juin 2013 (29)

dimanche 30 juin 2013

Racines bleues

Les experts se perdent en conjectures vaseuses. Apparemment, le blues serait né quelque part dans le sud des Etats-Unis d'Amérique, du côté des champs de coton, dans la communauté des esclaves noirs. Il aurait pour origine ce que l'on appelle les "work songs", les chants de travail. Le blues est un courant musical majeur malgré sa relative pauvreté technique et harmonique. Depuis quelques années, des groupes de blues tentent de revenir aux sources du blues avec le courant "roots".

Le problème du blues, c'est qu'il n'y a rien qui ressemble plus à un blues qu'un autre blues. Le blues est mort une première fois au tournant des années 50, tué par le rock n'roll. Le rock n'roll est né noir mais est vite devenu une affaire de blancs. Il a fallu attendre que le vieux continent, Angleterre et Allemagne principalement, s'intéresse aux vieux enregistrements de musique Blues pour que cette musique renaisse de ses cendres. Le problème est que cette musique a été reprise par des musiciens qui ont voulu mettre de la virtuosité là où il fallait des tripes. Le blues n'a pas besoin d'être bien joué, d'être joué juste. Les meilleurs blues sont les plus anciens. Ceux qui sont enregistrés sur rouleaux ou sur disques de cire, qui craquent, qui sont accompagnés d'une guitare approximative et d'un harmonica en bout de course.
Le blues est une musique de pauvre, une musique triste, une musique de douleur. Il n'y a pas de bon blues joyeux. Ça parle de la condition des esclaves, des travailleurs pauvres, des durs travaux des champs ou bien des voyages sur les boggies des trains.
Depuis quelque temps, on tente de faire renaître l'esprit du blues original. C'est très nettement artificiel. On cherche à faire sale alors que le blues n'est pas sale. Si les enregistrements qui nous sont arrivés le semblent être, ce n'est pas à mettre au compte d'une volonté. Je parie que si l'on avait pu enregistrer les bluesmen dans les conditions d'aujourd'hui on aurait une autre idée de ce qu'est le blues.
Bref. Les Rod on the Road font un blues roots. Que dire de leur musique ? Elle est exactement là où on attend qu'elle soit. C'est du blues. Indéniablement. On regrette que cela soit si inspiré des blues premiers. Trop inspiré. Presque du copié-collé. Les influences sont comprises et restituées de belle manière, c'est sûr. On prend plaisir à écouter cet album mais cette écoute donne surtout envie d'écouter des vrais vieux blues.

roots-rolling-blues.jpg

samedi 29 juin 2013

Fête des rois

Traditionnellement, la fête des rois est liée à l'épiphanie, fête chrétienne qui fut la plus importante de toutes et qui célèbre l'arrivée des rois mages. Elle est connue principalement par la tradition de la galette des rois ou du gâteau des rois qui contient une fève qui désignera celui ou celle qui l'aura trouvée comme roi d'un moment. Et bien moi, j'ai trouvé la fève et je suis donc roi de la journée.

Fête des rois, j'ai eu la fève

vendredi 28 juin 2013

Fin de route

Les casses automobiles qui ont conservé des épaves vieilles de plus de 40 ans ne sont pas si courantes. Hier, j'ai pu visiter l'une d'elles. J'en ai ramené quelques images.

403 Peugept

HY Citroën

citroën HY

Peugeot D3A

Simca 9

Simca 9

Renault AHN

mercredi 26 juin 2013

Attitude inexcusable

Je ne vais pas plus implorer votre pardon que battre ma coulpe ou faire mon "mea culpa". Aujourd'hui, je me sens dans la peau d'un Jérôme Cahuzac. Inexcusable.

Je suis dans une drôle de position. Contrairement à l'habitude, j'ai plein de projets à réaliser. Pour le blog, par exemple. Des idées de dessins, des idées de pensées profondes à vous communiquer, des idées de photos à aller faire. Et malgré tout cela, il n'y a rien de rien de commencé sérieusement. J'ai tout imaginé, j'ai fait des croquis, j'ai noté des bribes d'idées, j'ai repéré des lieux mais rien de concret à l'arrivée.
Aujourd'hui, au boulot, j'ai fini de déménager. Une fois de plus. Peu à peu, je promène mes affaires de bureau en bureau et je vais bien finir par en avoir fait le tour, de cette entreprise. Une fois que j'aurai posé mon cul partout, que me restera-t-il à faire ? A démissionner, pardi ! C'est que je reste persuadé que ce serait la meilleure des choses à faire.
Je ne me plains pas de ma situation. Elle est presque enviable. Je n'ai vraiment pas à me plaindre et je suis on ne peut plus sincère en disant cela. Ce n'est ni du sarcasme ni de l'ironie. Je gagne presque trop d'argent, j'ai plein de temps libre. On paierait presque pour être dans la même situation.
La seule chose, c'est que je ne m'éclate pas du tout dans cette entreprise. Je m'y fait chier comme vous ne pouvez pas l'imaginer. Il faut être un grand philosophe qui a compris la vanité de la vie et de l'ambition pour supporter cette condition avec flegme et distance. Je suis un très grand philosophe mais peut-être pas encore tout à fait.
Donc, j'ai déménagé. J'ai fait une palette avec les ordinateurs en panne, avec les écrans qui n'intéressent personnes ; j'ai ramassé mes papiers, les CD-ROM et DVD qui traînaient, les câbles, les adaptateurs ; j'ai mis tout ça là où j'ai trouvé de la place et puis j'ai pris le Mac Pro que j'utilise, son clavier, sa souris et son écran. Je suis monté à l'étage où je vais partager un bureau avec quelqu'un. Je la plains, cette personne.
Sinon, demain je vais aller faire du dépannage de micro-tracteur et des photos. Ces photos, j'espère les réussir. Je vais quelque part où il semble y avoir matière à clichés intéressants. Je vous tiendrai au courant.

mardi 25 juin 2013

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (49)

Ping, pong, ping, pong. Le feuilleton ressemble de plus à plus à une partie de ping-pong. C'est Liaan qui livre la suite de ce feuilleton qui n'en peut plus de durer encore et encore. 

Roland Verne s'était installé à Pont-Aven.

Il était vagabond, un Sans Domicile Fixe, un SDF comme on le dit désormais. Roland se souvenait que lorsqu'il était gosse, un SDF, c'était un Scout De France… Comme le SIDA, c'était le Service d'Information Des Assurances… Les sigles existent toujours, mais leur signification change.
Heureusement, Roland Verne avait trouvé l'hébergement avec l'aide de Chantal, avec qui, malgré son penchant pour la dive bouteille, Roland s'était lié d'amitié… Oh ! Amitié, pas plus loin, d'ailleurs, Chantal ne lui faisait pas d'avances, consciente de son état de décrépitude.
Roland avait trouvé du travail grâce à sa cousine Gaëlle : il est jardinier pour la commune de Pont-Aven, et Roland apprécie cet emploi qui le laisse beaucoup à l'extérieur. Roland n'aurait pas aimé rester enfermé dans un bureau.
Roland avait cessé de questionner les habitants du patelin, n'obtenant que du rien du tout. Roland était bien revenu à la galerie tenue par Pierre Aven mais, non seulement le sous-marin en bois exposé avait disparu de la vitrine, Pierre Aven était comme devenu sourd à ses questions sur son enfance et ce petit sous-marin. Roland se disait que Pierre Aven lui jouait une comédie sur des ordres venus d'où je ne sais où...
Roland était revenu dans le petit café de José, et ne parla plus de sous-marin. Seule Chantal continuait à parler de "ces petits bonhommes vus sur la nappe du pique-nique, il y a une trentaine d'années, mais tout le monde s'accordait à dire que la Chantal était un peu fêlée de la cafetière, et que c'était une fille de gendarme, et que cela n'arrangeait pas les choses. Roland s'était mis comme qui dirait "en ménage" avec Chantal, car, pour Roland, c'était un fil, très ténu certes, mais un fil qui le reliait à son aventure dans le Nautilus.

Roland venait de rempoter des œillets d'Inde sur un des parterres de la commune lorsqu'un spectacle curieux lui fit observer la rue principale du bourg : une 4L de la Gendarmerie, gyrophare allumé, poursuit un de ces "pisse-feu" que l'on ne voyait plus guère, une Flandria, ou une Itom, se demande Roland. La rapide apparition du cyclo-sport chassé par une 4L bleue, permet de voir à Roland, qu'il y a une nana à l'arrière de l'auto, et ces gendarmes, Roland les a reconnu : ce sont les Chapraudt ! Le cyclomoteur débridé s'engage à présent dans la direction de la maison de sa cousine Gaëlle...
— Tiens, tiens, pense Roland… Tiens ? J'ai dis tiens ? Tiens, tiens… et la chanson d'Higelin, Fontaine et Areski lui trotte dans la tête...
"Pompiers, pompiers, j'ai des pompiers dans mon zizi !"
Roland va voir son collègue jardinier et lui dit qu'il allait aux toilettes.
— Oh ! Tu pourras rentrer chez toi après : nous avons fini le boulot, on se revoit demain ?
Roland sert la main de son compagnon et se dirige vers la maison de sa cousine Gaëlle.

À la maison de Gaëlle, l'arrivée d'une moto et d'une voiture de gendarmerie fait sensation dans les environs.
Yannick et Gaëlle accueillent comme ils disent leur "Américaine". Dame ! Suzy vit depuis si longtemps dans le Minnesota, chez les z'américains ! Le "boy-friend" Jacques est le bienvenu, comme faisant partie de la famille. Les gendarmes acceptent tout de suite cette occasion de s'humidifier le gosier, après toute cette poussière accumulée sur la route depuis Nantes.
Roland Verne est en vue de la maison de sa cousine Gaëlle, accueilli par l'odeur d'huile de ricin du moteur chaud de la Malag'. La porte d'entrée est ouverte et des éclats de voix joyeuses lui parviennent : il entend parler du Nautilus ! Son cœur bat : Gaëlle et les Chapraudt parlent du sous-marin !
Roland frappe à la porte et Yannick l'interpelle :
— Voilà notre jardinier ! Te v'là débauché à c't'heure ? C'est vrai que l'après-midi est bien avancé...
— Dis moi Roland, tu reconnais Suzy, ta petite cousine qui à tout d'une grande fille, à présent, lui demande sa cousine Gaëlle.
Roland s'incline devant sa petite cousine.
— Tu peux me faire la bise, Roland ! dit Suzy, je ne vais pas te manger !
Roland s'exécute et Suzy lui présente son ami, Jacques.
— C'est vous qui conduisiez la Malaguti, tantôt ? J'ai cru que vous étiez poursuivi par les gendarmes ! dit Roland, et il continue pour demander pourquoi ils rigolaient tous en parlant du sous-marin, le Nautilus ?
C'est Gaëlle qui explique que Suzy allait participer à la réalisation d'un "remake" de "Vingt mille lieux sous les mers" aux "z'états-zunis"… Un sujet qui doit te toucher, Roland ? Toi, le parent le plus direct de Jules Verne, le romancier ?
— Certes oui, cousine Gaëlle, lui répond Roland, je m'intéresse à ce truc...
Yannick ressert les deux gendarmes... Des éponges, pense Roland, la même attitude que dans le Nautilus...
— Tiens, la bouteille est vide ! dit Yannick. Regards désolés des deux gendarmes. Mais il y en a à la cave, continue Yannick, j'vas y aller... Regards réjouis des deux gendarmes.
— J'y vais ! déclare Roland.

Comme cela, j'en aurai le cœur net de cette cave, pense Roland en descendant l'escalier, et il arrive dans cette pièce où se trouvent toujours les deux immenses tonneaux. Dire que derrière se trouve sans doute la solution. Roland avise l'un des foudres, fait jouer le mécanisme d'ouverture, s'avance, et ne peut constater que l'extrémité est murée. Nom de nom, pense Roland. Il prend un tisonnier posé non loin et frappe les parpaings, Cela sonne bien creux, ah, si je pouvais desceller les parpaings !
La voix de Yannick lui coupe le fil de ses pensées :
— Ho ! Roland ? Tu le distilles, le calva ?
Yannick surgit dans la cave et voit Roland sortir du grand tonneau :
— Sacré Roland, continue Yannick, toujours passionné par les souterrains et les passages secrets ? Tu ne changeras pas ! L'accès a été muré comme nous te l'avons dit, et si cela se trouve, c'est tout effondré à l'intérieur ! Allez, montons cette bouteille, les gendarmes sont assoiffés !
Désolé, Roland revient rejoindre les gendarmes, Gaëlle, Suzy et son ami Jacques.

Une Dyane blanche arrive à ce moment dans la cour devant la maison, Roland manque de tomber à la renverse : Alice est au volant !

Subjugué, Roland se précipite vers la voiture, il lui ouvre la portière, et très courtois, il accueille la visiteuse avec :
— Bonjour, Mademoiselle Alice ! Vous avez fait un bon voyage ?
— Bonjour Monsieur que je ne connais pas, comment savez-vous mon prénom ? lui demande Alice. Ah, oui, c'est Yannick ou Gaëlle qui vous ont renseigné. Je suis l'infirmière de la famille, et je viens pour les soins de Yannick.
Gaëlle sur le pas de la porte interpelle l'infirmière :
— Ah ! Voilà notre belle Atlante !
Roland est abasourdi : comment ça ? Gaëlle se souvient qu'Alice est une Atlante.
Gaëlle explique à Suzy et à Jacques que l'infirmière qui s'occupe de son homme se nomme Atlante, Alice Atlante, un curieux nom de famille, non ?
— Et bien, Yannick ? Si c'est comme cela que vous suivez le traitement ? annonce Alice en montrant d'un geste les trois ou quatre bouteilles vides sur la table. Yannick lui répond qu'il n'y touche pas, mais que ces messieurs ont une bonne descente, tout en montrant du menton les deux gendarmes qui regardent ailleurs.
— On s'en boit un dernier, pour la route, dit Chapraud, et on y va.
— Tout à fait, complète Chapraud, un tout petit dernier !
Les deux verres sont sifflés en un rien de temps, donnant l'impression qu'ils n'avaient jamais contenu de calvados. Se levant dans un grand bruit de chaises, les deux gendarmes prennent congé.
Roland Verne s'enhardit :
— Dites moi, Messieurs, vous repassez par le bourg ?
— Ma foi, oui, pourquoi cette question, mon ami ?
— Je profiterais bien de votre 4L, messieurs, sauf votre respect, j'aime beaucoup ces voitures... Qui ne sont plus toutes jeunes d'ailleurs...
Les gendarmes remontent dans leur véhicule, après avoir cérémonieusement invité Roland à s'installer à l'arrière, et installés, la Renault s'élance.
Histoire de parler, Roland dit aux gendarmes :
— C'est une bonne voiture, la Renault 4, étonnant que vous en ayez encore une en service. Je croyais que les brigades de Gendarmerie avaient désormais des Clio ou je ne sais quoi. Votre auto a nettement plus de vingt ans, c'est devenu pratiquement une auto de collection, non ?
— Hon. fut la seule réponse des gendarmes.

