mardi 30 septembre 2014
septembre 2014 (32)
dimanche 28 septembre 2014
Pas envie
Finalement, non. Aujourd'hui, je n'ai pas envie de vous dire quoi que ce soit ou de vous montrer une image quelconque. Peut-être demain ?
samedi 27 septembre 2014
Pôle International de la Préhistoire
Il vous reste quoi ? A peine une semaine. Une semaine pour aller aux Eyzies de Tayac découvrir l'exposition "Chairs des Origines" de Elisabeth Daynès au Pôle International de la Préhistoire.
C'est comme ça. Ça arrive. Vous avez un truc super intéressant à deux pas de chez vous et vous ne vous décidez pas à aller le visiter. Ainsi, moi qui habite le Périgord depuis déjà pas mal de temps, je ne suis toujours pas allé à Lascaux II et je n'étais pas allé voir l'exposition "Chairs des Origines" qui est à disposition (gratuitement) du public jusqu'au 3 octobre prochain. J'avais vu les affiches qui m'avaient donné l'envie d'y aller mais bon. Prendre la voiture, aller aux Eyzies, en été, avec tous les touristes, ça m'avait découragé. Il s'en est fallu de peu, il a fallu que l'occasion se présente pour que je finisse par y aller. Et je ne le regrette pas. En fait, il faudrait que j'y aille plus souvent au Pôle International de la Préhistoire. Ne serait-ce que pour passer quelques heures à lire les ouvrages qui sont mis à disposition du public.
L'exposition de Elisabeth Daynès est étonnante et fascninante. Elle a créé huit "portraits" de nos ancêtres ou de nos prédécesseurs du genre homo. Elle s'est appliquée à représenter des écorchés qui montrent les attaches musculaires et qui montrent la diversité qui a conduit (de quelle manière ?) jusqu'à l'homme moderne, jusqu'à nous. Ces huit portraits nous regardent, les yeux grand ouverts, dans un regard héberlué et sidéré. Il y a toute une mise en scène et différentes techniques sont mises en place pour nous montrer ces ancêtres.
C'est jusqu'au 3 octobre.
vendredi 26 septembre 2014
Il faut attendre demain
Pour aujourd'hui, c'est râpé. Je rentre juste d'une promenade fort agréable en Périgord et je n'ai pas le courage de démarrer l'ordinateur pour vous préparer une image. Alors, je remets ça à demain.
jeudi 25 septembre 2014
Les deux roues pètent à Groléjac
L'en verres du décor
J'ai cherché comment mettre les quatre photos sur une seule image sans parvenir à grand chose de convaincant. A un moment, ma cervelle est entrée en résonance avec les ondes diffusées par mes gros orteils et je n'ai plus su contrôler la situation. J'ai senti que je partais en vrille et que j'allais m'écraser sur Tau Ceti, constellation de la Baleine, sans avoir pris la précaution pourtant élémentaire de me munir d'une serviette de bain. Fort heureusement pour moi, j'ai eu la ressource nécessaire pour revenir à un semblant de réalité raisonnable et ai fait bifurqué l'œil septentrional vers la gauche ce qui m'a permis de lorgner le récipient encore plein de café tout à fait frais bien que tout à fait froid. Je m'en suis servi un grand bol et l'ai avalé d'un coup d'un seul. J'ai enregistré le travail en cours et ai quitté l'application comme il est indiqué dans le manuel qui ne me quitte jamais et auquel je me réfère incontinent à toute heure du jour ou de la nuit céleste et même au-delà et surtout lorsque je pars loin dans l'immensité de la galaxie. En sueur et encore sous le coup de l'expérience psychotrope, secoué de convulsions irréfrénables fort désagréables, j'écris ces lignes et vous soumets, honteux mais libéré, le fruit de cette introspection suspecte.
mardi 23 septembre 2014
Verres balisables
J'ai testé des trucs avec de l'opium, avec du paracétamol et aussi avec de l'aspirine. J'ai laissé la codéine de côté et ai trouvé que l'ibuprofène fonctionnait plutôt pas mal.
Ce qui est tout à fait épatant, avec les douleurs dentaires, c'est qu'elles vous rendent terriblement tangible votre vivance. Là, vous avez conscience de ne pas être mort. Vous mordez la vie à pleines dents. C'est du concret, du réel. Pas moyen de douter un instant.
Ce qui est bien, aussi, dans les douleurs dentaires, c'est qu'elles parviennent à mobiliser entièrement le cerveau. Il ne s'intéresse plus qu'à ça. Il va jusqu'à vous interdire de dormir. Il veut que vous en profitiez à fond. C'est un truc de vrai jouisseur de la vie, la rage de dent. Ceux qui ne savent pas goûter pleinement l'extrême jouissance que peut procurer la chose ne méritent pas de vivre. Ce sont des mous, des tièdes, des grisâtres sans saveur.
Mais tout de même, on ne peut pas passer ses jours et ses nuits à jouir sans trêve. Ça fatigue et, me semble-t-il, au bout d'un petit moment, vous profiter moins de l'instant présent. Vous vous lassez. Vous vous blasez. Un peu comme on dédaigne le caviar après en avoir trop mangé pendant trop longtemps. On se prend à rêver de mets moins prestigieux, d'un bon plat de pâtes à l'eau sans sel, par exemple.
