Grâce soit rendue aux Pink Floyd

Cet après-midi, j'ai été pris d'une violente envie de dessiner. J'ai commencé par placer le premier disque de l'album "The Wall" dans la platine et à tourner le potentiomètre du volume loin vers la droite. Alors, je me suis assis devant ma feuille.

On ne dira jamais assez tout le bien qu'il faut penser de ce groupe majeur qu'est le Pink Floyd. Comme l'on le dit trivialement, il faut vraiment avoir de la merde dans les yeux pour ne pas voir entendre combien leur musique surpasse tout ce qui a existé ou existe[1]. Je me fous que l'on ne soit pas d'accord avec moi d'abord parce que, d'une manière générale, je me fous de ce que l'on peut penser et ensuite parce que je me contrefous que l'on puisse ne pas être de mon avis puisque le seul avis en toute chose qui m'importe, c'est le mien.
"The Wall" m'envoûtait donc lorsque le crayon a commencé à se laisser guider par la musique. Je n'avais aucune idée du dessin que cette séance allait produire si ce n'est qu'il allait certainement y avoir une motocyclette. Assez rapidement, la scène s'est faite jour sous mes yeux et j'étais heureux, isolé par la musique de tout ce qui pouvait me distraire de mon état de transe. Le deuxième disque de l'album allait "éclaircir" un peu plus l'idée du dessin. Il ne serait pas joyeux mais il serait tout de même jubilatoire ! Je commençai l'encrage à la plume atome en écoutant l'album "Atom Heart Mother" qui, à mon sens, est l'un des meilleurs du groupe et certaiment le plus "moto".
Le volume encore un peu plus élevé, je laissais la plume courir nerveusement sur la feuille de papier, ne la levant que pour la plonger rageusement dans la bouteille d'encre, sans prendre garde de la remplir correctement et sans m'inquiéter de ce que mes doigts prenaient une teinte pour le moins suspecte. Ensorcelé par l'exceptionnelle beauté de la musique, je la laissais commander la main qui traçait sans rien demander à ma cervelle affichée aux abonnés absents.
Je changeais de plume pour une plus souple alors que je passais à "Meddle". Une musique plus calme, plus sereine, plus méditative qui me permettait d'entreprendre les premières finitions. Le dessin était terminé et je passais mon encéphale en mode "on". Maintenant, il me fallait commencer à m'appliquer. Je le pouvais, l'essentiel était déjà sous mes yeux.
Lorsque le pinceau entra à son tour dans l'arène, les Concertos Brandebourgeois avaient remplacé Pink Floyd. Je les écoute encore actuellement, en écrivant ses lignes. Le dessin est tout à côté de moi, il sèche. Tout à l'heure, je le numériserai et il sera l'objet de ce billet.

Je remercie pour leur participation à cet immense projet : les Pink Floyd, Jean-Sebastien Bach, les plumes Conté, "R"[2] et Lefranc & Bourgeois, le porte-mine Pentel P205, l'encre de chine de marque et qualité discutables et surtout, le pinceau Winsor & Newton. Merci à toutes et à tous, vraiment. Merci.

Motard of the dead

Notes

[1] Bach, Mozart, Beethoven et Coltrane mis à part

[2] Je ne trouve pas la marque exacte

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