La Renault 4L bleue de la Gendarmerie tourna à gauche, dans la direction opposée de Pont-Aven, au grand effroi de Roland Verne.

lundi 24 juin 2013

Que faire des vieux ordinateurs ?

Dans une entreprise, au fil des ans, on commence à accumuler des vieilleries informatiques. Il y a un moment où l'on sait que l'on ne les utilisera jamais plus. Se pose alors la question de savoir comment s'en séparer.

Au moment où j'entreprends de rédiger le billet de ce jour, je n'ai aucune idée de ce que je pourrais vous raconter. La tentation est grande de ne pas aller plus loin.
Ce matin, je me suis réveillé à deux heures et trente cinq minutes. C'était bien trop tôt pour se lever. Je me suis retourné dans le lit, j'ai fermé les yeux et j'ai cherché le sommeil. A trois heures et quelques minutes, je devais constater que je n'étais pas arrivé à me rendormir. Je me suis levé, je suis allé boire un verre d'eau et je ne savais pas quoi faire. J'ai démarré l'ordinateur, j'ai allumé la radio et j'ai attendu que la fatigue arrive bien forte. Vers quatre heures, je me suis dit que je pouvais retourner me coucher. Je ne sais pas à quelle heure le sommeil est revenu mais à six heures, le radio-réveil m'a réveillé en plein rêve. Je n'aime pas du tout être réveillé durant un rêve. Encore moins lorsqu'il s'agit d'un rêve marquant. C'en était un.
J'ai gardé ce rêve en tête une bonne partie de la matinée. Heureusement, quelques soucis d'ordinateurs sont venus balayer tout ça. Le reste de la journée a été calme et ennuyeux au possible. En rangeant mon bazar, je suis tombé sur un vieux PC. J'ai voulu vérifier qu'il fonctionnait encore. Quelle surprise lorsque j'ai constaté qu'il tournait sous Windows 98 ! Il y avait bien longtemps que je n'avais pas vu ça. Je me suis amusé quelques minutes et je l'ai éteint. Que peut-on faire d'une machine pareille vieille d'une douzaine d'années ? Elle fonctionne mais je doute qu'elle est la moindre valeur marchande. Je suppose même que personne ne la voudrait gratuitement.
J'en étais là de mes réflexions lorsque je me suis amusé à faire le tour du matériel obsolète. J'ai trouvé quelques écrans Iiyama, des 22 pouces, un 19 pouces, tous fonctionnels. Ça valait son pesant de cacahuètes, à l'époque. Aujourd'hui, ils ne partiraient pas à 10 euros, je suis sûr. Mais comment se débarrasser de tout ça ? Amener le tout à la déchéterie la plus proche m'ennuie un peu. C'est tout de même du matériel qui fonctionne, que diable ! Il y a aussi quelques vieux Macintosh. Des G4/400 pour la plupart. Ils doivent fonctionner, je ne les ai pas essayés. Ça, ça ne peut décemment pas partir à la déchéterie ! Non. C'est impossible. J'ai eu l'idée parfaitement idiote de proposer un rachat. Mais j'ai balayé cette idée crétine. J'ai fait le serment d'arrêter d'accueillir les vieux ordinateurs. J'ai déjà trois G4 de ce type.
En fait, je fais du tri parce que l'on ne va pas tarder à me déloger une fois de plus du bureau que j'occupe. C'est un jeu comme un autre. Je ne sais pas où je vais échouer. Remarquez, je ne suis là que deux jours et demi. Je me moque un peu d'être mis là ou ailleurs. L'idéal, ce serait que l'on me trouve une place loin du boulot. Chez moi par exemple.

Mais la question est de se séparer de ces ordinateurs, écrans, imprimantes et autres bricoles. L'idéal, ce serait qu'il y ait une association qui récupère tout ça et qu'elle en fasse quelque chose. Je suis certain qu'il y a des personnes qui seraient contentes d'avoir un ordinateur même dépassé techniquement. Il y a alors la question du nettoyage de ces machines. Je suppose qu'il serait idiot de laisser des données sur les disques durs. Deux solutions. Installer un nouveau système après un bon formatage ou retirer les disques durs et les détruire. L'installation d'un système peut s'avérer long et délicat. Dans le cas de ces vieilles machines équipées d'un Windows 98, il faudrait soit réinstaller ce système (et donc retrouver les CD d'installation) soit trouver une distribution Linux un peu vieille qui accepte de s'installer. Ça m'étonnerait que l'on soit d'accord de me payer pour ça.
Pour les Macintosh, l'installation du système ne pose pas de problème majeur tant que l'on reste dans une version du système dont on détient une licence d'utilisation. Mais en fait, il n'y a pas eu d'activation du système jusqu'à une date assez récente chez Apple. Je vais réfléchir à tout ça.

dimanche 23 juin 2013

La bédé, c'est pas facile

Hier, au réveil, j'ai eu un semblant d'idée de petit scénario pour une petite histoire à raconter en trois cases.

Cette idée m'a amusé. J'ai commencé à noter l'idée et à travailler autour. J'ai découpé l'histoire et j'ai vu que je pouvais la raconter en trois cases. Voire en deux. Pour moi, c'est déjà de la bédé, deux cases. J'ai pris une feuille de papier et j'ai dessiné les cases en trois rapides crobards. Ça marche. J'arrive même à rire en voyant le résultat. J'ai cherché les personnages, les expressions et ça a plutôt bien marché. Il faut dire qu'il n'y a que deux personnages et qu'ils peuvent pratiquement dans la même position dans les deux premières cases.
Alors bien sûr, après la période de fol enthousiasme, j'ai réfléchi à tout cela honnêtement et impartialement. Je me suis dit qu'avec mon histoire en trois (ou deux) cases, je suis bien loin d'un album avec plein de pages et une douzaine de cases par pages. C'est un projet bien modeste. Trois dessins à faire, finalement. L'écriture des dialogues est presque faite. On ne parle que dans les deux premières cases. Il reste que l'idée m'amuse. Et ça, c'est important.
Bon. Alors c'est facile. Trois dessins, quelques textes à écrire, c'est pas la mort. Trois dessins, je dois être en mesure de les faire. En plus, il y a les croquis qui sont là. Je n'ai plus qu'à fignoler. J'ai plein d'idées d'accessoires à ajouter, de trucs rigolos à placer. Fastoche. Sauf que je fais une sorte de blocage. Je n'arrive pas passer à l'étape suivante, celle qui veut que je prenne une feuille neuve de papier Canson, que je trace mes trois foutues cases et que je commence à dessiner. C'est un monde, ça, tout de même, non ?
Je suis là à tergiverser, à trouver de mauvaises excuses, à tester de nouvelles choses sur du papier brouillon alors que j'ai tout sous la main qui n'attend plus que ma bonne volonté. Des fois, je me foutrais des claques, moi.

samedi 22 juin 2013

Arto Paasilinna

C'est il y a bien des années de cela. Peut-être en 2003. J'ai un problème avec les dates. Un copain était venu me visiter avec femme et enfants, en plein hiver. Je l'avais averti qu'il risquait de faire froid, que ma maison était glaciale et qu'il n'y avait pas de téléviseur. Ils avaient débarqué tout de même.

C'était en toute fin d'année ou en tout début d'année suivante, impossible de m'en souvenir. Cet hiver là et cette période particulièrement avait été glaciale. Cela ne faisait pas longtemps que j'habitais Azerat. Je n'avais pas encore vraiment utilisé la cheminée et n'avait pas la moindre bûche d'avance. Juste la chaudière qui faisait ce qu'elle pouvait. On peinait à atteindre les cinq ou six degrés. Un autre copain avait du vieux bois sur un bout de terrain et il me l'avait donné. Avec la R19, j'étais allé en chercher et nous tentions de nous réchauffer aux maigres flammes de ce mauvais bois.
J'avais donné la chambre à la mère et aux enfants. Mon copain et moi dormions dans des sacs de couchage sur le tapis. Ce n'était pas le grand confort mais j'avais prévenu. Je me suis longtemps demandé ce que ces citadins pouvaient avoir raconté des conditions de vie en Périgord lors de leur retour chez eux.
Mais là n'est pas le propos. C'est juste que je cherchait à poser le décor. Mes copains étaient donc venus et ils avaient eu la bonne idée d'amener quelques bouquins. Parmi ceux-ci, il en est un que mon copain m'avait vivement recommandé. "Le lièvre de Vatanen" de Arto Paasilinna. Je n'avais jamais entendu parler de cet auteur. Je me suis aperçu par la suite qu'il était assez connu. Arto Paasilinna est Finlandais. Il est né en 1942 et a une bibliographie déjà bien fournie.
"Le lièvre de Vatanen" m'a été prêté et je l'ai lu avec plaisir. Je découvrais l'univers fait de fantastique et d'humour de cet auteur. J'ai rendu le livre et je me suis mis en quête d'autres ouvrages du même auteur. Ainsi, je pense que j'ai dû lire un peu plus de la moitié des romans de Arto Paasilinna. Le dernier est celui dont je veux vous parler. Je l'ai terminé il y a peu. Il date de 1998, "Le Potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison".
Qu'est-ce que ça raconte ? Un policier du renseignement est envoyé en mission dans une ferme où il semblerait qu'il se passe des choses bizarres. Au cours d'une rapide enquête, il se rend compte des événements étonnants qui ont lieu dans la ferme. Mais il tombe amoureux d'une jeune femme et semble considérer que ce qui se passe ici est, au fond, presque normal.
Je n'ai pas trop aimé ce roman. Je le trouve très en deçà de certains autres romans de l'auteur. Celui-ci me semble bancal, trop prévisible et trop peu crédible. Il n'est pas mauvais mais il y a mieux.

Arto Paasilinna - Le potager des malfaiteurs ayant échappé à

vendredi 21 juin 2013

Should I stay or should I go

Ça y est ! Youpi ! C'est l'été ! Il fait beau, il fait chaud et c'est la Fête de la Musique !

J'y vais ou j'y vais pas ? Fête de la Musique. D'habitude, je ne sors pas pour cette fête. Au mieux, je passe quelques disques. Il faut dire que, du moins pour moi qui habite la cambrousse, en Dordogne, il faut commencer à faire quelques kilomètres pour participer à la fête. Et encore, ça laisse assez rarement des souvenirs inoubliables. Ecouter des musiciens jouer approximativement des reprises à la terrasse d'un bistro ou encourager des musiciens débutants, ça va bien un moment mais j'ai autre chose à faire.
Je n'ai jamais beaucoup aimé cette fête. Je suppose que c'est parce que je n'aime pas assez la musique. Cette année, j'ai plus ou moins l'intention d'aller voir ce qu'il se passe quelque part. Le problème, c'est que je sens qu'il va pleuvoir. Déjà, il ne fait pas chaud. J'ai remis un pull. Drôle de début d'été. Aujourd'hui, c'est le jour le plus long de l'année. C'est aussi la nuit la plus courte, sachant que l'on ne dépassera pas les vingt-quatre heures.
Ce que je vais faire, c'est que je ne vais rien prévoir du tout et que je vais aviser en fonction de mon envie du moment. Je vais me faire à manger, je vais manger et je verrai après.

Fête de la musique 2013

jeudi 20 juin 2013

La Peste, il y en a que pour sa gueule

C'est toujours le déluge. Demain, il paraît que c'est l'été. Moi, je me dis que je vais peut-être pas ranger mon pull tout de suite. On ne sait jamais.

peste-deluge.png

mercredi 19 juin 2013

Ah ! La barbe !

Demain on rase gratis

mardi 18 juin 2013

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (48)

Nous en étions où ? Ah oui ! Des os de ptéranodons plus vrais que nature, un handicapé en fauteuil roulant qui tient une galerie d'art et vient de récupérer une maquette de sous-marin, des protagonistes qui disparaissent ou qui perdent la tête. On était à Pont-Aven, je vous emmène à Nantes.