Moi, je teste les ressources de la pharmacopée. Disons-le tout net, les suppositoires contre les maux de gorge ne valent rien contre les maux dentaires. Je mettais beaucoup d'espoirs dans l'aspirine qui est, pour moi, un remède universel et habituellement d'un grand secours. L'aspirine a échoué. Le paracétamol a été un peu plus efficace à la condition de le prendre par gramme. Bizarrement, deux cachets de Doliprane© 500mg fonctionne moins bien que le Biogaran© 1g. Il faut dire que la date de péremption du Doliprane© est au 05/2007. Possible que ça ait un peu trop perdu de ses qualités. Je pensais beaucoup de bien du Lamaline©, composé de paracétamol, de poudre d'opium et de caféine. Contre toute attente, ça n'a strictement rien fait de valable. Etonnant. Et alors, je mets la main sur une boîte déjà bien entamée d'Ibuprofène. C'est rigolo, c'est comme des petits bonbons rouges. Je les prends deux par deux en espaçant les prises de six heures. Très efficace. J'arrive presque à faire une nuit complète.
Demain matin, je retourne chez la dentiste. Elle ne doit pas s'attendre à ce nouveau problème. Elle n'a pas terminé de soigner une dent bien malade qu'elle a dévitalisée et curetée en profondeur. Je suis étonné qu'il me reste encore des dents innervées. J'espère qu'elle saura comment me soulager pour ces nouvelles affres du mal.
J'écoutais une émission à caractère scientifique sur France Inter. Le Dr Dominique Dupagne y parlait de l'idée d'obsolescence programmée appliquée aux êtres vivants. Une vision très intéressante. Il disait en substance que les organismes sont plus ou moins prévus pour durer tant d'années et point. Ceci pour favoriser la multiplication des générations et ainsi améliorer les espèces. Bon, moi, me multiplier, hein, bof. Ou par bouturage. Faudrait essayer. N'empêche que je pense qu'il a raison. Passé un certain âge, faudrait avoir la décence de lâcher la rampe. Tout fout le camp, c'est la déchéance, la décrépitude, les chairs molles et le cerveau qui se liquéfie. Je suis prêt à prendre le pari qu'une fois mort, les rages de dent ne sont plus un problème.
Sinon, parce que j'ai fait de la vaisselle, j'ai fait des photos.
dimanche 21 septembre 2014
Ça ne cascade pas des masses
Hier soir, il n'est pas loin de 23 heures lorsque j'éteins la lumière, bien décidé à essayer de dormir. Une demi-heure après minuit, je ne dors pas. A deux heures et des poussières, je me réveille. Je pense être arrivé à me rendormir un peu avant quatre heures et je me fais du café alors que l'horloge indique cinq heures et vingt-trois minutes.
Après une carie qui est en passe d'être soignée, c'est une dent de sagesse qui se rappelle à mon bon souvenir. Ça fait pas loin de dix ans qu'elle m'avait laissé tranquille, celle-là, bien planquée dans la mâchoire, en bas, à droite, tout au fond. Elle se réveille et elle est bien décidée à m'emmerder. Puisque l'aspirine ne m'est d'aucun secours, je tente le paracétamol sans trop y croire. Je sens que la journée va être follement amusante. Je vais passer mon temps à tenter de dormir quelques minutes en mettant à profit les courtes périodes de répit. Bon, il y a plus grave.
Hier, je suis allé faire quelques photos. J'avais l'espoir qu'avec les fortes pluies de ces jours derniers, le Taravelou, petit cours d'eau qui passe par Peyrignac, soit bien vif. Et bien non. Presque à sec, le Taravelou. Histoire de dire que je ne m'étais pas déplacé pour rien, j'ai déclenché à quelques reprises.
samedi 20 septembre 2014
Les boules de Tintin
La tintinophilie est une curieuse maladie qui, le plus souvent, vous tombe dessus dans l'enfance et dont vous avez le plus grand mal à guérir. En plus d'être chronique, cette maladie est très contagieuse. Je viens de terminer la passionnante lecture de "la Malédiction de Rascar Pacac", ouvrage de Philippe Goddin qui retrace la genèse de l'album "les 7 boules de cristal" en l'expliquant, en le mettant dans le contexte de l'époque, en parlant de Hergé et de sa collaboration avec Edgar P Jacobs.
On aura beau dire ce que l'on voudra, Hergé et son héros principal, Tintin, sont des socles indéboulonnables de la bande dessinée. On peut ne pas aimer ou prétendre ne pas aimer, on ne peut pas nier que l'œuvre de Hergé est un pan majeur de cette forme de narration.
Il est couramment admis que l'on peut mettre à part les trois premiers albums de Tintin. Dans le premier, Hergé faisait sans doute preuve de trop d'anti communisme, dans le deuxième album, il était certainement trop colonialiste. Pour le troisième, celui où Tintin part combattre la maffia aux Etats-Unis d'Amérique, on notera probablement qu'il donne une vision peu compatible avec la "bien pensance" de rigueur depuis bien des années, notamment dans sa description des indiens.
