Autant se taire

Ce soir, je vais mieux. Je pense que d'ici quelques jours, ça ira presque tout à fait bien.

N'avoir rien à montrer et rien à dire n'est pas confortable pour qui se targue de tenir, presque au quotidien, une sorte de journal pas intime décousu. Ce soir, je n'ai rien à dire de spécial. J'ai peu dormi la nuit dernière, la journée de travail s'est passée comme une autre journée de travail, j'ai fait un repas ni pire ni meilleur que d'habitude et maintenant, je me dis que j'irai sans doute me coucher dans une heure ou deux.

L'histoire, c'est que je pourrais tenter de vous raconter un peu n'importe quoi histoire de meubler. Je pourrais même inventer des aventures incroyables qui auraient pu m'arriver. Mais non, pas envie.
J'écoute France Inter en fumant une dernière cigarette. Je me dis que je vais aller lire au lit. J'ai du mal à lire, depuis quelques temps, de la difficulté à me concentrer sur le livre. C'est peut-être aussi qu'il ne m'intéresse que moyennement. Il faudrait que je trouve un bouquin qui me plaise.

Un copain vient de m'appeler. Il était content. Il venait de faire un repas fait de salade et de fromage "de paysan" accompagné de vin rouge. A mon avis, il ne se sera pas contenté d'un verre. Il était content mais tout de même, il n'a pas pu s'empêcher de rouspéter contre la réforme des retraites en préparation. Alors, il en a appelé à la révolution qu'il faudra bien que l'on fasse l'un des ses jours, dès que l'on aura un peu de temps. Lui, du temps, il en a. Il dit que la révolution finira par arriver et il l'espère pour bientôt. Sa mère n'aime pas qu'il dise des choses pareilles au téléphone. Elle n'est pas bien certaine que l'on n'écoute pas les conversations téléphoniques. Elle aimerait bien que son fils pense moins à la révolution et plus à se trouver un boulot. Lui, il dit qu'il n'y a pas de boulot. Pas du comme il voudrait. Alors, elle s'assied dans son fauteuil et elle le laisse parler de révolution en buvant du vin rouge ou de la bière.

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