Jacques a la haine. Trois heures qu'il s'échine sur sa Malaguti qui refuse de démarrer. Il a changé la bougie, il a gratté les vis platinées, il a soufflé dans le gicleur et il ne sait plus quoi faire. En plus, il vient d'apprendre que l'avion de Suzy, sa copine qui arrive tout droit du Minnesota a trois plombes de retard. Il ne se voit pas attendre sa rousse dans cette sale salle d'attente de la gare de Nantes. Alors, comme il ne peut pas rester en place, il part explorer le dépotoir de l'aérogare qu'est juste en face. Là, vautré sur la banquette d'un jumbo-jet déglingué, il se met à rêver de New-York, à l'Empire State Building, à l'effroyable King-Kong qui agrippe sa copine qui hurle comme un klaxon. Sur sa banquette qui se balance comme un rocking-chair, il se roule une cigarette dans un fourreau de papier zig-zag à bord doré tandis qu'une mouche assommée par la chaleur de l'été vient se poser sur ses lèvres. Désœuvré, écrasé par le poids de l'ennui, trop fatigué pour la chasser, Jacques ferme les yeux et réfléchit paresseusement à sa mob. Tête en l'air, il a comme un vague à l'âme. Il n'a décidément rien d'un géant Jones ou de quelqu'un de cette trempe. Il n'est rien qu'un grain de poussière, il ne fait que ce qu'il a toujours fait, juste ce qu'il sait faire, le minimum. Et Suzy qui n'arrive toujours pas !
Il avait tout prévu pour accueillir son amour, Jacques. Il avait mis le Champagne au frais. Enfin le mousseux mais c'est pareil. Pour lui, il avait quelques bières. Il préfère. Il avait rangé un peu sa piaule et nettoyé les chromes de sa Malag'. C'était sans compter sur son caractère de feu d'Italienne. Plus capricieuse qu'un aéroplane blindé mais qui tape le 100 km/h mieux que si elle carburait avec trois tonnes de TNT. Quoi que là, il avait eu beau s'échiner et suer sur le kick-starter, le moulin n'avait pas daigné péter. Encore une plombe à attendre. Depuis son boxon, Jacques tourne la tête vers sa machine. Il y a une bande de loubards qui est en train de se maraver la gueule. Il garde un œil sur la bagarre. Pas question qu'on touche à sa meule. Tout de même pas tranquille, il se lève et revient vers l'aérogare. Il y a là une bonne douzaine de rombières qui finissent leur bouteille de Joker©. Un voyage organisé, sans doute. Les charmes insoupçonnés du pays Nantais et tout le toutim. Il traîne, il fait les cent pas dans le hall. Il a envie d'une mousse au chocolat, il n'a pas un flèche en poche. Tant pis. Les panneaux d'information annoncent l'arrivée prochaine du Boeing de quinze heures trente-trois. Jacques traîne ses baskets vers les arrivées.
Il aperçoit sa Suzy. Il court vers elle. Embrassades, larmes de joie et de bonheur et engueulade lorsqu'elle apprend qu'il est venu la chercher avec sa mobylette pourrie.

— Et c'est où que je vais mettre ma valise, débile ?

— J'la mettrai sur le réservoir, t'inquiète, poupée.

Au comptoir proche, un vieux légionnaire s'endort sur sa bière. Un matelot de Saint-Malo serre une fille dans ses bras. Entre Jacques et Suzy, c'est la soupe à la grimace. Ça commence bien. Surtout que Jacques est bien obligé d'expliquer que la Malaguti fait un caprice.

— J'appelle un taxi, tu rentres à pied en poussant ta merde, préviens Suzy. File-moi du blé.

— J'ai pas de monnaie, j'ai tout mis dans le réservoir.

— T'es vraiment trop con, Jacky.

Jacques baisse la tête en signe de contrition. Il a mal joué sur ce coup. Ceci dit, ça lui permet de voir qu'il avait juste oublié d'ouvrir le robinet d'essence. Il est vraiment trop con, ce pauvre Jacky. Il ouvre l'essence, il titille le carburateur, deux coups de kick et le petit deux-temps s'ébroue dans un hurlement joyeux.

— En route, la môme ! On décolle !

Il tend un bol Altus à sa passagère, il place la valise sur le réservoir et le menton collé au cuir du bagage, il lance les bras vers les bracelets chromés. Un regard dans le rétro, une pression de l'orteil sur le sélecteur et le bolide s'envole dans un panache bleu et un feulement félin. Suzy enroule ses bras fins autour du cuir du pilote. La magie a lieu, la réconciliation est gagnée. C'est beau, l'amour, quand même !

Sauf que, manque de bol, au rond-point, il y a les pandores avec leur foutue 4L. Les cognes, ils n'aiment pas les tasses vociférantes. C'est recta, coup de sifflet, index qui pointe le bas-côté. Il faut obtempérer.

Salut militaire.

— Gendarmerie Nationale. Z'avez les papiers du véhicule ? Carte grise, certificat d'assurance, permis de conduire.

— Vous allez loin dans votre équipage ? Demande l'autre gendarme.

Jacques fouille dans la poche intérieure de son Perfecto. Il en extirpe les papiers demandés ainsi qu'un reste de shit qu'il avait oublié. Les gendarmes ne cillent pas. Tant mieux.

— On va vous contrôler l'alcoolémie.

— J'ai rien bu.

— C'est qu'est-ce qu'on va voir.

Le gendarme retourne à sa 4L pour chercher un ballon.

— Gendarme Chapraud, il reste des ballons ?

— Oui, Chapraut. Dans la sacoche.

— Ils sont valables ?

— J'ai testé, je peux vous dire qu'oui !

Chapraud revient de la voiture avec un alcootest. Il en a profité pour s'envoyer une rasade de calvados. Son haleine l'atteste.

— Soufflez là-dedans, ordonne-t-il

— J'aime autant pas, dit penaud Jacques.

En fait, il n'est plus bien sûr de ne pas avoir bu une bière ou deux, tout à l'heure.

— Faites pas l'enfant. On sait ce que c'est. On est gendarmes, on connaît la vie.

Jacques tente la conciliation mais rien à faire, les gendarmes veulent lui nuire. La mort dans l'âme il gonfle ses joues et expulse l'air vicié à travers le tube qui prend une étonnante quoi que sympathique couleur du plus bel effet.

— Bravo ! juge Chapraud

— Chapraut !

Jacques se voit déjà menotté, conduit au poste, devant le tribunal, une forte amende à la clé, le casier judiciaire moins vierge que la vieille pute de la rue de la Pipe. Ça ajouté à l'alcool et à l'émotion des retrouvailles avec sa Suzy, il craque, Jacques. Il voudrait qu'on lui enfonce le poing dans sa gueule ouverte jusqu'au cœur, jusqu'aux tripes. Les larmes arrivent et coulent à flot. Il tombe à genoux et supplie les gendarmes.

— Allez ! A toi qui pleures, qui hurles et qui te lamentes, j'ai dégoté une boisson de derrière les fagots. J'ai là au fond du sac un truc anti trac dont tu me diras des nouvelles.

Et Chapraud va chercher une bouteille dans son véhicule de fonction.

— C'est du bon, tu verras, fils, dit docte Chapraut. Direct de Pont-Aven ! Un calvados dont tu me diras des nouvelles.

Jacques empoigne le goulot et noie son chagrin dans une brûlante lampée de pomme frelatée. Ça lui fait du bien, ça lui requinque le moral.

— Bois pas tout ! On n'a pas fini notre journée !

— Allez, t'es un brave gars, juge Chapraut. Passe la bouteille.

Suzy est estomaquée. Elle n'en revient tout simplement pas. Elle n'aurait jamais pu imaginer une chose pareille.

— Vous connaissez Pont-Aven ?

— Sûr ! Noël et moi on a failli y être gendarmes.

— J'ai un ancêtre mort pour la patrie qui a commandé la brigade, confirme Noël Chapraud

— Mais on a pas pu, dit Léon Chapraut, la voix basse pleine de regrets.

— Non, on a pas pu.

— Rapport à une triste affaire de quand on était jeune.

— Ouais. Une affaire de bateau et de sous-marin.

— Et de gamin qu'on a un peu trop molesté, précise Chapraut, aussi, Chapraud.

— Faut reconnaître. Comment qu'il s'appelait ce petit gamin, au fait ?

— Pierre, je crois.

— Ah oui, Pierre, c'est ça. Aven ! Pierre Aven !

— Exact ! Quelle mémoire ! Ça mérite récompense !

La bouteille tourne. Suzy lui fait honneur. Elle est de Pont-Aven, Suzy. Née native de Bretagne. Elle y a une tante et un oncle. Gaëlle et Yannick. Ça lui fait penser qu'elle irait bien leur rendre visite. L'idée lui trotte dans la tête qui vacille un peu après le calvados de contrebande. Elle réfléchit à son projet. D'un coup de Malaguti, pour aller de Nantes à Montaigu chercher ses affaires chez sa copine Caroline et départ pour Pont-Aven avec son Jacques d'amour.

— Jacques, on irait pas à Pont-Aven ?

— En malag' ?

— Bien sûr !

— Alors ouais !

— On irait bien aussi, interviennent les gendarmes.

— Vous prendrez les bagages dans la 4L !

— C'est d'accord !

— Le chef va pas être content, note Chapraud.

— Il s'en rendra même pas compte. Et puis, qu'on soit en train de nous faire chier à faire chier le peuple ou qu'on soit ailleurs, hein ?

— T'as raison Chapraut ! T'es un pote !

— Un peu de tenue, gendarme Chapraud !

— Z'avez raison.

La bouteille fait un dernier petit tour et, une fois vidée, Jacques l'envoie exploser contre un camion qui passe de l'autre côté du rond-point.

— C'est trop cool ! On part quand ?

— Maintenant ! s'écrient les trois voix de Suzy et des gendarmes.

Aussitôt dit, aussitôt fait. C'est un improbable cortège qui prend la route pour Montaigu et qui, quelques heures plus tard file sur la route nationale en direction de Quimper. Suzy a finalement préféré voyager à l'arrière de la 4L où elle peut piquer un roupillon. La pomme fait dormir.

Il y a deux cent cinquante bornes. Le Malag' bien affûté aux transferts amoureusement limés tient un bon 80 km/h. La 4L peine à suivre le train d'enfer. La traversée des villages se fait à l'arrache, gyrophare et sirène lancés à fond la caisse. Des témoins jureront avoir vu des voitures de gendarmes poursuivre une horde de motards.

Ravitaillement et pause pipi dans une station Antar. On en profite pour faire le plein des véhicules. Au guichet, un journal affiche à la une l'affaire de la découverte d'os de dinosaure et pose la question qui alimente toutes les discussions depuis quelques semaines. Vrais os ou canular ? La suite est à lire page 8. Suzy a vaguement entendu parler de cette affaire depuis le Minnesota où elle étudiait l'influence de l'œuvre de Jules Verne sur le mouvement beatnik et sur la naissance de la musique psychédélique américaine. C'est une intellectuelle, Suzy, malgré les apparences. Elle va page 8 et parcourt en diagonale l'article. Il y a des avis d'experts, des témoignages de témoins, la position de l'église et l'opinion des politiques. L'affaire met en émoi le microcosme scientifique local qui s'étripe entre sceptiques et partisans.

Le professeur Norvetau, éminent archéologue local est persuadé de la véracité des faits et n'hésite pas à avancer que les dernières avancées en matière de datation au Calva 40 en disent long tout en reconnaissant "qu'il y a un os". Le docteur Gisèle Foo-Trac note "une recrudescence étonnante et inquiétante de cas d'amnésie totale ou partielle" parmi la population locale et affirme qu'elle-même ne peut en dire plus, ayant en partie perdu la mémoire de ce qu'elle voulait dire. L'émotion est à son comble à Pont-Aven. Un étranger de passage par Pont-Aven qui ne peut dire ce qu'il y fait réellement n'hésite pas à déclarer : "J'ai tout de même l'impression d'être mené en bateau dans toute cette histoire...". Cet étranger qui répondrait au patronyme de Roland Verne est à la recherche d'un ami qui se prénommerait Robert avec qui, il en est presque certain, il serait arrivé là à bord d'un sous-marin. "Parmi les habitants, certains tiennent des propos des plus étonnants comme ce tenancier de bar que nous avons rencontré et qui nous a déclaré : tant que le diable chaque soir jouera du luth dans mon placard, il f'ra beau si beau. Nous naviguons en pleine confusion", ajoute le localier, photo à l'appui de ses dires. Cette photo représente un galériste de la commune bien connu à qui l'on reconnaît bien du mérite eu égard à son handicap qui le cloue à une chaise roulante depuis son enfance. Ce galériste, Pierre Aven, dresse une maquette de sous-marin en affirmant à qui veut l'entendre que la solution est là. Malheureusement, lui non plus ne peut donner plus d'information. Un ancien boulanger à la retraite que l'on connaît ici comme "le père Kermitt" raconte à la cantonade, lors de ses rares moments de lucidité précaire, que l'on lui aurait volé une motocyclette de marque BMW alors même que l'on lui aurait endommagé une autre moto de marque BSA, une 350cc, précise-t-il. Il déplore aussi une diminution de sa réserve personnelle de calvados. "Le trouble règne en maître dans la localité d'habitude si tranquille de Pont-Aven et les autorités, gendarmerie nationale en tête, déploient toute leur énergie pour faire revenir le calme et la raison au sein de la population. Un gendarme qui souhaite conserver l'anonymat croit se souvenir confusément d'un véhicule retrouvé dans un étang et note avec une pointe d'amertume et d'accent méridional que tout cela ne serait pas arrivé du temps du commandant Chapraud, mort pour la patrie en 1915", poursuit le gratte-papier du cru avant de conclure en se demandant si cette affaire obscure de 4L retrouvée dans un étang proche ne serait pas en lien avec l'histoire du sous-marin dont on parle à mots couverts. "Le Nautilus de Pont-Aven serait-il le pendant du monstre du Loch Ness pour l'Ecosse" ose-t-il.

En début de soirée, une Malaguti fumante et pétaradante poursuivie par une 4L de la Gendarmerie Nationale pénètre dans l'artère principale de Pont-Aven. Sur leur passage, la population s'arrête et se fige dans une stupéfaction totale. Jusqu'à Bébert qui stoppe son omnibus pour mieux observer la scène.

— Ben quoi ? Ils ont jamais vu de gendarmes, par ici ? s'étonne Chapraut.

lundi 17 juin 2013

Petit déluge

Je ne suis pas certain que Noé serait allé chercher ses planches, son marteau, ses clous et tout ce dont il a dû avoir besoin pour construire son arche s'il avait plu comme il pleut actuellement sur Azerat, mais je ne suis pas Noé.