Il y a des tintinophiles, il y a aussi des tintinophobes. On a souvent reproché à Hergé d'avoir représenté les méchants sous des traits caricaturaux trop marqués. De fait, il est bien difficile de prendre la défense de Hergé sur la question du racisme. On lui a aussi fait le procès de sa position vis-à-vis de l'occupant allemand durant la dernière guerre mondiale. Hergé a continué à collaborer avec le journal qui publiait ses planches alors que ce titre était tombé sous le contrôle des nazis. De fait aussi, dans les différents albums qui conduisent Tintin hors d'Europe, on ne peut pas ne pas constater des propos très douteux. On a beaucoup écrit sur Hergé et mon avis est que le personnage n'était pas au-dessus de tout soupçon. Ceci dit, il nous a laissé quelques belles histoires dont celle qui nous occupe aujourd'hui, parue en deux albums. "Les 7 boules de cristal", donc, suivi de "Le temple du soleil".
"Les 7 boules de cristal" est réalisé durant la guerre, sous occupation nazie. Avant d'être un album, il paraît sous la forme de planche de quelques cases quotidiennement ou presque dans le journal "Le Soir". L'ouvrage conçu par Philippe Goddin nous propose de découvrir cette version originale du récit avec beaucoup de détails, d'explications, de commentaires, de documentation. On aura intérêt de se munir le l'album et de lire les deux versions concomitamment afin de comparer. Evidemment, la version parue dans le journal est au trait. Pour la parution en album, les planches seront découpées et remontées, elles seront mises en couleur, le lettrage sera entièrement refait. Des parties seront abandonnées tandis que d'autres seront revues ou créées pour l'album. Ce qui est vraiment très intéressant, c'est de pouvoir se plonger dans la méthode de travail de Hergé. Par exemple, il mettait souvent Edgar P Jacobs à contribution pour croquer une posture ou une position.
Alors voilà, entre un Hergé qui se laisse aller à exprimer des idées antisémites, racistes, anti-bolchéviques, qui aurait collaboré avec les nazis[1] en travaillant pour le journal volé[2] et Tintin qui a tant fait voyager les jeunes et leur à fait découvrir l'Amérique du Sud comme le Tibet, les fonds sous-marins comme les cirques lunaires, qui a rencontré le Yéti et tant d'autres personnages, entre ce dessinateur qui est un homme avec ses faiblesses et ses parts d'ombre et les Dupondt, Tournesol, Haddock, la Castafioire et Séraphin Lampion, Rastapopoulos et Nestor, le bilan est, à mon avis, positif. Aujourd'hui, je ne saurais dire combien d'années après ma première rencontre avec Tintin, je prends toujours un vrai plaisir à lire certains albums.
On m'a communiqué alors que je suis en train d'écrire ce billet[3] un lien vers le site de France Culture qui permet d'écouter une série d'émissions consacrées à Hergé et Tintin.
jeudi 18 septembre 2014
L'attraction glacée de Groléjac
Authentique ! Cette Traction Avant de 1956 était dans la caravane du Tour de France 1958. Il paraît même qu'il existerait une photo d'époque qui montre Yvette Horner dans cette automobile. Légende ? Peu importe, l'histoire est belle.
Cette Traction est dans son jus. Elle a été remisée durant près de cinquante ans et, un jour, un ami du propriétaire actuel l'appelle pour lui dire qu'il est en train de nettoyer un garage et que, dans ce garage, il y a une voiture ancienne. On demande à voir une photo, c'était un vendredi soir. La photo est envoyée et c'est le départ immédiat pour aller voir l'auto et l'acquérir. Le genre d'histoire qui n'arrive jamais, que les collectionneurs se racontent, le soir, au coin du feu, pour se faire du mal. C'est la voiture du pépé poussée au fond de la grange et oubliée là pendant des décennies, la moto cachée aux Allemands dans un recoin d'une cave, derrière des casiers à bouteilles, le Rembrandt qui a toujours orné le dessus de cheminée de la grand tante et que l'on fait expertiser.
Cette Traction, il a été décidé qu'elle ne serait pas restaurée. Elle est dans l'état dans lequel elle est et il n'en sera pas autrement. C'est heureux. On aurait pu la repeindre, reproduire les publicités d'époque et les inscriptions diverses. Par exemple, sur chacune des ailes est écrit le mot "glace" en anglais, allemand, espagnol et italien. Elle n'aurait pas eu cet aspect authentique qui fait toute sa force.
Récemment, je vous parlais d'eskimo. Il n'y a pas de hasard, dans la vie.
mercredi 17 septembre 2014
Les Renault de Groléjac
Aujourd'hui, je me concentre sur les Renault présentes au rassemblement de Groléjac.
mardi 16 septembre 2014
Bruits de Groléjac
J'ai tenté de faire une vidéo. Je n'y connais rien, je ne suis pas particulièrement doué, mais j'ai essayé de faire un montage amusant et bruyant.
lundi 15 septembre 2014
Groléjac 2014, un bon cru
Pour la troisième édition du rassemblement de véhicules anciens de Groléjac, les organisateurs ont pu se réjouir d'un nombre conséquent de visiteurs et d'exposants. Le soleil était au rendez-vous et tout concordait pour faire de cet événement une belle réussite.
A quoi ça tient ? Il y a des rassemblements de véhicules anciens qui naissent et qui, année après année, vivotent doucement, présentant peu ou prou à chaque nouvelle édition les mêmes véhicules. Et puis, il y a ceux qui, allez savoir pourquoi et comment, parviennent à attirer de plus en plus de nouveaux véhicules et qui, on l'espère, sont en passe de devenir à brève échéance un incontournable.
