Je me suis réveillé à midi. Il pleuvait. Il pleut toujours. J'ai bu du café, j'ai fumé une cigarette. Je suis prêt à me consacrer à un exercice de haut vol : la réflexion. "Cerveau ! Réveille-toi ! J'ai besoin de tes services !"
Et au fond, nous en sommes tous là. Qu'est-ce qui nous intéresse ? Certains vont consacrer leur vie (leurs vies pour celles et ceux qui croient à la métempsychose) à la collection de figurines Panini, d'autres à sauver des vies, d'autres encore au comptage de haricots dans un cassoulet. Moi, après un grand et profond travail d'introspection sur moi-même, en plein accord avec mon moi à moi que j'ai, j'ai découvert que ma vraie passion, ce qui donne un sens à ma vie, c'est la cocotte en fonte. C'est pas banal, hein ?
La cocotte en fonte, c'est quelque chose de vachement tangible. Vous la voyez, elle est là, ovale (enfin plutôt éliptique, en fait) ou ronde, émaillée ou non, mais elle est là et on ne peut guère en douter. Ou alors, elle n'est pas là, mais là non plus, on n'en peut point douter. La cocotte en fonte, ce n'est pas une vue de l'esprit, une question de croyance. La cocotte est ou n'est pas. Point.
Une cocotte en fonte de qualité est la pièce maîtresse de toute cuisine qui se respecte. Avec elle, et pourvu que l'on ait une source de chaleur à lui proposer, elle peut tout faire. Du café, des pommes de terre sautées, un gigot à l'ail, une tarte aux pommes. Tout. A l'occasion, elle peut aussi faire office de lessiveuse pour le jour de lavage des chaussettes sales (tant il est vrai que l'on ne lave pas les chaussettes propres).
Lorsque je serai au pouvoir (ce qui ne saurait tarder), j'institurai la journée de la cocotte en fonte. Pour faciliter la vie de mes chers compatriotes, je m'arrangerai pour que cette journée arrive le jour de Pâques. Cocotte en fonte ou cocotte en chocolat, même combat.
Je retourne me coucher.