La légende de Noé bâtissant un navire assez grand pour accueillir un couple de chaque espèce animale, m'a toujours amusée. J'imagine le bordel qu'il a dû y avoir dans son bateau, le travail qu'il a dû avoir pour empêcher le lion de bouffer la gazelle ou la chouette la souris. Je n'ai pas souvenir d'avoir vu un film sur le sujet. J'ai vu pas mal de dessins humoristiques ayant trait à cette histoire, par contre.
Enfin bref. Donc, il pleut et il y a de l'orage. C'était prévu. Météo France l'avait dit. Ce qui est amusant, c'est que la pluie est arrivée à Azerat deux bonnes heures après qu'elle soit passée par Périgueux. Là, il pleut assez fort mais rien de bien grave. Et puis, comme il ne fait pas froid, ça ne me dérange pas beaucoup. J'aime bien l'odeur et le bruit de la pluie et de l'orage.
Ce soir, j'ai fait et mangé une autre pizza maison. Elle a été meilleure que celle d'hier. Il me semble que la pâte est meilleure si on la laisse reposer une journée au frais. Il faudra que j'expérimente quelque chose. J'ai lu quelque part qu'une bonne pâte à pizza devait être faite avec peu de levure et être laissée gonfler longtemps. J'essaierai ça.
Sinon, je n'ai pas vraiment grand chose à raconter. Demain, c'est jour de feuilleton.

dimanche 16 juin 2013

L'heure du café

Dans une journée, il est bien difficile de dénombrer la quantité "d'heure du café". A l'instant présent, il y en a une nouvelle qui se présente.

Je me suis couché de bonne heure. Le jour se levait. Il était aux alentours de 5h30. Il faisait frais et on pouvait parier sur une belle journée en devenir. Je me suis levé tard. Il était un peu plus de midi. En fait, je me suis levé une première fois vers 8 heures mais je suis retourné me coucher et dormir.
A midi et des poussières, je me suis fait du café en quantité. Je l'ai bu. J'ai relevé les courriers électroniques qui avaient pu arriver depuis hier soir. Il n'y en avait pas beaucoup et, surtout, il n'y avait pas de suite pour le feuilleton hebdomadaire du mardi. Je m'y attendais.
J'ai ouvert la porte et le soleil est entré dans la maison et j'ai jugé que c'était bon. J'ai fouillé dans mes disques et j'ai sorti un disque de Jacques Higelin. Je suis allé me refaire du café et je me suis installé devant l'ordinateur pour écrire le prochain épisode de ce feuilleton. Je me suis laissé porter par les chansons de Higelin et je m'en suis même amusé et servi. J'ai changé de disque et j'en ai mis un autre, toujours de Higelin. J'ai continué à écrire. Ça coulait tout seul, je m'amusais, je rigolais dans ma barbe. J'ai ainsi mis à peu près tous les disques de Higelin en ma possession. L'épisode du feuilleton est en boîte.
J'ai aussi fait une pâte à pizza. Ce soir, c'est pizza. Pour moi, la pizza est un signe d'été. C'est que pour permettre à la pâte de lever, il faut de la chaleur. Je n'ai jamais envisagé de faire de la pâte à pizza avant les grosses chaleurs. Chez moi, ça limite les jours de l'année qui se prêtent à l'exercice, vous pouvez me croire.
J'écoutais la musique et je me suis dit que je boirais bien un petit café. J'ai sorti une autre cafetière, pour varier les plaisirs.

Café en kit

samedi 15 juin 2013

Les petits profitent du soleil

Un peu de soleil, ce matin. J'ai ouvert porte et fenêtre. Renouvellement de l'air, chaleur qui entre, piaillement des oiseaux. L'été est à nos portes, il se fait timide, il n'ose pas franchir le pas. On l'attend, on lui dit qu'il peut venir. Le printemps, lui, a eu fort à faire avec l'hiver qui a refusé de lui céder la place, avec détermination. Trois petites photos faites ce matin, pour le blog.
Sur le persil

Sur le persil

Petite araignée dans la glycine

vendredi 14 juin 2013

Les carottes sont rapées

Il n'est pas courant que je cause musique ici. Aujourd'hui, je vais vous parler d'un groupe de rock venu tout droit de Honk Kong.

Pour sûr que c'est du rock ! Pour qui aime le rock sans concession, le rock qui vous vrille les oreilles et vous tord les tripes, c'est un groupe à découvrir sans plus attendre. Comment définir la musique des Grated Carrots ? Pas facile. C'est quelque part dans la nébuleuse obscure du mouvement "post rock" bien que ça ne soit pas dit d'une manière explicite. On ne sait pas grand chose de ce groupe qui cultive l'anonymat de ses membres. Lors des concerts (cet album a été enregistré lors de celui de Osaka), les musiciens sont cachés du public derrière une rangée de tôles ondulées. Plus qu'un groupe, les Grated Carrots s'apparentent plutôt à un collectif. En plus de la musique, ils pratiquent les arts graphiques et organisent des "happenings" théâtraux dont la particularité majeure réside dans le fait que les acteurs sont, là aussi, cachés. Basé à Honk Kong, le collectif serait composé d'artistes du monde entier ou presque. Les rares albums sont édités par leur label qui ne diffuse les enregistrements que lors des concerts ou par Internet. Là aussi, la particularité du collectif est de brouiller les pistes et de changer de nom de domaine très souvent. Il est donc quasiment impossible pour une personne non initiée de trouver la piste de la formation.

Du rock ? Oui ! Du rock violent, bruitiste, à écouter très fort. Enfin si l'on a le courage de le faire. L'ambiance est noire, très sombre, pas joyeuse pour deux sous. A côté, les GY!BE ressembleraient presque aux petits enfants à la croix de bois. Bon, comme il est de rigueur dans le post rock, pas de chant. Par contre, il y a des cris. Du reste, l'album entier ressemble à un long cri désespéré. Un cri rageur, un cri qui explose et qui lutte contre les guitares saturées et la batterie ultra violente. Le rythme que cette dernière impulse aux morceaux présents sur cet album est des plus basiques mais est aussi d'une régularité et d'une puissance impressionnantes.
Cet album, on me l'a prêté. Je ne l'ai, pour le moment, écouté qu'une fois. Mes oreilles ont du mal à s'en remettre. Tout à l'heure, je parlais de rock bruitiste. En fait, non. Je n'irais pas jusqu'à prétendre qu'il y a de la mélodie chez les Grated Carrots mais il y a tout de même quelque chose (peut-être le rythme justement ?) qui fait que l'on parvient à suivre le mouvement. Je ne pense pas écouter l'album de nouveau tout de suite. Les voisins vont faire la gueule. Je ne peux même pas vous dire où trouver les disques de cette formation. J'ai essayé de chercher un peu sur Internet, je n'ai rien trouvé. Je ne pense pas qu'il y ait une tournée prévue en France mais en même temps, ça pourrait arriver. Le souci, c'est qu'il paraît qu'il n'y a ni affiche ni publicité pour annoncer les concerts. Enfin, quoi qu'il en soit, si jamais vous voyez ou trouvez quelque chose à propos de ce groupe, n'hésitez pas !

Grated Carrots - Live

jeudi 13 juin 2013

La Peste, elle ne voit rien de nouveau sous le soleil

Hier, pas loin de trente degrés centigrades. Aujourd'hui, moins de vingt et la pluie en prime. Le printemps 2013 joue avec nos nerfs. Dans une semaine, c'est l'été, on a bien du mal à le croire.
Aujourd'hui, j'ai profité de ce temps que incite à rester à l'intérieur pour numériser de vieilles photographies bien abîmées. Je ne vais même pas m'essayer à les restaurer. Des photographies de famille qui n'intéresseraient pas grand monde en dehors du cercle élargi des familles concernées. Je me dis tout de même que l'on ne faisait pas nécessairement de meilleures images du temps de l'argentique et que l'on faisait bien de faire moins d'images... vu le temps nécessaire à la numérisation de celles-ci.

Peste et pluie

mercredi 12 juin 2013

Une 4L de gendarme dans l'hyperespace, c'est pas mal ébouriffant

Renault 4 dans l'espace et en couleurs charmantes et distinguéeAprès la 2cv, c'est au tour de la Renault 4 d'aller faire une promenade dans l'immensité de l'univers infini.

Il fallait bien que je répare mon affront. J'ai osé dire ce que je pense de la Renault 4 et, à la réflexion, je me suis dit que j'avais été un peu trop méchant avec cette automobile populaire. Je me suis donc lancé dans un dessin rédempteur.
Toutefois, il m'est venu à l'esprit une pensée qui en dit long sur la différence entre la Renault 4 et la Citroën 2cv. Il faut partir de la différence existant entre les chats et les chiens. La grande différence entre le chien et le chat, c'est que l'on a jamais vu de chat policier. Et bien figurez-vous que l'on peut transposer ceci à ces automobiles. On a vu des 4L de flics. Jamais de 2cv !
Le dessin d'abord crayonné et ensuite encré.

Renault 4 dans l'espace !

Renault 4 dans l'espace et à l'encre de chine

Je vais peut-être faire une mise en couleurs. Elle arrivera en son temps.
(à suivre...)
Et voilà le dessin en couleurs.
Renault 4 dans l'espace et en couleurs charmantes et distinguée

mardi 11 juin 2013

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (47)

C'est la débandade dans les rangs de la troupe de notre histoire. A peine débarqué à Pont-Aven, chacun part vers ses occupations comme si de rien n'était. Restés seuls, Roland et Robert, se posent bien des questions. Trouveront-ils des réponses ? Liaan qui prend la suite nous en dit plus sur cette affaire somme toute assez étonnante.

Robert et Roland continuait à observer l'horizon...

— Oh, énorme ce bateau, il faut relativiser, il est quand même loin, dit Roland, la mer est assez loin d'ici.

— On doit continuer de grandir, assure Robert, on mesure peut être trois ou quatre mètres de haut, en ce moment, après ce sera dix, vingt, trente mètres !

Tout en disant cela, Robert élève sa main vers le haut, et il tend tout son corps en ne s'appuyant que sur une jambe, cherchant à toucher le ciel.

— T'es con, Robert, on a notre taille normale : regarde les fils téléphoniques, les poteaux ne sont pas minuscules, lui répond Roland.

Les deux hommes, les mains dans les poches, se dirigent tranquillement vers l'agglomération de Pont-Aven.

— Il y a quand même pas mal de choses qui clochent dans notre aventure, lance Roland.

— Quoi donc ?

— Le fait que tout le monde foute le camp ainsi, avec une décontraction qui me sidère, comme si tout était normal et ordinaire, lui précise Roland. Et ces incursions dans le passé...

— Et alors ? interroge Robert.

— Tu trouves normal que, que ce soit à l'ère préhistorique, en 1892 et dans les environs de 1970, l'on ne puisse pas rester un peu de temps, je ne dis pas des mois, mais au moins quelques jours ?

— Ah ?

— Oui, c'est curieux, continue Roland... Comme si on ne devait pas s'attarder dans une autre époque que la nôtre... Tiens, je vais te dire le fond de ma pensée. C'est comme dans les rêves, tu vas découvrir quelque chose d'important dans une maison, ou un autre lieu, tu t'approches, tu vas savoir, et là paf ! Soit quelqu'un apparait et t'empêche de trouver, ou tout bêtement, tu te réveilles.

— Roland pense que nous sommes manipulés ! déclare Robert en écartant les bras.

— Oui, sincèrement, Robert, je suis persuadé qu'il y a quelqu'un ou quelque chose qui tire les ficelles derrière tout ça. Un autre exemple : on met je ne sais combien de temps à chercher le Nautilus, et pouf ! Le Nautilus apparait soudain devant nous...

— Lafleur, enfin, celui qui se faisait passer pour Lafleur, nous a expliqué qu'il maîtrisait le temps et qu'il pouvait naviguer à son gré dans les méandres du temps...

— Et a anticipé notre découverte, coupe sèchement Roland, nous cherchions à gauche, à droite, ici, plus loin, dans des papiers ou des tableaux... Et "Lafleur" s'est approprié toutes nos trouvailles !

— C'est normal, moi, à sa place, j'aurais sans doute agît de même ! Si tu as les moyens de voyager dans le temps, continue Robert, tu t'en sers !

— Mouais, je ne suis pas convaincu,lui répond Roland, il y a autre chose que "Lafleur"...

— Les Atlantes, alors ? Alice est un genre d'agent secret qui poursuivait le dénommé Némo devenu Lafleur, et voilà...

— Y'a trop de choses de bizarres, toute cette histoire me paraît trop simpliste...

Tout en discutant, les deux hommes étaient maintenant vers le centre ville, dans la rue principale...

— Ben dis donc ! s'exclame Roland, qu'est-ce qu'il y a comme galeries de peinture dans ce patelin...

— Eh ! on est dans une cité de peintres et de galettes, lui fait remarquer Robert, t'as vu le film avec Marielle ?

— Bien sûr ! Hé, ho ! Regarde ! Là, dans cette vitrine, montre du doigt Roland.

— Oui, et alors ? Tu me casses les pieds avec tes soupçons de mystères et tout ça, lui dit sèchement Robert. Je vais boire un coup dans ce bistrot, tu fais ce que tu veux...

Et accompagnant le geste à la parole, Robert entre dans le café voisin tandis que Roland regarde attentivement la vitrine de la galerie : une maquette en bois, certes grossière, une maquette du Nautilus ! Un Nautilus identique a celui qui a transporté tous les personnages de l'aventure...

— C'est du Tintin, pense Roland,comme dans "l'oreille cassée"; Tintin voit sa figurine primitive dans je ne sais combien de boutiques...

Le propriétaire de la galerie a mis son nom sur la vitre de la porte d'entrée : Pierre Aven, c'est bien un gars du cru, constate Roland, en entrant dans la boutique.

Cling ! fait un petit carillon, Roland a le temps d'observer les autres toiles exposées à l'intérieur, avant que quelqu'un vienne... Beaucoup de marines, de paysages bretons, des tableaux "à la Gauguin"...Un tableau l'interpelle : d'une facture assez naïve, il ressemble en gros à ce fameux tableau de Tante Etzelle où ils cherchaient tous des indices pour retrouver le Nautilus. Roland retrouve dans la toile, cette plage, l'amorce d'un tunnel avec ce voilier dont le nom est, ici, très lisible : Azerat ! Roland regarde la signature : Loiseau... Loiseau, connais pas ce peintre... Mais je ne connais pas les autres peintres non plus... Tout à ses pensées, Roland sent soudain une présence : un homme barbu, d'un cinquantaine d'années se trouve derrière lui, assis dans un fauteuil roulant.