Le mérite revient sans aucun doute possible à l'équipe organisatrice mais il y a peut-être le cadre, aussi, qui incite les collectionneurs à faire le déplacement. Là, à Groléjac, en plein Périgord Noir, à quelques encablures du Quercy voisin, on a su appâter les amoureux des véhicules anciens et ils ont répondu présent avec empressement.
Le rassemblement peut se diviser en trois ou quatre parties. Il y a l'exposition accompagnée de démonstrations pétaradantes et de reconstitution de battage à l'ancienne du machinisme agricole ancien. De vieux tracteurs, des moteurs fixes, aussi. Il y a l'exposition, bien plus importante, de voitures anciens. Elle s'étire le long de la berge du lac et sait faire la place aussi bien aux populaires des années 50, 60 ou même 70 et 80 qu'au voitures plus prestigieuses. En plus de cela, il y a une bourse d'échange de pièces détachées et une large place faite au vide greniers et aux stands de restauration. En marge, plus timide, beaucoup trop timide à mon goût, un espace est réservé à la moto ancienne.
Pour commencer la présentation de cette édition, je vous propose une sélection d'automobiles anciennes et de l'unique poids-lourd présent, un Citroën P55. Demain, je vous montrerai d'autres images.
dimanche 14 septembre 2014
Eskimo (1979)
Il n'est pas si certain que l'on parvienne un jour à faire le tour des Residents et de ce qu'ils apportent et ont apporté aux mondes de l'art, de la musique et de la culture.
C'est dans l'immensité de la nuit polaire, interminable et glacée, que les Residents nous entraînent au long de leur opéra inuit dévoilé aux oreilles de quelques heureux et rares connaisseurs intransigeants sur la question de ce qui doit entrer dans les oreilles en cette dernière année des seventies. Album curieux, étonnant, à nul autre pareil. Un album des Residents, groupe protéiforme et mystérieux s'il en est. Pour ainsi dire, on ne sait rien des Residents et c'est très bien ainsi. Du moins, on en sait relativement peu. On sait à peu près lorsqu'ils sont apparus. Ce n'est déjà pas si mal. Ni rock ni rien d'aucun style, les Residents sont un OMNI, un Objet Musical Non Identifié. On peut noter plusieurs périodes. Celle où ils sont particulièrement attirés par les monstres (Freak Show), celle où ils semblent s'intéresser aux taupes (Mole Show) et d'autres que je vous laisse découvrir par vous même. Je ne vais pas faire tout le boulot surtout que vu ce que je suis payé, hein, bon.
Les Residents, on aime ou pas. C'est affaire de goût. On ne peut pas y rester insensible. On peut rejeter complètement ou devenir adepte inconditionnel. En quarante ans de parasitage de l'industrie du disque, ils en ont fait, des disques. Et pas qu'un peu. Mes préférés restent "Third Reich n' Roll", "Duck Stab" et "Eskimo". Maintenant, je ne connais pas tout non plus. Pour les plus récents que j'ai pu écouter, je suis moins sous le charme, je le reconnais.
Aujourd'hui, entre un Zappa et un Coltrane, j'ai écouté "Eskimo". C'est un drôle d'album. Dans une pseudo langue inuit, les Residents prétendent nous expliquer la vie des inuits. C'est un opéra ethnologique imaginaire qu'accompagne le vent du pôle d'un bout à l'autre de l'album, une incursion fantasmagorique aux intonations étranges. En fait, il paraît qu'il s'agit plutôt d'une dénonciation du monde occidental et de la société de consommation.
Mais à l'écoute de ce disque, une question me vient à l'esprit. Est-ce bien de la musique ? Parce que, après tout, il s'agit peut-être plus d'ambiance sonore. Et l'ambiance, elle est là et on ne peut pas en douter un instant. Une ambiance pas vraiment chaleureuse. On dira que les conditions météorologiques supposées du grand nord ne s'y prêtent pas. Et de quoi donc est-il question donc ? Alors, c'est la vie des inuits. De la naissance d'un nouveau né avec la possibilité qu'il soit sacrifié rapidement (on ne garde pas toutes les petites filles, faut pouvoir les nourrir) à la fin programmée d'un vieux devenu inutile (on le laisse quelque par sur la banquise et basta). Enfin je dis ça sans trop savoir ce que je dis, il me faut être honnête avec vous. Toutefois, je pressens qu'il y a quelque chose de cet ordre et je vous conseille de prêter vos esgourdes à l'écoute de cet album mythique.
vendredi 12 septembre 2014
Durable l'est ? C'est de l'ex !
Aujourd'hui, vendredi 12 septembre 2014, après cinq années d'arrêt, la MZ a redémarré.
Ça n'a pas été une mince affaire et il reste du travail à faire pour qu'elle puisse rouler. Le pneu avant est crevé, il faut trouver une batterie, le carburateur fuit, mais elle démarre.
Je suis un peu content tout de même.
jeudi 11 septembre 2014
Écoutez-moi ça !
Une vraie découverte ! Du punk rock qui déménage, qui gratouille, qui titille, qui frétille, qui met en joie. Autoproduit, le premier album des Watching Pumpkin débarque dans les bacs avec ses guitares saturées, sa ligne de basse sauvage, sa batterie foudroyante et la voix rageuse du chanteur et leader du groupe, Blind Mute Monkey. En douze titres tous plus énervés les uns que les autres, vous vous détruisez les tympans à coup sûr. A ne rater sous aucun prétexte !
mercredi 10 septembre 2014
Terre Nourricière
lundi 8 septembre 2014
La Baie Sanglante
"C'est de la bouillie, tout ça ! C'était pas mauvais, c'était très mauvais, voilà !". Dans La Grande Vadrouille, le personnage de Stanislas Lefort, chef d'orchestre, interprété par Louis de Funès dit tout ce qu'il y a à dire du film dont je vais vous entretenir aujourd'hui. Parce que je n'ai pas le talent de Georges et André Tabet, les dialoguistes de cet excellent film de Gérard Oury, je me serais sans doute contenté d'un vibrant : "C'est de la merde".
