photo de loin et implique donc, ça va de soi, de faire des photos de près. Et là, bon, ça implique l'utilisation d'un grand angle avec ce que ça amène en déformation et en contre plongée. Alors, les perspectives s'envolent et ça donne des trucs bizarres. Mais bon, j'ai sorti quelques images de la carte mémoire de l'appareil et j'ai même tenté des photos en HDR.

Eglise de Cheylard - Les Farges
Et spécialement pour Liaan.

Eglise de Cheylard - Les Farges

mercredi 12 mars 2014

Encore une motocyclette bien étrange

Motocyclette bien compliquée - encrage
Motocyclette bien compliquée

mardi 11 mars 2014

Tel l'art du chardon

Chardons

lundi 10 mars 2014

Château de la Rochefoucauld

De passage par la Rochefoucauld, j'ai découvert ce château qui a une longue histoire. J'en ai fait quelques images.

Château de la Rochefoucauld - Charente
Château de la Rochefoucauld - Charente - Le donjon effondré
Château de la Rochefoucauld - Charente
Château de la Rochefoucauld - Charente
Château de la Rochefoucauld - Charente

dimanche 9 mars 2014

Comme un petit air de printemps

Pâquerette

pissenlit

Pâquerettes

samedi 8 mars 2014

La nature de l'homme

8 mars 2014, Journée Internationale de la Femme. Ce n'est pas mon jour. Hier, je suis allé faire des photos à côté de chez moi.

Hier après-midi, je vais fureter à la recherche de photographies à faire autour de Azerat. Je découvre quelques endroits où je n'avais encore jamais posé mes pneus qui méritent des photos mais l'heure n'est pas bonne ou bien je ne vois pas comment faire une bonne image. Ce n'est pas grave, je suis bredouille et je rentre chez moi. Et là, du côté de la Contarie, j'aperçois un paysage qui me plaît. Je m'arrête. Au départ, je suis avec le 17-55 et j'essaie de cadrer quelque chose. Je m'agace un peu. Rien à faire. Et puis, j'ai une idée. Pourquoi ne sortirai-je pas le 80-200 ? J'adore cet objectif mais je l'utilise relativement peu. Il est lourd et je suis fainéant. Je le monte sur le boîtier et je vise. Tout de suite, je vois les images que je peux faire et que j'avais imaginées avant de m'arrêter.
Nous avons la vallée du Douime avec, en fond, le viaduc de l'autoroute A89 qui enjambe cette vallée. Nous sommes en Périgord, c'est beau, le printemps commence à faire verdir tout ça et ça sent les beaux jours qui arrivent. Bien.
Mais voilà, nous avons cette nature périgourdine et on voit qu'elle n'a rien de naturel, justement. Des alignements de noyers, des prés façonnés par le travail de l'homme, un viaduc qui n'a pas poussé spontanément.

Azerat - Viaduc du Douime - Nature humaine
Je me demande si la photo serait meilleure si l'on enlevait ce viaduc. Je cadre autrement et je déclenche. La lumière est belle même si le lointain est un peu gris. De là où je suis, il est difficile de bien montrer le Douime, petit affluent du Cern. Si seulement j'étais moins fainéant, j'aurais entrepris de trouver un point de vue plus parlant. Il faudra que je me munisse d'une carte détaillée pour voir s'il n'y aurait pas un chemin qui me mènerait quelque part.

Azerat - Viaduc du Douime
J'essaie aussi un cadrage vertical, pour voir. Ce n'est pas mal non plus. Je regarde mes photos sur le petit écran de l'appareil et ça me semble correct. Je ne pense pas que je ferai mieux cette fois-ci et je rentre chez moi avec la carte mémoire de l'appareil alourdie de quelques millions de pixels supplémentaires.
Revenu en mon logis, je transfère les images sur le iMac et là, comme à chaque fois, je suis émerveillé par le rendu de cet antique 80-200 Canon. Il y a une impression de netteté et de détail assez incroyable. On peut s'en apercevoir sur les images proposées dans ce billet mais ce n'est rien à côté de ce que je vois sur l'ordinateur avant de réduire la taille ! Ce qui est amusant, c'est que selon certaines personnes (des spécialistes), il ne faudrait pas utiliser cet objectif étudié pour les appareils argentiques avec un boîtier numérique. Il paraît que l'on ne peut obtenir de bons résultats. N'étant pas spécialiste et n'ayant sans doute pas le niveau d'exigence de ces personnes, je me garde bien de les contredire. Elles doivent savoir ce qu'elles disent. Pour moi, modeste amateur spécialiste en rien, ça me convient.