— Monsieur est amateur de toiles et désire peut-être un renseignement, lui demande le marchand.

— Non, ce qui m'a fait venir dans votre galerie, c'est ce sous-marin exposé en vitrine...

— Ah, le "Sultan" ? C'est ainsi que je l'ai baptisé, il y a fort longtemps, c'est un souvenir d'enfance...

— Un souvenir ? interroge Roland.

— Oui, c'est un sous marin que j'ai fabriqué lorsque j'avais onze-douze ans... suite à une aventure vécue...

— Comment cela ?

— C'est simple, j'avais onze ans lorsque j'ai trouvé un sous-marin miniature au bord d'un étang, dans les environs, un sacré beau modèle en métal, avec tous les accessoires, c'est bien simple, on aurait dit un sous-marin qui aurait été miniaturisé ! Piqué au vif, Roland sort de sa poche le Nautilus et le montre au marchand. Ce dernier a les yeux presque exorbités et reste un moment silencieux, puis d'un voix étranglée dit :

— C'est tout a fait lui, un peu plus petit, mais c'est lui ! Et, les larmes aux yeux, il manipule le petit sous-marin de ses doigts tremblants. Tout à fait le "Sultan" !

— Racontez-moi, lui demande Roland.

— C'est un peu la raison de mon infirmité, déclare Pierre. J'ai trouvé ce sous-marin lorsque je faisais voguer mon petit voilier, le "Fantôme", mais une méchante bande de gamins de mon âge m'a fait fuir, mon voilier a été brisé par les vauriens, et j'avais caché le sous-marin dans l'appenti de la maison... La nuit venu, j'ai voulu le faire naviguer dans l'étang, mais le sous-marin a coulé, et la bande de garnement m'est tombée dessus, m'a filé une roustée et m'a laissé pour mort dans l'étang... Je suis resté plusieurs mois à l'hôpital mais les médecins n'ont pas pu sauver mes jambes... J'avais fabriqué cette réplique du sous-marin pendant ma longue période de convalescence...

Ému par le récit, Roland n'osa pas dire qu'il était dans ce sous-marin, il y a peu de temps... Pierre ne l'aurait pas cru.

Avec un petit pincement au cœur, Roland sort de la boutique, il a donné le Nautilus à Pierre Aven...

Puis il se dirige vers le petit café pour y retrouver Robert et lui narrer toute cette histoire troublante. Le café est presque désert à cette heure, un rapide coup d'œil le renseigne, Robert n'est pas là, peut-être aux toilettes, pense Roland... Il s'accoude au bar, commande un demi, et interroge le bistrotier sur la présence de Robert. Le patron lui dit qu'un garçon de l'âge de Roland était bien venu dans son bar, a bu un demi, et est parti, il y a bien vingt minutes... Interloqué, Roland boit son verre, paie et sort du bistrot en concluant :

— Il y a vraiment quelque chose qui cloche dans toute cette histoire : les personnages que je côtoie disparaissent un à un... Roland regrette d'avoir laissé le Nautilus au galiériste, il veut y retourner, mais devant la boutique, il constate que le bec de cane est retiré, et un petit panonceau lui indique "fermé".

Une embrouille de plus, se dit Roland, qu'est-ce que je puis encore faire à Pont-Aven ? Et si j'allais rendre visite à Cousine Gaëlle ? Elle m'éclaircirait pas mal de choses. Sitôt pensé, sitôt agi. Roland prit le chemin de la maison de Gaëlle Labornez, située plus à l'est de Pont-Aven. Tout en cheminant, Roland réfléchit et se dit que Robert avait l'air de plus ou moins rigoler lorsque Roland lui disait que l'on étaient manipulés...

La cousine Gaëlle ne devrait pas être trop étonnée de me voir, nous ne nous sommes quittés que depuis ce matin. Mais arrivé à la maison de Gaëlle, c'est Yannick qui lui ouvre la porte.

— Cousin Yannick ! déclare Roland, je te croyais mort !

— Le cousin Roland Verne ! Ben ça, je te remercie, c'est vrai que nous ne nous sommes pas vus depuis un sacré bail, mais tout de même, me croire mort, tu en as de bonnes !

La cousine Gaëlle choisi ce moment pour apparaître :

— Roland ! s'écrie-t-elle, c'est bien toi ? J'attendais ta visite, après la lettre que tu m'as envoyée...

— Ma lettre ? dit Roland, et immédiatement, il repense à l'envoi des documents sur le Nautilus, envoi effectué, il y a, il y a, combien de temps déjà...

— Tu m'as envoyé des papiers que je ne devais remettre à personne d'autre que toi, tu te souviens...

— Oui, Cousine Gaëlle, je me souviens bien.

Et Gaëlle de se retirer dans la chambre pour aller chercher l'enveloppe... Devant un verre, Yannick demande à Roland :

— Alors, pour toi, j'étais décédé... Et on peut savoir de quoi ? Perplexe, Roland répond :

— Ben, en mer... Vers 1975...

— 1975... réfléchit Yannick, c'est vrai qu'il y a eu de beaux grains cette année là... Ah, si ! Je me souviens, la Gaëlle m'avait demandé de me faire porter pâle, deux ou trois jours avant une brusque tempête en mer, qui avait surpris les météorologues de l'époque... 1975, c'est bien ça. Beaucoup de camarades ont disparu cette année là... Ta cousine a eu le nez creux pour m'avoir empêcher de partir à ce moment là... J'ai l'impression qu'elle avait dû avoir, comment dirai-je ? une vision, voilà, une vision, tu sais, les bonnes femmes ont un sixième sens...

— Taratata ! les bonnes femmes comme tu dis, mon Yannick, c'est la sauvegarde de l'espèce humaine, je te dis, si il n'y avait pas les bonnes femmes, comment feriez-vous pour vous reproduire, vous, les hommes ? demande la Cousine Gaëlle... Bon, mon gars, il y a un problème : je ne retrouve pas ton enveloppe, pourtant, elle était bien rangée, mais je n'arrive pas à mettre la main dessus...

— Ce n'est pas grave, Cousine Gaëlle, ce n'est pas grave... (Un élément de plus qui disparaît, pense Roland, inutile de parler du Nautilus, Gaëlle n'y entraverait que pouic...).

— Tu restes à manger avec nous, il va être l'heure de la soupe, propose Yannick. Roland accepte. Tout en se restaurant, Roland demande aux époux Labornez :

— Je repense à un truc caractéristique de votre maison, vous avez toujours la cave à double-fond ?

— Cave à double-fond ? dit Yannick.

— Oui, cela vous servait de planque pendant l'occupation, vous y avez planqué aussi bien des juifs pourchassés, des aviateurs alliés, que des armes parachutées... Et le poste émetteur, dont l'antenne était reliée à votre fil à linge, dans le jardin...

— Oui, notre maison à rendu de sacrés services pendant l'occu, mais vers 1975, ou 1976 je crois, hein Gaëlle ? demande Yannick.

— Oui, 1976, l'année de la grande sécheresse, complète Gaëlle.

— En 1976, les services municipaux ont muré notre "double-fond" comme tu l'appelles, Roland, à cause des risques d'effondrement, de possibles éboulements, les galeries étaient taillées dans la craie...

Après avoir évoqué des souvenirs concernant essentiellement l'enfance de Roland, ce dernier prend congé de ses cousins, et reprend le chemin de la ville.

Roland repense à Alice... Elle avait pu répondre au souhait de Gaëlle...

Sur le chemin, il vit le petit café "Chez José" et décida d'y entrer. Dans la salle, pas grand monde, Roland reconnaît le cafetier, qui était prisonnier, avec les gendarmes, dans le Nautilus. Roland salua et alla s'asseoir près d'une fenêtre, José vient s'enquérir, mais ne reconnait pas spécialement Roland. J'aurais été étonné, pense pour sa part Roland. Un café, ça marche ! dit José après avoir essuyé rapidement la table en formica, avec son torchon. Une voix éraillée attira le regard de Roland vers une dame d'une bonne cinquantaine d'année. José cria presque :

— La ferme, Chantal, ou parle moins fort, tu ennuies tout le monde avec tes histoires de petits bonshommes au pique-nique... Tu radotes, Nom de Nom !

Roland est troublé par cette femme déformée par l'alcool, qui a dû être jolie lorsqu'elle avait la vingtaine... Dans les années 1970, Johnny, le mange disque... Roland avise un juke-box, comme dans le temps, c'est vrai que l'on en voit de moins en moins, des juke-box... Roland se lève et s'approche de l'appareil, il faut mettre des francs ! La dénommée Chantal lui dit qu'il faut échanger des euros contre des francs pour faire marcher le bastringue. Poliment, Roland la remercie et se rend au comptoir où José lui donne six pièces d'un franc contre la pièce d'un euro qu'il tend à José. Il se dirige à nouveau vers le juke-box et surpris, il remarque parmi les titres disponibles, "Mamy Blue" par Joël Daydé et ses Pop-Tops... Il sélectionne ce titre et à peine les premières mesures interprétées que Chantal vient vers Roland et lui dit :

— Monsieur, vous me sauvez la vie ! Comment avez-vous su que c'était ma chanson préférée ?

L'haleine chargée de vin blanc fit reculer Roland qui alla s'asseoir à la table, devant sa tasse. La Chantal s'assit d'autorité face à lui... Elle reprend :

— Cette chanson est gravée à jamais dans ma mémoire, c'était un après-midi, dans la campagne, on faisait un pique-nique avec les copains... Quand j'ai vu ces petits bonshommes, tout petits, et Chantal de mimer avec son pouce et son index une hauteur de trois à quatre centimètres, hauts comme ça !

— Chantal, tu importunes Monsieur avec tes radotages, lui lance José.

— Donne-moi plutôt un petit verre de blanc que Monsieur va te payer, hein, Monsieur comment ?

— Roland, appelez moi Roland. En lui-même, Roland pensait que la vie est dégueulasse, comment ce beau brin de jeune fille a pu, en quarante ans, se transformer en cette hideuse créature, car pour lui, c'était bien la Chantal qu'il avait admiré quelques heures plus tôt, dans la prairie. Monsieur Roland, vous êtes un monsieur qui aime la beauté, je parie que vous êtes peintre et venu dans le coin pour vous imprégner de l'atmosphère de Pont-Aven... Atmosphère, hi hi hi.

— Oh, la Chantal, doucement, tu n'es pas encore la maire de Pont-Aven, que je sache, pour me commander ainsi...

Malgré tout, José s'approche de la table et verse un blanc sec dans le verre de Chantal, tout en disant :

— Chantal, arrête tes histoires abracadabrantes !

— Comme des histoires de sous-marin ? lance brutalement Roland

— De quoi, de quoi ? De sous-marin ? lance, les yeux furibards, José, qui quelques minutes auparavant avait vu en Roland, le bon client qui allait se retrouver embobiné par la Chantal, et qui permettrait d'alléger l'ardoise de cette dernière.

— Sortez, Monsieur, il est des mots interdits dans ce lieu, sortez ! Votre café et le verre de vin blanc que je viens de servir sont sur le compte de la maison !

Contre son gré, Roland sort et hésite quant à la direction à prendre... Inutile de retourner au café pour demander l'adresse de ce Kermitt, boulanger à la retraite, lui aussi passager involontaire du Nautilus... Roland voit que tout lui échappe, il a vécu des trucs mais tout fout le camp, ses souvenirs coulent un par un, comme du sable sec coule de la main qui tenait une bonne poignée de sable, et, on lui écarte les doigts, à présent... Bientôt, il n'y aura plus de sable...

Une idée soudain lui traverse l'esprit et le met en joie : la gendarmerie ! Les Chapraudt, voilà du concret ! Cons comme ils sont, ils ne peuvent que raconter la vérité ! Direction la Gendarmerie. Roland reprend la direction du centre-ville et en suivant la rue principale, trouve la Gendarmerie, en surplomb par rapport à la rue. Comment vais-je leur raconter cela, sans passer pour un illuminé ? pense Roland. Bon, allez ! J'y vais ! Roland entre dans le hall d'accueil, derrière la banque, un téléphone vient de sonner, un des gendarmes décroche et Roland entend :

— Oui, Chef... Entendu, Chef ! À vos ordres, Chef ! Je n'y manquerai pas, Chef ! Bien entendu, Chef ! À vos ordres, Chef ! Au revoir, Chef !

Le gendarme raccroche et dit à son collègue :

— C'était le Chef !

Et il accueille Roland :

— Monsieur ?

— Roland Verne, journaliste à France-Enquête... Je fais un papier sur les os de dinosaures que l'on a trouvé sur la plage, le long de l'Aven...

— Ah ? C'est que l'on a déjà tout dit sur cette affaire : c'est un canular !

— Mais, reprend Roland, comment un canular a pu prendre autant d'importance, mon Adjudant ?

Le simple gendarme, promu d'autorité adjupète, ne peut qu'expliquer que c'était une blague d'étudiants en médecine venus de Paris, ah, ces Parisiens ! Ils ont laissé traîner des os de bœuf agencés d'une telle manière que même des savants péloéogistes se sont laissés berner ! Des savants, vous vous rendez compte ! Et dire que l'on dépend de ces personnes là, des savants qui se gourent !

— Mais heureusement, mon Colonel, vous étiez là pour remettre les choses à leur place, dit Roland.

— Ah, ça, on ne pouvait pas retrouver les bœufs en question, mais on a mis le holà sur ces affaires de diplodocus inexistants, lui répond le "Colonel".

— Il devait y avoir les gendarmes Chapraud et Chapraut sur l'affaire, demande innocemment Roland.

— Chaprot, vous dites ? Connais pas, enfin si : il y a eu un Chapraud, dont vous pouvez admirer la photographie derrière vous, au-dessus de la plaque des "Morts pour la France". Adjudant Noël Chapraud, 1892-1915... La Grande Guerre, grosse hémorragie de notre belle jeunesse... Même si de mauvaises langues, les anarchistes, disent que les gendarmes faisaient le sale boulot en quatorze, pourchasser les déserteurs entre autres... Discours de gauchistes !