Faut-il avoir de la purée de navet dans la boîte crânienne pour trouver quelque intérêt au giallo ? Le giallo c'est un genre cinématographique purement italien que l'on dit se trouver quelque part entre les genres policier, érotique et fantastique voire épouvante. Les deux principaux représentants du genre sont Dario Argento et Mario Bava. "Reazione a catena" sous son titre original, "La baie sanglante" pour son titre français, est un film de ce genre et il est réalisé par Mario Bava.
Pour moi, pour ce que j'en ai vu, ce genre cinématographique est l'un des plus mauvais qui soit. Je le déteste vraiment. D'une manière générale, je n'ai pas une grande fascination pour le cinéma italien et j'avoue même ne pas particulièrement aimer le cinéma de Fellini ou du moins son œuvre dans son entier. Mais là, le giallo, pour moi, c'est presque la représentation de ce que l'on peut faire de pire en matière de cinéma. Ceci étant dit, passons à la critique de ce film que j'ai regardé hier soir.
Pour dire que ça commence mal, nous voyons une vieille dame en fauteuil roulant se faire assassiner. Un étranger, un personnage caché du spectateur, lui passe une corde autour du cou et envoie le fauteuil à l'autre bout de la pièce. La vieille dame bascule en avant et meurt en grimaçant beaucoup et en prenant son temps. Elle a les doigts qui touchent presque le sol. Gros plan sur le fauteuil roulant renversé et sur une roue qui tourne en laissant échapper le bruit entêtant d'une roue libre de vélo. Attardons-nous sur ce début qui m'a déjà donné l'envie d'arrêter là la supplice supposé.
Alors voilà. En quelques minutes, le pire est déjà là. La réalisation est mauvaise, le jeu d'acteur de la vieille dame est déplorable, le montage est immonde, la musique plus que détestable. Le scénario, lui, est tellement risible qu'il en est pathétique. Nous avons donc une vieille dame qui, visiblement, n'a plus l'usage de ses jambes puisqu'elle se déplace en fauteuil roulant. On veut nous faire croire que l'on pourra donner à penser qu'elle se sera suicidée. Le problème est qu'elle se pend. Si, effectivement, elle est pendue bas et que, comme je l'ai dit, les doigts frôlent le plancher, la corde, elle, est bien fixée tout en haut de la pièce au plafond bien haut. Comment cette brave dame est-elle allée placer la corde là-haut ? Mystère. Autre mystère qui n'a pas manqué de m'interpeler quelque peu, plus loin dans le film nous retrouvons cette brave dame toujours pendue à son nœud coulant. Non seulement le corps bouge-t-il encore comme si la corde n'avait pas terminé de se tendre mais les doigts de la pauvre pendue sont-ils désormais à bonne hauteur par rapport au sol. Mystère, mystère !
On veut nous faire croire que l'on pourra croire à un suicide. La dame passe la corde à son cou et se fait basculer en avant de son fauteuil roulant. Le fauteuil roulant part en arrière, se renverse et on s'attarde pesamment sur une des roues qui tourne. Si l'on passe sur la durée de cette scène bien trop longue, on ne peut que pouffer de rire à l'écoute du bruit qui accompagne cette roue qui tourne. C'est du beau foutage de gueule, reconnaissons-le. Une roue de fauteuil roulant n'est pas une roue de vélo. Il n'y a pas de roue libre, pas de dérailleur, rien qui fasse un bruit quelconque. Il y a une roue avec un moyeu qui tourne autour d'un axe. Catastrophique.
Les effets de mise en scène sont pitoyables. On comprend que l'opérateur a saisi l'utilité de la bague de mise au point de l'objectif et du profit qu'il en peut tirer. Il n'arrête pas de jouer avec ça. Un coup c'est net, je tourne, c'est flou ! C'est vachement chouette. Et je peux le faire dans l'autre sens ! C'est flou ? Attendez un peu. Je tourne, ça devient net ! C'est beau, la technique. Le pire, c'est tout de même qu'il y ait des personnes que ça ne fait pas vomir, ce genre de cinéma.
Il y a des "acteurs". Des mâles et des femelles. Parce qu'ils ne semblent pas vraiment dirigés, ils font n'importe quoi n'importe comment. Une fois monté dans sa version finale, prêt à partir à la conquête du public et des récompenses de toutes sortes, le film dure 84 minutes. Ce n'est pas très long. Bien trop long pour le spectateur, d'accord, mais pas très long pour un film de cinéma, dans l'absolu. 84 minutes de supplice. On comprend vite que le coupable, Mario Bava, a eu un problème avec son scénario. Si, au moment de l'écriture, il s'était arrêté à raconter l'histoire, il aurait tout au plus donné naissance à un mauvais petit court métrage. Il voulait un long métrage et il a délayé le peu d'idées qui lui traversaient l'esprit. Il fait durer les plans, il en ajoute qui n'ont aucun intérêt. Un groupe de jeunes apparaissent dans le film. Deux jeunes hommes, deux jeunes femmes. Ils roulent dans un buggy, ils s'amusent follement. Les filles sont debout dans l'automobile découverte et arrachent des branches de mimosa en roulant. Ils arrivent à cette baie qui se révèle sanglante. Ils ne le savent pas, les pauvres !