Azerat - Viaduc du Douime

vendredi 7 mars 2014

Photos du matin

Arbres - Les Frauds - la Bachellerie

Arbres - Les Frauds - la Bachellerie

Les Frauds - la Bachellerie

Arbres - Les Frauds - la Bachellerie

Arbres - Les Frauds - la Bachellerie

Arbres - Les Frauds - la Bachellerie

jeudi 6 mars 2014

Promenons-nous en chanson

Hier, j'ai eu l'idée d'un dessin de 2cv. J'ai commencé à faire un dessin et puis je me suis dit que je pourrais aussi m'amuser à faire un autre dessin et puis encore un autre. Voilà que j'étais en train de faire quelque chose qui pourrait être mis sous une forme de trois cases de BD. Mince alors. Par contre, je n'avais (et n'ai toujours pas) la moindre idée de ce que celle-ci pouvait raconter. Pas grave.
J'ai commencé à faire l'encrage au pinceau et, pour quelques menus détails, je me suis dit que le recours à un Rotring© pourrait être une bonne idée. Seulement, je vous le donne en mille, le Rotring© était bouché. Bien complètement bouché comme il faut. J'ai entrepris un débouchage en règle. Il m'a fallu extraire l'aiguille pour y parvenir. C'est délicat, ça.
Et puis, finalement, je n'ai pas tant utilisé le Rotring© que ça. Pas grave. Pour m'occuper, je me dis alors que je pourrais m'amuser à faire une mise en couleurs. Sauf que ça m'a vite gonflé. J'ai salopé le truc et ça donne ce que ça donne. Pas bien grave.

Promenade en 2cv

mercredi 5 mars 2014

Ben mon cochon !

J'ai eu envie de créer un nouveau personnage. Ce serait un cochon. Ce serait un cochon et j'ai hésité à l'appeler Ben pour "ben mon cochon !". J'ai préféré lui trouver un nom à consonance ibérique en choisissant, du moins pour le moment, Ramòn Fumada à cause du jeu de mots fumeux avec jamón fumada. Bon. Pour le moment, je n'ai fait qu'un crayonné pour voir et pour situer un peu ce personnage. Je ne sais pas si j'en ferai quelque chose. On verra (verrat ?) bien.

Ramon Fumada

mardi 4 mars 2014

Hommage à Franquin

Hommage Franquin 1997

Ce dessin a été réalisé en hommage au décès d'André Franquin, en 1997.
Chose incroyable : ce dessin a été publié dans le journal de Spirou n° 3073 en date du 5 mars 1997, dans le numéro "Hommage à Franquin".
L'anecdote autour de la parution à été qu'en signature, le journal de Spirou à mis : Émail Laborde !
La signature B.Vélo. est sous le personnage masculin en rouge qui s'écarte, en tout petit (modeste le B.Vélo. !).

lundi 3 mars 2014

Erotico Floyd

Que peut-on raisonnablement faire de mieux que d'écouter de la musique ensoleillée tandis que, dehors, le gris et la pluie bataillent pour savoir qui, finalement, l'emportera ?

Je ne vais pas vous mentir, je ne sais pas grand chose de ce groupe. Il semble, d'après les quelques renseignements glanés ci et là, qu'il serait argentin. Comme le tango du même nom. Sauf que, en place de tango, c'est plutôt une forme de bossa que l'on entend parfois.
F.L.O.Y.D a chillout experience. On n'en sait pas beaucoup plus en parcourant la pochette de ce disque. On imagine bien qu'il doit y avoir un certain rapport avec les Pink Floyd. Alors, puisque l'on aime bien les Pink Floyd et que l'on n'est pas contre le fait de découvrir, on glisse le CD dans la platine et on monte le son.
Très beau son, au passage. Clair, net et précis. Des graves qui sonnent bien, des aigus qui ne déchirent pas les oreilles. Beau boulot. Au programme, douze titres, reprises de morceaux de différents albums des Pink Floyd, tous chantés par la voix diaboliquement érotique de Analiah. "Chillout", se détendre. Pour sûr que l'on est détendu. Les paroles nous sont presque murmurées, chuchotées. Mais attention ! C'est un rien moins pénible que la Carla ! On n'a pas comme une envie irrépressible de sortir hache et masse de sa poche pour écraser la tête de la chanteuse. Pas du tout, même. Pour tout dire, on peut pas lui vouloir du mal, à Analiah. Et même mieux, si c'est bien elle qui pose sur les photos de l'album, on est prêt à l'accueillir dans son lit pour qu'elle vous murmure ses chansons dans l'oreille. Direct du producteur au consommateur.