Roland observe le portrait de Chapraud, avec bandeau noir autour du cadre, un "Chapraud" qui ressemble beaucoup à notre "Chapraud", trouve Roland.

— C'était l'ancien Commandant de la Brigade, jusqu'en quinze... reprend le gendarme.

— Et il n'y a pas eu d'autre Chapraud chez vous ? Demande Roland.

— À notre connaissance, non... Ah si ! Il y a eu voilà quinze jours une affaire épatante : une troupe de comédiens, appartenant à un cirque ambulant, des Manouches quoi, qui avaient un couple de pseudo-gendarmes qui répondaient aux patronymes de Chapraud et Chapraut, Noël et Léon.

— Tiens, remarque Roland.

— Voui, des saltimbanques, rendez vous compte, ces deux faux gendarmes roulaient en Renault 4 ! reprend le gendarme. Une 4L... La dernière 4L en service à la brigade, elle a été réformée en 1997, c'est vous dire. Et en plus, ils étaient saouls du matin au soir, comme si les gendarmes buvaient autant...

— Oui, il en existe, place Roland.

— Qu'insinuez-vous par cette remarque ?

— Ben...

— Bon, écoutez, Monsieur le journaliste, vous êtes là pour l'histoire de ce canular à base de diplodocus, ou pour autre chose. Si je vous demandais votre carte de presse, moi ? Je considère que l'entretien est clos ! Bonsoir, Monsieur !

Et Roland sort, dépité une fois de plus. Ainsi, les Chapraudt existeraient peut-être...

J'ai tout de même l'impression d'être mené en bateau dans toute cette histoire... Même si le bateau est un sous-marin...

À ce moment, une clameur ramène Roland vers le centre-ville. Une manifestation sur la place. "On nous cache tout, on nous dit rien..." Les paroles de Jacques Dutronc sont chantées par des dizaines de voix. Roland interpelle une jeune manifestante et lui demande ce que c'est.

— Les os d'animaux préhistoriques ne sont pas un canular de carabins, ils existent, lui répond la jeune femme, qui s'écarte de Roland pour rejoindre un des groupes qui tiennent des banderoles avec les mots : "Vérité sur les ptéranodons" !

lundi 10 juin 2013

Génération Y

Le concept de "génération Y" était déjà parvenu à mes oreilles. C'était entré dans mon cerveau, je n'avais pas trouvé qu'en faire et j'avais fini par le ranger quelque part, là où je mets les choses que je ne comprends pas ou qui ne me semblent pas utiles de suite mais que je souhaite néanmoins conserver encore un peu. Et hier, voilà que Stéphane Paoli, dans son émission "3D", sur France Inter, se met à causer de cette "génération Y". Je dresse l'oreille.

Je ne sais pas si vous écoutez cette émission. Je l'écoute. Au départ, je l'aimais bien. J'avais de la bienveillance pour Stéphane Paoli et pour cette émission qui nous proposait de crever moins con. Cette émission se veut intelligente ou, au moins, "intello". Chaque semaine, ce sont des concepts abscons qui sont mis à l'honneur. Stéphane Paoli a ses tics de langage. Avec lui, tout est "interconnecté", "multiculturel", "globalisé". Et plusieurs fois par émission. Alors moi, au début, j'étais content d'apprendre des concepts intellectuels et intelligents. Assez rapidement, je me suis rendu compte que je n'étais pas vraiment en mesure de tout comprendre et je me suis dit que je devais être trop bête ou pas assez intelligent ou pas assez attentif.
Cette émission sent le copinage. Il y a des chroniqueurs et on se demande assez souvent à quoi ils servent. On imagine qu'ils sont là pour amener de l'humour et de la pensée philosophique légère. Pour moi, c'est raté. N'empêche, ils se la pètent, les membres de l'équipe ! Ils se savent penseurs et intelligents. Presque plus que les invités. Finalement, ils pourraient presque se suffire à eux-mêmes.
Le thème de l'émission d'hier était "changer d'ère". Vous noterez le jeu de mots. Changer d'ère, changer d'air, changer d'aire, changer der (des ders). Il était question des bouleversements de nos sociétés, de l'humanité et on parlait de "changement de paradigme". Parce que Stéphane Paoli, son équipe et ses invités nous expliquent que ça change partout autour de nous. Des fois que l'on ne s'en rendrait pas compte. Imaginez. Un type qui vit comme au néolithique parce qu'il n'a pas remarqué que ça avait un peu changé un peu partout dans tous les domaines. Il est temps de lui dire que l'on ne s'habille plus comme ça et que l'on ne chasse plus comme ci. Heureusement que les intellectuels du service public sont là.
Comme invités, il y avait Joël de Rosnay, Henri Atlan et Adeline Braescu-Kerlan. C'est cette dernière qui m'a mis en colère. Cette Adeline est une femme semble-t-il assez jeune qui fait partie de la "génération Y". Et c'est quoi cette génération là ? Elle ne le dit pas vraiment mais, par contre, elle dit combien c'est génial d'être de la "génération Y". Au passage, elle fait remarquer à Joël de Rosnay qu'il est bien trop vieux pour être de la "génération Y". Magnifique. Imaginez que la "génération Y" ne dit plus qu'elle va sur Internet. Non ! C'est bon pour les vieux, pour les anciennes générations, ça ! La "génération Y" n'a plus besoin de dire "Internet" tellement c'est naturel pour la "génération Y". Moi, vieux parmi les vieux, lorsque je prends mon ordinateur à manivelle, que je me connecte par signaux de fumée et que je fais quelques incantations aux divinités numériques, je dis à la cantonade : "Eh ! Les gars et les filles, je vais sur Internet !". Parce que les vieux, ils ne trouvent pas cela naturel, Internet. Pour eux, ça a une odeur de sorcellerie magique, vous voyez ? Oui, non, bien sûr, vous ne pouvez pas voir. Vous êtes des vieux vous aussi. Et même des plus vieux que moi pour la plupart. Ce blog est un blog de vieux, un avant-poste de la maison de retraite, l'antichambre de l'hospice. On vient sur le blog avec son déambulateur en bavant beaucoup et en pissant sous soi. Merde. Pas "génération Y", le blog. Pas du tout.
N'empêche que Stéphane Paoli, il s'extasiait de bonheur mal contenu aux propos de la Adeline "génération Y" (épouse X ?). Et alors moi, j'ai voulu approfondir la question. Je suis allé voir un peu ce que l'on trouvait à propos de cette "génération Y" sur Internet (Eh ! Les gars et les filles, je vais sur Internet !). J'y ai trouvé une polémique. Il y a l'histoire que le terme "génération Y" viendrait du cordon du baladeur qui forme un Y entre les deux oreilles et l'appareil qui fait du bruit. Il y aurait aussi l'explication qui dit que le Y se prononce comme "why" (pourquoi). Bon. Rien de bien clair. Il s'agirait d'une génération de personnes nées entre la fin des années 70 et le début du 21e siècle. Mouais. Bon. Des personnes pour qui l'ordinateur, les jeux vidéo, toutes ces choses là, seraient considérées comme normales et indispensables. Je ne comprends pas bien ce qu'il y a de si flatteur que ça. Mais je n'ai peut-être pas compris. Je dois être trop bête, pas assez intelligent et instruit. Bof.

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dimanche 9 juin 2013

Une deux chevaux extraterrestre dans l'espace intersidéral, c'est sidérant

La 2cv dans l'espace !Aux grands maux, les grands remèdes. Et qu'il y a-t-il de plus fort qu'un remède de cheval ? Hein ? Je vous demande un peu. Oui, d'accord, ok, on veut se la jouer fine. D'accord. Un remède de deux chevaux, ok, vous avez gagné.

"Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses." Dans "Le bon, la brute et le truand", c'est Blondin qui dit ça. Blondin, c'est pas celui du primate hivernal ou de la promenade nationale des drogués, c'est Clint Eastwood.
Ce matin, j'étais fort dépité (de circonscription). Impossible de trouver une idée de dessin pour le blog. Je vais voir ce que je trouve sur Internet et je ne vois pas grand chose de réjouissant hormis l'annonce du suicide d'un probable candidat UMP aux municipales de Périgueux. Un de moins ! Mais je n'allais pas faire un billet aussi facile. Je n'ai déjà pas pour habitude de me réjouir du bonheur des autres, je ne vais pas jubiler du malheur d'autrui. Ce n'est pas l'envie qui manque, pourtant. Un UMP de moins, ça fait toujours du bien par où ça passe.
Bon. Donc rien. Le vide intersidéral, comme on dit. Et puis je m'occupe à mettre en ligne le prochain épisode du feuilleton de Liaan. Et voilà que le même garnement m'envoie des photos de 2cv. Je laisse bouillir le tout dans le dedans de ma tête un instant et voilà que j'attrape une feuille toute neuve de Canson et que je commence un dessin et que ce dessin prend forme et que je l'encre et que je vais le mettre en couleurs et que le voilà !

La 2cv dans l'espace !
Pour en arriver à pareille extrêmité, je dois avouer que j'ai employé les grands moyens. J'ai bu beaucoup de café mais, surtout, j'ai écouté beaucoup de musique de drogué. Du Bob Marley, du Pink Floyd, du Canned Heat, du Janis Joplin, du Grateful Dead et même du Bach. Le tout bien fort pour me couper du monde. Ça a fonctionné. On aimera ou pas le résultat mais le résultat est là, le blog ne sera pas en panne ce dimanche. Demain, lundi, c'est une autre affaire.

samedi 8 juin 2013

Toujours un peu en panne

Aujourd'hui, j'ai terminé de faire les photos que l'on m'a demandé. J'ai pu ranger une partie du matériel et ça fait de la place libre. Par contre, il ne faut pas se leurrer, je n'ai pas eu le temps de faire quelque chose pour le blog. Peut-être demain ?

vendredi 7 juin 2013

En panne

Ce n'est pas la première fois, ce n'est pas la dernière. Ces temps-ci, rien à faire pour pondre un dessin. Je gaspille du papier en pure perte. Du coup, je suis démoralisé et ça m'agace. Je vais aller me faire cuire des nouilles. Je ne suis plus bon qu'à ça. Et merde.

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jeudi 6 juin 2013

Terrassement et promenade

Ce matin, je me suis amusé à faire du terrassement. J'ai aidé à poser des pavés dans une allée. Cet après-midi, je suis allé me promener dans les bois et j'avais amené mon appareil photo.

Poser des pavés, manier la pioche, travailler en plein soleil, ça m'amuse et j'aime bien mais je ne suis pas certain que ça me plairait autant si c'était mon métier et que je devais le faire tous les jours. Là, c'était un petit chantier qui a été rondement mené, vivement bâclé. En début d'après-midi, avec mon frère et son chien même pas à lui, Sully[1] nous sommes allés nous promener dans les bois. Il faisait très beau, très chaud. Nous sommes allés dans un bois où mon frère à ses habitudes. Un bois qui a été racheté il y a quelque temps et que le nouveau propriétaire s'attache à entretenir, à nettoyer, à rendre plus agréable. Les chemins sont propres, les arbres morts sont sortis. C'est une destination de promenade bien agréable.

J'avais amené mon appareil photo avec un seul objectif et sans me munir d'un pied. Il faudra que j'y retourne avec plus d'accessoires. Il y a beaucoup de photos intéressantes à faire, dans les bois. Par exemple, on peut trouver des arbres aux formes étranges, des souches étonnantes. Les effets de matières, de couleurs, de lumières. Il y a de quoi faire. J'y retournerai. Par exemple, j'ai vu un arbre qui m'a fait penser à un saxophone[2]
Arbre saxophone
Un peu plus loin, nous sommes allés rendre visite à Cachou. Cachou, c'est un âne qui vit en compagnie d'un cheval. Nous n'avons pas vu le cheval. J'ai fait des photos de l'âne mais elles ne sont pas intéressantes. On passe.
A un endroit, il y a un puits fermé par un couvercle en fonte qui, à l'origine, devait être un gros couvercle de marmite ou de quelque chose du genre.
Marmite fleurie dans les bois
En continuant et en prenant un autre chemin, on parvient à une cabane de pierres sèches restaurée par le propriétaire juste pour le plaisir de la reconstruire.
Cabane en pierres sèches dans les bois

Demain, je me remets au dessin. J'ai aussi des photos à faire, de produits, pour le boulot. Moi, je fais ça aussi pour rendre service. Après tout, je ne suis pas obligé de travailler pour l'entreprise qui m'emploie durant mes congés ou mon week-end. Je m'y retrouve dans la mesure où je peux utiliser le matériel d'éclairage qui appartient à l'entreprise. Je considère que c'est un échange de bons procédés. Jusque là parce que tout à l'heure, en rentrant chez moi, je relève mon courrier électronique et je tombe sur un mail d'une collègue qui m'intime l'ordre de faire certaines photos parce que c'est pressé et qu'il les lui faut de toute urgence. Je l'ai mal pris. Déjà que depuis quelque temps on me donne du travail à faire avec une belle régularité, que l'on ajoute des demandes pressantes, ça va commencer à m'agacer un peu.

Notes

[1] Il n'est pas bien certain que ce soit son vrai nom

[2] Et cela sans faire usage de stupéfiants !

mercredi 5 juin 2013

N'insistons pas

J'essaie de faire un dessin pour le blog. Je n'y arrive pas. Je n'ai pas d'idée, rien ne vient. Il ne faut pas insister, je pense. Quand ça ne veut pas venir, ça ne sert à rien d'user du papier et de la mine de crayon. Alors, j'abandonne et je vais terminer le bouquin en cours. Je vous en parlerai peut-être un jour.
Demain, il n'est pas certain que j'aie beaucoup de temps à consacrer au blog.

mardi 4 juin 2013

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (46)

Hé, hé, hé. Ce qui est amusant dans cette histoire de feuilleton, c'est bien que l'on ne sait jamais où on va. La preuve dans la suite que je vous propose aujourd'hui.