Alors, comme ils sont jeunes et inconscients, il rient, ils jouent à se séduire, ils voient une sorte de boîte de nuit abandonnée et, comme ils ont un magnétophone à cassettes avec eux, ils y vont et dansent sur la piste de danse délabrée. Ils s'éclatent vraiment ! Là, Mario Bava a dû demander à ses acteurs de se laisser aller et de s'amuser sans retenue. La caméra tourne et tourne et tourne encore. La pellicule ne devait pas être chère. Sur une musique pourrie, les acteurs font ce qu'ils peuvent mais ils peuvent peu. Les filles tentent des postures lascives et excitantes mais je présume que le spectateur (mâle parce que ce genre cinématographique semble plus s'adresser aux hommes) doit bailler comme je l'ai fait. On s'ennuie ferme.
Là, allez savoir pourquoi, on quitte la boîte de nuit abandonnée pour aller à l'assaut d'une villa proche dans laquelle on entre par effraction. Je vous ai dit qu'il y a deux filles et deux garçons. Le scénariste a eu une drôle d'idée qui vaut ce qu'elle vaut. Je n'ai pas bien compris ce qu'il cherche à nous faire comprendre, à vrai dire. Donc, nos quatre jeunes partent vers la villa et l'une des deux filles explique qu'elle préfère aller se baigner plutôt que d'entrer dans la maison. Alors, nous avons un garçon qui semble avoir bien avancé dans ses travaux d'approches avec l'une des filles et l'autre garçon qui se retrouve un peu comme un con pas dégourdi. Plutôt que d'aller frétiller du gardon dans les eaux sales de la baie avec la jolie fille, non, il préfère suivre le couple qui semble pressé de copuler hardiment. Il va jusqu'à, pour s'occuper, faire une petite flambée dans la cheminée. Ben tiens ! Un petit feu en plein été, il n'y a rien de mieux. Ceci dit, il semble tout de même s'emmerder ferme, le jeune pas dégourdi à la chevelure incroyable. Il faudrait pouvoir porter plainte contre les coiffeurs blagueurs.
Pour le moment, alors que j'en baille à me décrocher la mâchoire et que je lance des coups d'œil désespérés à l'horloge pour savoir quand le supplice se terminera enfin, il ne s'est pas passé grand chose d'intéressant dans ce film. Je vous passe les scènes les plus palpitantes comme celle où l'on a l'un des personnages importants (en quoi au juste) s'amuse avec les pieuvres qu'il est censé avoir pêché dans la baie. Je suppose que le réalisateur s'est dit que les pieuvres allaient apporter un peu de malaise chez le spectateur. Il doit y avoir du symbolique.
Il y a le mari de la vieille dame, aussi, qui a été assassiné. J'avais oublié de vous le dire. On le retrouve dans l'eau de la baie. C'est la demoiselle qui se baigne qui retrouve le corps. Alors, elle crie un peu. De peur et de surprise. Et c'est tellement crédible, comme terreur, que l'on en baille encore un coup. Des mauvais acteurs à ce point, à mon avis, ça mérite les félicitations du jury. Comme la direction d'acteurs a été oubliée dans l'organigramme de la production de ce produit cinématographique, je me suis demandé si elle n'avait pas été donnée aux pieuvres dont je vous parlais. Ça pourrait expliquer un peu. Pas excuser mais juste expliquer. C'est mauvais comme tout !
L'histoire, j'ai du mal à la raconter. Elle ne tient pas debout. Disons qu'il s'agit de plusieurs personnes différentes qui cherchent à prendre possession des propriétés de la vieille dame (qui est une comtesse, j'avais oublié de le spécifier). Alors, on tue la comtesse et on hérite. Du moins pour les personnes de la famille. Pour les autres, c'est plus compliqué. On tue tout le monde et on rachète à bas prix à un héritier caché, enfant illégitime de la comtesse. Comme par hasard, cet enfant c'est le pêcheur de pieuvres qui vit pauvrement dans une méchante baraque en bois vermoulue et bien humble. S'il reste seul héritier, il revend pour pas grand chose toute la propriété à un couple désireux de devenir propriétaire de la baie et de la boîte de nuit et de la station service. Fichtre ! C'est que là, on se dit qu'il a fallu beaucoup de drogue pour écrire une histoire pareille ! Ça ne tient absolument pas la route.
Dans le cahier des charges du genre giallo, il faut que, en plus des aspects horrifique et policier, il y ait place pour l'érotisme voire le pornographique. Dans ce film, nous avons une scène croquignolesque à souhait. Le couple de jeunes gens est en train de baiser dans la chambre de la villa. Position du missionnaire tout ce qu'il y a de plus officiel. Lui dessus, elle dessous qui ahane. Bon. Et là, paf, une lance fait son apparition dans le champ de la caméra. Mais que va-t-il donc se passer ? Le suspense est à son comble ! Et oui, au moment même où les jeunes dépravés atteignent l'orgasme, ils se font embrocher d'un coup d'un seul dans un beau concert de "ha !" et de "ho !" extatiques. C'est beau !