FLOYD a chillout experience
Alors on a affaire à quoi donc, en somme ? A des reprises des Pink Floyd qui, si elles ne sont pas d'une fidélité exemplaire sont pour le moins intéressantes et écoutables. On prend son pied à se laisser aller à la décontraction, à la détente. Il y a comme un arrière goût de dilettantisme dans cette musique "cool". On n'est pas si éloigné du "easy listening". Franchement, ça vous prend pas la tête et ça vous monopolise pas les esgourdes. C'est du tout fluide. Ça vous glisse subrepticement dans le conduit auditif et ça coule jusqu'au cerveau en générant un état de bien-être fou. Ça devrait être prescrit aux nerveux du bulbe, cette affaire. Sûr que ça ferait des merveilles mieux que toutes les saloperies pharmaceutiques.
Des reprises des Pink Floyd, il y en a tant et plus. Des plus ou moins heureuses, des plus ou moins respectueuses. Ici, nous sommes en présence d'une relecture de l'œuvre Floydienne très personnelle mais qui ne dénature rien. Ça aurait pu être la musique des Pink Floyd si ceux-ci avaient été un peu moins coincés et s'il s'étaient un peu moins pris pour un groupe intello. L'esprit des chansons est bien conservé mais il y a comme un glissement dans l'intention. C'est comme si tout était passé à travers un filtre adoucisseur ou comme si la musique avait fumé un bon gros pétard. C'est calme, c'est doux, c'est sensuel, c'est charmeur et beau. A écouter, à découvrir !

dimanche 2 mars 2014

Quel aurait pu être le sujet du billet du jour si seulement il avait existé ?

Il est des questions existentielles qui touchent à la métaphysique et à consubstantialité même de l'esprit humaine dans ce qu'elle a de plus grand. Parmi celles-ci, et c'est celle qui m'intéresse particulièrement ce soir, celle qui sert de titre à ce billet qui n'en est pas un.

samedi 1 mars 2014

Cassons le mythe

nikon FDévoilé en avril 1959, le Nikon F est aujourd'hui encore l'objet d'une vénération sans borne et est considéré comme un appareil photo mythique. Un mythe largement basé sur sa présence entre les mains de nombreux reporters lors de la guerre du Viêt Nam.

Pour moi, l'appareil photo qui mérite d'être mythifié, c'est le Leica M. Les boîtiers Nikon, je ne les ai jamais vraiment utilisés. Non pas que je ne les aime pas mais simplement parce que ça ne s'est pas trouvé. Un peu par hasard, je me suis retrouvé à utiliser des boîtiers Canon et j'y suis resté. Ce qui m'agace souvent, chez les utilisateurs de Nikon, c'est le sentiment qu'ils ont d'être dans le vrai. Selon eux, à les entendre, on fait forcément de meilleures images avec du Nikon qu'avec quoi que ce soit d'autre. Cela existe aussi chez les utilisateurs de Leica mais là, disons pour que avoir eu la chance d'utiliser un Leica M4 avec deux Summicron (35 et 50), je pense qu'il y a tout de même quelque chose de vrai.

Mon idée de départ est de faire un comparatif entre le premier appareil réflex que j'ai eu, un Zenit E, et le dernier qui est entré en ma possession, un Nikon F. C'est un comparatif qui va être partisan et clairement de très mauvaise foi. Je préfère vous prévenir.