Alors, c'est la course contre la montre. Il faut échapper à Chantal qui a commencé à se relever. Consciente de n'avoir pas été entendue par ses amis bien occupés à expérimenter les jeux de la séduction et à découvrir les plaisirs de l'acte sexuel, elle se répète.

— Eh ! Oh ! Les obsédés sexuels ! On arrête les paluchages ! Il y a des petits hommes qui viennent de fuir dans l'herbe ! Regardez, c'est incroyable !

— Des petits hommes ? Mais oui, mais oui, lance, narquois, Bernard.

— Je n'ai pas rêvé. Ils sont partis par là. Tenez, les herbes bougent, je suis sûre que c'est eux.

— Tu fais chier, Chantal. Tu vois pas qu'on est occupés ?

C'est Françoise qui s'est décrochée de la bouche de Thierry qui vient de parler. Françoise, elle n'aime pas Chantal. Chantal, elle, elle n'aime pas Françoise. Une histoire qui date de la classe de CM1. Chantal était amoureuse de André et cette traînée de Françoise le lui a piqué. Depuis, elles sont en froid.

Les garçons n'ont pas l'intention d'abandonner leurs investigations linguales pour aller à la chasse aux petits hommes. Moqueurs, ils demandent si ces personnages sont bleus. S'ils le sont, ils suggèrent que Azraël va bientôt arriver pour les en débarrasser. Bernard profite du divertissement pour tenter une main dans le corsage de Eliane qui fait mine de réprouver le geste cavalier avant de s'abandonner tout entière.

Chantal hausse les épaules et déclare que si c'est comme ça, elle rentre chez elle à la gendarmerie et qu'elle va dire à tout le village ce qu'il se passe ici. Elle est très en colère, Chantal. Elle se lève et s'en va en abandonnant les petits hommes qui peuvent souffler de soulagement.

— On l'a échappé belle, dit Roland.

— On file au Nautilus pour retrouver les autres et leur donner nos provisions, répond Robert.

Ces deux là accompagnés de Östäl jugent plus prudent de laisser tomber le char d'assaut et de rejoindre la maison à pied. Ils s'orientent tant bien que mal et prennent le chemin du retour. Bientôt, la maison est en vue. Avec une extrême prudence, ils se lancent dans la traversée de la cour et se jettent dans la grange. Leurs compagnons sont là à les attendre. Ils questionnent et écoutent le récit de la mission d'exploration avec intérêt. Ils accueillent les provisions avec joie. Après que tous eurent calmé leur faim, le temps est venu de décider de la suite. Il apparaît clairement qu'il n'est pas envisageable de bouger loin. De même, on admet que l'on en sait finalement bien peu sur l'époque et le lieu où l'on se trouve. Quelques indications tendent à montrer que l'on serait dans une époque proche quelque part en Bretagne mais il y a aussi cette histoire d'os de dinosaures découverts sur la plage proche. Et ça, c'est un peu inquiétant. On est dans l'expectative. On ne sait pas quoi faire mais on sait aussi que l'on ne peut pas rester dans cette situation. Le gros problème est que l'on ne peut pas essayer grand chose. On discute, on échafaude des théories et des plans, on propose des solutions et on en démolit d'autres. On tourne en rond et on commence à déprimer. Le moral est à la baisse. Il n'y a guère que les Chapraudt pour ne pas prendre conscience de la gravité de la situation.
Il faut dire que les Chapraudt, pendant tout ce temps, ils sont partis explorer la grange. Et il se trouve qu'en fins limiers qu'ils sont, il ont fini par mettre la main (ou presque) sur la réserve de bouteilles de calvados de la maison. Un casier plein de bouteilles ! Une aubaine pour ces buveurs assoifés. Hélas ! Malgré leurs efforts et leurs tentatives, impossible de trouver une solution pour ouvrir ces flacons. Déjà, rien que pour déboucher une de ces bouteilles, il faudrait atteindre le goulot. Et le goulot, il se situe à une bonne dizaines de mètres au-dessus de leur tête. Ah ! Ils ont bien essayé de faire un lasso avec une ficelle. Ils ont bien tenté de fabriquer un grappin avec un vieux clou. Ils ont bien cherché à escalader le casier. Ils se sont bien aventurés à gravir le manche de la houe appuyée contre la caisse proche qui surplombe les bouteille. Il se sont escrimés, ils se sont cassés la gueule plusieurs fois mais ils ne sont jamais arrivés à toucher l'un ou l'autre des bouchons. Et quand bien même ils y seraient arrivés, comment auraient-ils pu les extraire, ces bouchons ? Pas avec leurs ridicules petits tire-bouchons. Ils se sentent dépités, les Chapraudt. Echouer si près du but, c'est un fâcheux coup du sort. Et pourtant, ils en sont certains, la solution naîtra du calvados. Ils n'arrêtent pas de le clamer et de casser les oreilles de tout le monde. Le calvados est la clé de leur salut à tous. Pour eux, l'enjeu est simple. Il faut trouver du calvados. Le calvados leur redonnera taille normale et ils pourront rentrer à la gendarmerie où ils feront leur rapport. Avec un peu de chance, on lèvera leur mise à pied et ils reprendront une vie normale. Tous sont affligés par autant de bêtise. Ils ne pensent même plus à demander aux gendarmes de se taire. L'heure est grave et on a mieux à faire qu'à lutter contre les idiots de service.
Östäl se lève d'un bond. Il demande que l'on se taise. Il vient d'entendre des pas qui arrivent vers la grange. Panique dans les rangs ! Une ombre s'approche en effet de la porte. Vite ! Nos héros se lancent dans le sous-marin, seul endroit où ils peuvent se cacher et prétendre à un peu de sécurité. On verrouille la trappe d'accès et on observe par les hublots ce qu'il se passe dans la grange.

C'est Pierre qui vient d'entrer. Pierre est venu chercher son nouveau jouet avec l'idée de filer tout droit vers l'étang. Il a pris une besace pour cacher son sous-marin. Il est bien décidé, Pierre. Il n'a aucune hésitation avant d'agripper le Nautilus et de le plonger au fond de son sac. Il n'agit pas avec grande délicatesse et ne semble pas se soucier de la santé de l'équipage du Nautilus. A sa décharge, on reconnaîtra qu'il ignore tout dudit équipage.

Il va sans dire qu'à l'intérieur du sous-marin, on est bien bousculé. Cette fois-ci, on a pris ses précautions et on a prit garde de bien se cramponner et de bien s'attacher. Pour autant, le décollage est mouvementé et on se retrouve sur le côté, balloté de droite à gauche au gré des mouvements de la marche du garçon. Le voyage jusqu'à l'étang se fait dans l'obscurité totale. Il dure bien assez longtemps pour que ça soit lassant. On jure, on peste, on râle, dans le Nautilus. Mais que peut-on faire ? Rien. Il faut se résigner à subir tant qu'une solution n'est pas trouvée. Et en fait de solution, on n'en a pas l'espérance de la plus petite.
La lumière s'infiltre par les hublots. On se sent élevés dans les airs à grande vitesse puis, avec la même vitesse, descendus vers la terre. Sauf que c'est vers l'eau, que l'on est abaissés. Östäl se détache de ses liens et part vérifier que tout est bien fermé, que l'eau ne pourra pas s'infiltrer dans le Nautilus.
Le Nautilus est sur l'eau. Il flotte comme il peut. Il prend du gîte. Ses ballasts sont vides. Östäl a une idée. Elle vaut ce qu'elle vaut mais au moins, c'est une idée. Il la propose à ses compagnons. Il s'agit de plonger et de tenter de s'éloigner de la berge. Pour réussir cela, il faut se remettre à pédaler et à pomper. On hésite un court moment et puis on se dit que, fichus pour fichus, il est préférable de mourir noyés que de vivre à l'état d'hommes minuscules. Tous rejoignent leur poste et le Nautilus commence son immersion en même temps qu'il s'éloigne de la plage de l'étang, sous le regard médusé de Pierre qui ne peut rien faire pour récupérer son jouet. Il faut moins d'une minute pour que le sous-marin disparaisse de la vue de l'enfant.

Du reste, beaucoup d'autres éléments vont disparaître très prochainement de la vue de Pierre puisqu'il se trouve que Paul et sa bande vient de sortir du petit bosquet et qu'ils manœuvrent habilement pour prendre le malheureux enfant en tenaille. L'état major amis en place un plan de bataille infaillible auquel ne pourra échapper Pierre, sauf à ce qu'il se décide de fuir à travers les eaux froides, boueuses et pestilentielles de l'étang. C'est ce qu'il va se résoudre à faire mais un peu trop tard. Paul est déjà sur lui. Il reçoit son poing dans l'œil gauche qui bleuit et enfle de belle manière. Alors qu'il tombe à la renverse, l'œil droit est accueilli par une semelle à gros crampons. L'arcade sourcilière rend grâce et éclate. L'œil menace l'exorbitation. Voilà le pauvre Pierre rendu aveugle pour un temps. S'il ne peut plus les voir, il sent les coups pleuvoir sur tout son corps. Ses côtes subissent les assauts violents des pieds perfides, les bras maigres qui essaient de protéger le visage contusionné sont frappés, les jambes qui s'agitent dans des mouvement désordonnés et désespérés sont muselés. Pierre est soulevé et conduit au bout de la jetée d'où il est jeté sans ménagement dans l'eau vaseuse. Il n'a pas de pot, le pauvre Pierrot.

A bord du Nautilus, tout n'est pas rose non plus. La chute de Pierre a provoqué une lame de fond qui entraîne le sous-marin vers les profondeurs sans que l'on puisse commander ou diriger quoi que ce soit. Le vaisseau est en perdition. On s'époumone à pédaler de toutes ses forces pour rétablir l'assiette mais rien ne peut y faire, le courant est bien trop fort. En vrille, le Nautilus s'enfonce. Östäl et Gemenle, seuls membres d'équipage à connaître le bâtiment et son fonctionnement déclarent que l'on peut arrêter la lutte et qu'il ne reste plus qu'à souhaiter un retour au calme naturel. Gaëlle est déjà la tête à un hublot. Elle annonce que l'on n'y voit rien à plus de cinq mètres mais qu'il lui semble que l'on est proche du fond. Il lui semble en effet apercevoir des algues. D'un coup, elle pousse un cri effrayé et effroyable. C'est une carpe immense qui vient de passer à proximité du Nautilus. Elle a vu un œil énorme qui la regardait. Robert accourt pour voir le poisson. C'est bien une carpe. Une carpe immense, grosse comme une baleine.

— Enfin, une baleine, je dis ça mais je n'en ai jamais vu. J'imagine que c'est gros comme cette carpe, quoi.

— Un autre poisson ! crie Chapraud.

— Où ? Où ? s'enthousiasme Chapraut qui veut voir.

— Là, à droite, là !

— On dit pas à tribord, dans la marine ?

— Je ne sais pas. Je suis gendarme, pas marin.

Chapraut s'est approché d'un hublot. Il cherche, il ne voit rien, il s'énerve.

— Il est où, ton poisson ?

Soudainement, il le voit, le poisson ! Il n'a pas le temps de crier que déjà un brochet gigantesque vient heurter le sous-marin qui est propulsé sur le côté. A l'intérieur, une fois de plus, on compte ses bosses.

— Nous voilà dans de beaux draps, se lamente Chapraut. On va mourir au fond de cet étang. On va mourir de faim et de soif. C'est horrible.

— Mourir de soif, j'aurais pas pensé que ça pouvait m'arriver, pleurniche Chapraud. Dire qu'il y a une réserve de calvados juste à côté. Quitte à mourir, autant mourir joyeux !

Et il est vrai que la situation est délicate. Ballotés par les courants, bousculés par les poissons, les passagers du sous-marin n'ont pas un avenir brillant face à eux. Ils ont beau réfléchir, se creuser la tête, retourner les questions dans tous les sens, il n'y a aucune solution. La seule option qui se présente à eux, c'est de rejoindre la surface. Mais une fois à la surface, que feront-ils ?
Rester au fond de l'étang, c'est se condamner à mourir faute d'oxygène. Il faut donc remonter et essayer de se trouver un port d'attache sûr, un endroit où l'on ne viendra pas les dénicher. La décision est prise à la quasi unanimité, on remonte à la surface. Il n'y a que les gendarmes pour s'opposer à cette décision. Ils déclarent se mettre en grève si l'on ne leur permet pas de reprendre des forces en buvant un peu de calvados. On leur refuse ce droit mais on leur promet de leur en donner un peu dès que l'on aura trouvé un refuge. A contre cœur, les gendarmes finissent par accepter de pédaler mais ils avertissent qu'ils n'assureront qu'un service minimum.

— C'est déjà plus que ce à quoi vous nous avez habitués, lâche la fluette voix de Etzelle.

L'incident est clos, les postes sont distribués et on se prépare à rejoindre la surface.

la remontée est difficile et éprouvante. On dirait que les poissons de l'étang se sont donnés le mot. Ils viennent tous voir ce nouveau locataire bien étrange. Ils sont nombreux à vouloir toucher. Peut-être même à mordre pour certains. A tous les coups, le Nautilus est projeté dans une autre direction et l'équipage à fort à faire pour conserver un semblant de cap et d'assiette. Le sous-marin finit par atteindre la surface. Nos héros sont satisfaits de pouvoir arrêter de pédaler et de pomper. Östäl se prépare à ouvrir l'écoutille principale, il a déjà commencé à manœuvrer le système de fermeture lorsqu'une carpe lancée à vive allure près de la surface heurte avec violence le Nautilus. Par malheur, le sous-marin a remonté de son voyage vers les profondeurs une ligne de pêche munie de son hameçon qui va se ficher dans la peau du poisson lequel, n'appréciant pas du tout d'être piqué au vif de pareille manière, décide d'offrir un voyage de son cru dans son territoire. La carpe a mangé du lion. Elle est particulièrement vive et nerveuse. Pour se débarrasser du sous-marin bien trop accroché à elle à son goût, elle part dans une suite de zigzags, de virages brusques, de descentes aux abysses, de ralentissements suivis d'accélérations. Dans le Nautilus, on n'a pas eu le temps de se préparer. Seuls Gaëlle, Etzelle et Gérard étaient encore attachés lors de l'attaque carpière. Tous les autres, sont sonnés, étourdis, contusionnés, assommés, blessés. Le lien entre la carpe et le sous-marin cède à proximité de la bonde. Livré à lui-même et poursuivant sur sa lancée, le Nautilus bascule dans les canalisations et est entraîné hors de l'étang dans un canal qui va rejoindre le cours d'eau proche. Il dévale une petite cascade, rebondit sur une pierre lisse, glisse sur une succession de pierres plates, tombe dans un trou, est englouti par un tourbillon, passe un syphon naturel et parvient à une cavité obscure. Là, le sous-marin fait naufrage sur une plage.