Comme on se fout de l'histoire et que l'on est bien incapable de la comprendre, on balance des personnages. Il y a ce couple qui apparaît à l'improviste. Il est à côté d'une caravane dans laquelle se trouvent deux enfants. Ils ont une voiture, une Mercédès. On comprend un peu que la femme est l'héritière officielle de la comtesse et qu'elle veut se débarrasser de son demi-frère ou quelque chose du genre. Il y a les enfants, justement, qui auront un rôle important à la fin du film. Ce qui est fantastique, dans tout ce fatras indigeste, c'est de voir à quel point on peut faire du mauvais cinéma. Les acteurs sont mauvais, le réalisateur est mauvais, le scénariste est mauvais. Tout est mauvais. Ce n'est même pas de la série B ou de la série Z. Ça ne devrait pas, ça n'aurait pas dû, exister.
Ce que je ne parviendrais jamais à comprendre, c'est qu'il puisse y avoir des amateurs pour ce genre de cinéma. J'admets les mauvais films d'horreur au scénario simpliste. Je veux bien les comédies indigentes à l'humour lourd. Je comprends les petites productions qui n'ont pas les moyens de faire bien mais je n'admets pas que l'on puisse crier au génie pour un genre cinématographique si catastrophique. Il faudrait que l'on m'explique ce qu'il y a d'intéressant dans le "giallo". C'était subversif ? C'est ça ? Je préfère, pour dire un film à petit budget, revoir "la nuit des morts vivants" de Romero. Là, oui, excusez-moi, mais c'est autre chose.
dimanche 7 septembre 2014
Trou d'aiguille sans chas
Aujourd'hui, je vous propose une image photographique un peu spéciale. J'avais un boîtier numérique et une feuille d'aluminium alimentaire. Une feuille qui avait déjà été utilisée, froissée, pas belle du tout. J'ai placé la feuille d'aluminium sur le boîtier placé sur un pied, j'ai fait un trou le plus petit possible à peu près au centre de la monture d'objectif, je me suis mis à 1600 ISO et ai estimé la durée d'exposition totalement au pif. Je n'ai rien cadré de spécial. Voilà ce que cela donne. Sans doute l'un des "objectifs" les moins chers du monde.
mercredi 3 septembre 2014
Moto rouge et musicale
Ce matin, j'ai commis deux dessins. Pour les réaliser, comme je le fais parfois, pour me couper du monde extérieur, du monde réel, j'ai mis de la musique et j'ai réglé le volume à un niveau assez conséquent.
Deux dessins. Le premier, c'est une commande. Je vous le présenterai demain. Hier, j'avais fait un crayonné rapide pour la validation et ce matin, après le litre de café bien fort, j'ai dessiné au crayon avant d'encrer au pinceau et à l'encre de chine. Pour ce dessin, j'ai écouté deux albums de Kraftwerk, Radio Activity et Autobahn. Cela ne nous rajeunit pas. Les deux albums ont pratiquement quarante ans. Je ne sais pas ce qui a guidé mon choix. Mon dessin n'était pas spécialement à la gloire du parti nazional zocialiste. Enfin passons.
J'ai eu l'idée d'un deuxième dessin et je suppose que le choix musical du premier dessin n'a pas été étranger à cette idée de dessin. Pour commencer, j'ai mis la bande originale du meilleur de tous les films du monde de tous les temps dans l'univers et au delà. Vous aurez bien entendu compris qu'il s'agissait de la bande originale de "Il était une fois dans l'ouest"[1] de Sergio Leone. Là encore je ne sais pas pourquoi j'ai mis ce disque dans la platine CD. J'ai un peu l'impression que le hasard y est pour beaucoup.
Le tournant, ça a été lorsque j'ai mis "Dernières balises (avant mutation)" de Hubert-Félix Thiéfaine. Pour le coup, j'ai encore monté le volume. Je ne sais pas vraiment ce qui me plaît tant chez Hubert-Félix Thiéfaine. C'est un mélange de diverses choses mais il y a très certainement le côté dépressif qui joue un grand rôle. Chez Hubert-Félix Thiéfaine, il est très souvent question de drogue, de misère, de suicide. Et moi, je ne sais pas pourquoi, j'aime ça. Ça me file une pêche incroyable, ses chansons violentes, poétiques, cruelles et désespérées.
Il se trouve que j'ai décidé de passer tous les albums de Thiéfaine à ma disposition, de me faire une sorte de cure. Mon intérêt pour l'œuvre du chanteur jurassien ne date pas d'hier. Il a accompagné mon adolescence et ma (un peu) tumultueuse jeunesse. On a parfois accusé Thiéfaine de faire dans l'apologie de la drogue et des paradis artificiels. Je ne suis pas d'accord ou pas tout à fait. S'il est vrai que dans "la fille du coupeur de joint" l'usage des stupéfiants revêt un aspect primesautier et que l'on peut se dire que, finalement, si c'est ça la drogue, ça vaut peut-être le coup d'essayer, il ne faut pas écarter toutes les autres chansons dans lesquelles la drogue (et plutôt les drogues dites dures) ne sont pas présentées comme un simple parcours de santé jonché de petites fleurs des champs. Il met en garde, Thiéfaine. Il dit bien la déchéance, les squats, la mort et la dépression. Mais putain ! Qu'est-ce que c'est beau ! Le problème est là. Pour les personnes qui aiment le triste, pour les romantiques, il y a comme un appel à la destruction, à l'autolyse, à l'abandon. Lorsque Thiéfaine se laisse aller à la mélancolie (et il le fait souvent) je suis sous le charme. Je rajeunis de facile trente ans.