Zenit E vs Nikon F, le match

Zenit E vs Nikon F

Peut-on comparer ces deux appareils légendaires ? Oui. On peut toujours tout comparer, selon moi. Ces deux appareils permettent de faire des images photographiques et cela les rapproche. Les deux appareils utilisent le même format de film et les deux appareils sont produits à l'est de Lauterbourg (Bas-Rhin). Ces deux appareils photo sont complètement mécaniques, sont à visée reflex et permettent de recevoir plusieurs objectifs.
Le Zenit est plus jeune que le Nikon de six ans. Le Zenit possède un posemètre d'origine[1] alors que le Nikon nécessite l'adjonction d'un système présent sur la photo. J'ai pu me payer le Zenit vers la fin des années 70 équipé de son objectif Helios 58mm et d'un flash Agfa. Je n'aurais certainement pas pu acheter un Nikon F avec un objectif au même prix. Du coup, j'ai pu apprendre la photo et c'est un argument qui me fait préférer le Zenit au Nikon.
Le Nikon est un boîtier modulable. De par sa conception, on peut changer le système de visée, changer le dos, adjoindre un moteur[2]. Le Nikon permet plus de vitesses d'obturation[3] que le Zenit[4] et bénéficie d'une synchro-flash au 1/60e de seconde contre 1/30e pour le russe.
Gros avantage pour le Nikon en ce qui concerne la visée et la mise au point. L'appareil japonais offre un stigmomètre et une visée relativement large et claire là où le Zenit ne propose qu'une visée sombre et aucune aide à la mise au point autre qu'un dépoli approximatif. Autre avantage pour le Nikon, la présélection du diaphragme. Cela signifie que vous pouvez faire la mise au point en pleine ouverture et que le boîtier s'occupe de fermer le diaphragme à la valeur que vous avez choisie. Sur le Zenit E, c'est une autre affaire et j'ouvre un autre paragraphe pour cela.
Lors de mes premières photos prises avec le Zenit E, je n'avais pas compris qu'il fallait fermer le diaphragme manuellement en tournant une bague avant de déclencher. Il faut dire que j'avais fait mes premières armes au photo-club du collège sur un moderne Zenit EM qui, lui, avait cette présélection du diaphragme. Du coup, sauf en cas de heureux hasard, mes photos étaient presque toujours mal exposées. Ceci dit, cela fait du Zenit E un appareil-école redoutable ! On apprend vite les bases de la photo et l'importance de l'influence des réglages sur les résultats. Malgré cela, je pense que je n'ai jamais autant raté de photographies qu'avec les Zenit.
Je ne suis pas en mesure de faire un comparatif de prix entre le Nikon et le Zenit mais je suppose que la différence de prix devait être colossale. Evidemment, le Nikon est mieux fabriqué, plus "sophistiqué", plus glorieux, plus évolutif, plus "pro". J'ose espérer que l'on fait de plus belles images avec le Nikon qu'avec le Zenit mais pour autant, je considère que le Zenit n'est pas un mauvais appareil et que le 58mm Helios n'est pas si mauvais que ça. On peut tout à fait faire des photographies acceptables avec le Zenit et les différences fondamentales entre les deux boîtiers font qu'ils ne sont pas si éloignés l'un de l'autre.
J'ai dû faire plusieurs centaines de pellicules avec le Zenit. Je n'en ai pas fait une seule avec le Nikon qui, aujourd'hui, n'est plus qu'un appareil de collection. Je suppose que l'on doit pouvoir l'utiliser et l'envie me titille de lui offrir une pellicule. Cette idée ne me traverse pas l'esprit pour le Zenit. Il faut dire que je n'ai plus aucune confiance en lui et qu'il est bien fatigué.

nikonF.jpg
A l'utilisation, certains points sont un peu agaçants sur le Nikon. Par exemple, cette obligation d'enlever le dos pour charger une bobine. Au moins, sur le Zenit, ce dos est monté sur charnière. D'un autre côté, on ne peut pas mettre de dos chargeur différent sur le Zenit. Mouais... Si Nikon avait fait des dos interchangeables, j'aurais mieux compris leur parti pris. Au passage, je note que le chargement d'un Leica M vaut son pesant de cacahuètes avec sa semelle qu'il faut enlever avant d'ouvrir une trappe qui permet de placer le film dans le système d'entraînement. Pourquoi faire simple lorsque l'on peut faire compliqué ?
Aujourd'hui, le Nikon F paraît bien simpliste et on a du mal à comprendre l'origine du mythe. Sa massive présence entre les mains des reporters sur bien des terrains de guerre explique largement cela. Le Zenit n'a rien à quoi se raccrocher pour gagner une éventuelle notoriété. C'est juste l'appareil que beaucoup de photographes amateurs ont eu en premier boîtier, avant de passer à quelque chose de plus sérieux.
Ces deux boîtiers sont aujourd'hui quasiment quinquagénaires. On peut imaginer pouvoir faire des photos avec eux. Je suis certain que les boîtiers électroniques qui sont apparus dans les années 70 et qui ont donné les appareils numériques que l'on trouve aujourd'hui n'atteindront pas cet âge en permettant de produire encore des images. Mais on ne va pas relancer le stérile débat argentique/numérique, n'est-ce pas ?

Notes

[1] très imprécis il est vrai

[2] avec une modification du boîtier cependant

[3] de la seconde au millième de seconde plus les poses B et T

[4] du trentième de seconde au cinq-centième plus un pose B

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