Il faut au moins une heure pour que Östäl reprenne conscience. Dans le noir le plus complet, il cherche à s'orienter. Il lui faut longtemps pour comprendre que le Nautilus est couché sur le flanc. Une fois la situation assimilée, il peut se diriger vers le poste de commandement et chercher une lampe-torche. Dès lors, il porte secours à ses camarades d'infortune et il peut commencer à évaluer au mieux la situation. Peu à peu, tout le monde reprend ses esprits. On se tâte les contusions, on s'assure que rien n'est irrémédiablement cassé, on s'entraide, on se sort de positions inconfortables, on a des mots de réconfort. A l'aide des quelques lampes disponibles, on cherche à voir le monde extérieur à travers les hublots. Il apparaît rapidement que l'on n'est plus dans l'eau. On n'explique ni comment on est arrivé là ni où l'on est mais on se met d'accord pour essayer une sortie prudente. Tout le monde sort du Nautilus. Il ne leur faut pas longtemps pour parcourir la grotte. Elle semble particulièrement grande. Etzelle fait remarquer qu'ils sont particulièrement petits. Gaëlle avoue qu'elle avait déjà oublié ce détail. Ils voient le boyau par où ils sont arrivés et comprennent comment et pourquoi ils se sont échoués là. La rivière souterraine fait un coude brusque avant de replonger dans les entrailles de la terre. Aidé par l'effet centrifuge, le Nautilus a été éjecté. Légèrement en hauteur, Roland remarque la présence d'une galerie montante. Il demande que l'on l'aide à se hisser jusqu'à elle et propose de l'explorer sommairement. Cette galerie est tout à fait praticable et il propose que l'on aille voir où elle mène. S'aidant les uns les autres, notre petite troupe se transforme en groupe de spéléologues. La galerie est réellement vaste et la progression se fait très aisément.

Mais bientôt, la faim se fait sentir dans les rangs. Ce sont les gendarmes qui s'en plaignent les premiers. On réfléchit et on se dit, à la lumière des événements et émotions de la journée, que l'on pourrait regagner le sous-marin pour se restaurer des maigres réserves encore présentes à son bord.

— Et on pourrait bien faire passer le repas avec un peu de calvados. Je n'ai aucune confiance dans cette eau qui ne me semble suspecte et peu potable, essaie Chapraut

— Oui, on pourrait. Vu la situation, on devrait se permettre ça, appuie Chapraud.

— Ils ont raison, tranche Colette. Nous ne sortirons peut-être jamais vivants de cette aventure. Autant se faire un petit plaisir.

Même les plus récalcitrants se laissent convaincre. Sans se le dire, tous ont au fond d'eux-même la désagréable sensation que la fin de l'histoire est proche. Le Docteur Gemenle ajoute que en l'état il serait vain de tenter de remettre le Nautilus en fonction.

— Couché zur le vlang gomme il est, on ne bourra chamais le redrezer !

La colonne fait demi-tour et reprend la progression en sens inverse. C'est Chapraud qui est maintenant en tête de cortège.

— Aïe !

Il vient de se cogner la tête contre une scélérate stalactite.

— Ouille !

Chapraut vient de s'en prendre une en pleine poire à son tour.

— Faites attention où vous marchez, bande d'imbéciles, lance Roland.

— Ah. On arrive à un passage un peu étroit, annonce Alice aux suivants.

— Houla oui, en effet, note Etzelle qui est obligée de se contorsionner pour franchir le rétrécissement.

— Aidez-moi, je suis bloqué ! appelle Gérard.

— Attention. Par là, le plafond est bas, préviens Robert

— Z'est très pissare ! Dout à l'heure, za zemblait peaucoup blus faste, s'interroge Gemenle.

— C'est vrai, assure Alice. Pour l'aller, nous n'avons pas connu ses problèmes.

— Exact, lance, toute guillerette, Gaëlle, juste avant de cogner une stalactite du front.

— Là ! Là ! Là ! Re... Re... Regardez !

Chapraud montre quelque chose dans le faisceau vacillant de sa lampe torche. Tous se regroupent et regardent. Ils restent muets. Devant eux, le Nautilus s'est réduit à la dimension d'un jouet pour enfant. Plus mystérieux encore, la grotte qui semblait si vaste leur permet à peine de les faire tenir debout. La rivière souterraine n'est plus qu'un mince filet d'eau.

— On grandit ! explose Gérard. On grandit ! On va crever écrasés dans ce trou à rat !

Et en effet, on grandit. Bientôt, il faut ployer l'échine pour tenir dans la grotte. Encore un peu et on a du mal à s'y trouver tous une place.

Östäl va essayer quelque chose. Östäl est une force de la nature, un colosse. Il gonfle les muscles de son cou et de ses épaules et il prend appui contre le plafond. Roland, Robert, Gérard et, plus curieusement, les gendarmes comprennent le sens de la manœuvre. Ils se redressent, ils appuient fort sur les jambes et la voûte commence à craquer. Elle se soulève, elle se fissure, elle se cisaille, elle cède ! Un dernier effort et nos héros se retrouvent la tête à hauteur de sol. Ils n'en reviennent pas. Ils s'extirpent de leur trou et Roland a la présence d'esprit de se saisir du tout petit sous-marin qu'il glisse dans une poche.

Couverts de terre, encore sous le coup de la surprise, nos aventuriers n'en reviennent pas encore. Au loin, ils entendent le vrombissement caractéristique d'une route. Ils se dirigent à l'oreille vers la civilisation.

— Ah mais je connais ! C'est le champ à Hector. affirme Gaëlle en longeant une haie.

— Vous reconnaissez ?

— Ah oui ! Je suis pas encore sénile ! Je connais mon pays !

— On est à Pont-Aven ?

— Sûr !

totalement sous le choc, l'équipe accélère le pas.

— Tiens, le facteur. dit Chapraud

- Tiens, oui, répond Chapraut sans plus s'étonner.

— On irait pas dire le bonjour à Kermitt ? Je vois sa maison.

— Et se faire payer un coup.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, nous voilà revenus à Pont-Aven. Comme si de rien n'était. Gaëlle a déjà repris le chemin de sa maison, suivie des gendarmes décidés à rendre une visite de courtoisie à l'ancien boulanger. Roland et Robert sont interdits, les bras ballants. Colette et Gérard, Gemenle et Östäl annoncent qu'ils ont des trucs à faire et qu'ils vont devoir y aller. Alice déclare que l'heure est sans doute venue de se dire au-revoir et qu'elle a l'intention de repartir chez les siens. Etzelle demande qui pourrait la ramener chez elle.

Roland tâte le Nautilus dans sa poche. Il le sort. Il est tout petit, un tout petit sous-marin de poche, un jouet de luxe. Il ne sait quoi dire, il n'a rien à dire. Il regarde Robert qui, lui non plus, n'a rien d'autre à faire que d'afficher son incrédulité et son incompréhension au grand jour.

— Robert ?

— Oui Roland ?

— On n'irait pas manger quelques galettes ?

— On n'a pas grand chose d'autre à faire.

— Oh ! Regarde ! Tu vois l'immense navire, là-bas, au loin ?

— Ah oui. Il est vraiment gigantesque, dis-moi.

— Ce ne serait pas ce porte conteneurs français, le plus grand du monde, qui peut porter seize mille conteneurs, le Jules Verne ?

— Le Jules Verne ? Certainement pas ! Il est amarré à Marseille. Il va être inauguré par François Hollande aujourd'hui.

— Mais alors ? Quel est donc ce bâtiment énorme ?

lundi 3 juin 2013

Gloire au bouchon !

Départ de Périgueux. Je monte sur le bourg de Coulounieix, file sur Atur et redescend sur Saint-Laurent-sur-Manoire. J'arrive au rond-point qui va me permettre de bifurquer vers l'ancienne RN 89 et prendre la route de Azerat.

Devant moi, un fourgon. Devant le fourgon, au rond-point, une cohorte de véhicules arrêtés. A ma gauche, une file de voitures ; à ma droite, qui s'étend au loin, une autre file d'automobilistes à l'arrêt. Il y a un bouchon. Peut-être un accident. Peut-être autre chose. Il faut prendre une décision. De là où je me trouve, je peux patienter et ronger mon frein ou bien faire demi-tour, prendre la première route à droite, longer le bourg de Sainte-Laurent-sur-Manoire et continuer en direction de Bassilac. A partir de là, direction le Change puis Cubjac avant de passer par Brouchaud et de rejoindre Azerat par les petites routes.
Il fait beau. Très beau. Il fait chaud et la perspective d'avoir à attendre dans le bouchon qui peut durer longtemps ne m'enchante pas. Clignotant, je commence ma manœuvre. J'avance, braque, recule, braque, avance. Première route à droite. Je passe sur un petit pont qui me permet de voir la longueur de la queue avant et après le rond-point. J'ai pris la bonne décision. Direction Bassilac !
Je connais bien cette route. Il fait vraiment très beau et ça me fait plaisir. Un vrai plaisir. Pour une fois que je suis content de voir le soleil et d'avoir presque trop chaud. Je roule sur des petites routes assez tranquilles à bonne allure. La nature me semble frétiller de bonheur. Elle laisse éclater ses couleurs. J'écoute la radio, la vitre est baissée, je profite du beau temps. Je passe le Change et arrive bientôt à Cubjac. La lumière est belle. L'Auvézère m'attire. Je m'arrête, j'attrape l'appareil photo que j'avais laissé dans la voiture et je fais quelques images. Je remercie vraiment le bouchon.

Cubjac - l'Auvézère
Cubjac - l'Auvézère

Sinon, demain c'est mardi. Le mardi, c'est jour de feuilleton. J'ai écrit un épisode qui, une fois encore, paraîtra peut-être trop long à certains. C'est que j'ai pas mal pataugé avant de trouver une direction. Enfin vous verrez bien.

dimanche 2 juin 2013

Objet du jour

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samedi 1 juin 2013

La pensée des nouilles éclaire le monde

Aujourd'hui, je vais vous parler d'un livre qu'il va vous falloir trouver et lire de toute urgence.

Je suis d'une génération où la bande dessinée est peu considérée. Tout au long de mon parcours scolaire, il n'est pas arrivé une fois que l'on conseille aux élèves d'ouvrir un album de bandes dessinées. Lire Balzac, Ronsard ou Camus, ça oui. Souvent. Il convenait de lire sérieux. Et lire sérieux, c'est lire sans image. Les images, les petits dessins, c'est bon pour les classes de maternelles. Une fois que l'on a acquis la lecture, on laisse les images de côté.
Ça n'a jamais empêché les enfants et les adolescents et les adultes de lire des BD. La seule chose, c'est que l'on le faisait un peu en cachette, un peu honteusement. Il y avait celles qui étaient tolérées comme celles de Hergé et celles qui ne l'étaient pas du tout parce que trop vulgaires, trop violentes, trop libres. Mais maintenant, je suis un grand garçon et je fais bien ce que je veux comme je veux. Non mais !
C'est arrivé je ne sais plus comment. En naviguant sur Internet, un jour je tombe sur le blog de Isaac Wens. Et voilà que je me mets à sourire et à rire en lisant ses billets. C'est arrivé je ne sais plus quand mais depuis, je suis ce blog régulièrement.
Le héros de ce blog est Mr Popo. Mr Popo est entouré d'une petite fille qui pourrait être la sienne, d'un canard jaune, de nouilles martiennes, volantes et protéiformes. Mr Popo aime réfléchir et nous faire partager le fruit de ses réflexions. Il le fait très souvent en quatre cases joliment mises en couleurs. A chaque nouvelles quatre cases, on se sent déjà un peu moins bête.
C'est pour cela que lorsque j'ai appris qu'un recueil était édité, je me suis (un peu) empressé de l'acheter avec des euros honnêtement gagnés. Je l'ai reçu aujourd'hui. Première bonne surprise, le livre est plus grand et plus épais que je ne le pensais. Deuxième bonne surprise, les pages intérieures ne sont pas vierges. Il y a belle et bien des aventures de Mr Popo dessinées à l'intérieur. Je préfère le préciser tant il arrive trop souvent aujourd'hui encore que l'on se fasse avoir en achetant des livres vides. Le papier est de bonne qualité et l'ensemble a été imprimé en République tchèque. On pardonnera cette petite faute de goût.
Comme ça, on pourrait penser que je suis en train de faire de la pub pour Isaac Wens. D'abord, je ne doute pas un instant qu'il n'en a pas besoin ; ensuite, si tel était le cas, je vous prie de croire que j'aurais négocier un tarif avantageux. Je ne suis pas certain du tout que ce livre soit fait pour tout le monde. Il me semble qu'il est réalisé afin de toucher une cible bien précise de lecteurs avertis et d'une intelligence plutôt supérieure. Autant dire que vous ne devez pas vous sentir obligés de l'acheter. D'ailleurs, il n'est pas donné.
Il y a une très légère frustration à relire des choses déjà lues gratuitement sur Internet. On se dit que l'on aurait pu économiser son argent pour acheter des choses que l'on ne peut avoir gratuitement sur Internet. Des nouilles par exemple. J'ai fait le calcul, j'aurais pu acheter près de 10 kg de pâtes alimentaires avec le prix de ce livre. Baste ! Ce n'est pas tous les jours que l'on aide les jeunes créateurs et que l'on acquiert un beau livre que l'on pourra laisser bien en vue sur un joli meuble et qui fera dire que vous êtes une personne de goût.

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