Dangereux pour la jeunesse ? Possible. J'ai passé l'âge. Dorénavant, ça ne me concerne plus. Je ne crèverai jamais jeune. "Vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre", a dit James Dean. Trop pleutre ou trop plein d'instinct de survie, je ne me suis jamais trop approché des drogues dures et me contente désormais de cultiver le cancer du fumeur[2].
Thiéfaine, c'est tout un tas de souvenirs qui s'échappent de mon cerveau et remontent à la surface en laissant un goût de mélancolie et de nostalgie. Ce sont des filles que j'ai follement aimées, une époque d'expériences diverses et de douce insouciance. Tout ça, c'est loin, c'est du temps d'avant que je devienne ce bon con de bourgeois que je suis devenu. Et merde, tiens !
Et voilà que ces disques de Thiéfaine me font tâter du doigt ce que j'aurais voulu être, ce que j'aurais voulu devenir. Moi, le truc, c'est la liberté. Une liberté libertaire, l'anarchie. J'aurais voulu vivre dans un monde où l'on aurait au le droit et le devoir de vivre sans contraintes, en faisant ce que l'on veut faire quand on en aurait eu envie. Un monde qui n'aurait pas été dirigé par le fric et les flics de toutes espèces.
Hier, j'ai fait une sorte de petit travail d'introspection sur moi en personne et je me suis demandé si, au fond et malgré mes dénégations fatigantes, je n'étais pas finalement un putain d'artiste de merde. Après tout ? Hein ?
J'ai toujours plus ou moins refusé ce statut pour plein de raisons à mon avis valables mais dans le fond, je finis par me demander si je ne ferais pas mieux d'accepter d'endosser ce costume qui en vaut bien un autre. Comme je l'ai déjà expliqué, à mon avis est artiste qui veut. Seul l'artiste peut se dire artiste. Du moins de son vivant. Pour moi, ça ne changerait rien. Sauf que, bon, ça me permettrait de me donner une sorte de statut social. Lorsque l'on me demande ce que je fais, la première chose qui me vient à l'esprit, c'est de dire que je dessine, que je fais du dessin humoristique. La question de la qualité de ma production n'a aucune importance. Ce qui reste, c'est que je dessine. Et ça, c'est une vérité. Je dessine mes trucs issus de mon univers construit de bric et de broc, de chansons de Thiéfaine, de chansons des Sex Pistols, d'un imaginaire fait des films de Terry Gilliam et de Sergio Leone, des bouquins de Cavanna et de Arto Paasilinna, des BD de Goscinny-Uderzo ou de Margerin, de Boucq ou de Ptiluc. Un imaginaire plein de motos et de voitures loufoques, un imaginaire rempli du capharnaüm qui est dans ma maison comme dans ma tête. Un bordel immense avec de l'humour parce qu'il vaut mieux en rire qu'en pleurer, finalement.
Alors, aujourd'hui, mercredi 3 septembre 2014, lendemain du mardi 2 septembre de la même année, lequel mardi j'ai oublié de sortir ma poubelle, au risque assumé que l'on se foute de ma gueule ou que l'on critique ma décision, je l'affirme haut et fort : je suis un artiste. Un dessinateur humoristique foutraque, anarchiste, bordélique, inconstant et artiste. Et ça sera comme ça jusqu'à ce que je change d'avis sur la question.
Je termine ce billet sur "le Chant du fou" de l'album "... tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir..." de Hubert-Félix Thiéfaine, je vais me faire du café, numériser le dessin de moto rouge et musicale et ce sera tout pour aujourd'hui.
lundi 1 septembre 2014
Vieilles bielles à la Chapelle-Gonaguet
Et donc, il s'est trouvé que je suis passé par la Chapelle-Gonaguet pour faire des photographies de motocyclettes anciennes. Les sympathiques collectionneurs étaient pressés de ranger leurs machines sur les remorques ou dans les fourgons pour pouvoir aller se restaurer après la balade. Aussi, j'ai raté plusieurs motos.
C'est un peu par hasard que j'ai eu vent de ce rassemblement de motocyclettes anciennes. J'ai été averti par un collectionneur alors que nous parlions de tout autre chose. Hier matin, je me suis levé tôt pour aller faire mes images avant le départ pour la promenade. Le problème, c'est qu'une fois arrivé à la Chapelle-Gonaguet, j'ai été infoutu de trouver l'endroit où se trouvaient les motos. J'ai alors pensé que je m'étais trompé de date ou de lieu ou bien, encore, pourquoi pas, que le rassemblement avait été annulé.
La queue basse et les oreilles pendantes, je suis rentré chez moi sans m'empêcher de prendre les chemins détournés. Un peu avant midi, pourtant, je repartais pour la Chapelle-Gonaguet. J'ai fini par trouver le lieu de la manifestation mais bon, il n'y avait pas une seule moto. J'ai attendu, les motos sont arrivées. La lumière était mauvaise, les participants avaient plus à cœur de ranger leurs machines que de se prêter au jeu que je leur proposais. Je vous ai tout de même ramené quelques images.
Et demain, d'autres photos !