Ecolo mais pas trop (1)

Nous n'avons qu'une planète. Cette planète, nous nous devons de la laisser dans le meilleur état aux générations futures. Une vie saine nous permet de vivre mieux. Quoi d'autre encore ? Ah oui ! Polluer, c'est mal et les OGM, c'est caca. Voilà, j'ai bien compris la leçon.

Ce que j'aime bien avec l'écologie, c'est que c'est une science évidente, simple et facilement compréhensible. Par exemple, il est très facile de comprendre qu'il est préférable de vivre sur une planète où l'on peut respirer son oxygène quotidien sans avoir à penser de payer un abonnement à la société de fourniture d'oxygène. De même, il est bien plus agréable de pouvoir profiter des merveilles de la nature, des arbres, des petites fleurs et des gentils animaux tout gentils plutôt que de ne voir tout cela que sur des écrans, en se connectant à la base de données de l'Office Mondial de Documentation. Ce que j'aime bien, avec l'écologie, c'est que l'on peut y voir soit un bel exercice de science-fiction, soit une nouvelle religion. C'est un peu comme on veut.

Il y a des modes. Dans les années 70, c'était la lutte contre le nucléaire et les 4L ou 2cv circulaient en arborant le joli auto-collant suivant :

nucleaire non merci

A l'époque, on ne pestait guère contre les 4x4 et les OGM n'existaient pas. C'était l'époque du Larzac, de la lutte contre les colorants alimentaires, du retour à la terre et de l'énergie solaire, déjà.
L'énergie solaire, ce n'est pas idiot. C'est cher, ça ne marche pas vraiment, mais ce n'est pas idiot. Bon, bien sûr, depuis on a appris à se méfier du soleil et on nous dit qu'il ne faut pas trop s'exposer à ses rayons. Mais pour faire chauffer de l'eau ou pour fournir de l'électricité, ce n'est pas idiot. Je me souviens du four solaire d'Odeillo et des espoirs d'une énergie propre et inépuisable (enfin... à l'échelle humaine).
En France, l'écologie a commencé à devenir chiante à partir du moment où le mouvement est entré dans le monde politique. Il y a eu l'inénarrable Brice Lalonde et son mouvement "Génération Ecologie" suivi par les Antoine Waechter, Cohn-Bendit, Voynet, Mamère ou Bové. De gentils baba-cool, les écolos sont devenus casse-couilles bobo. On a commencé à faire la guerre à tout et à n'importe quoi et en priorité à des symboles comme la voiture particulière ou les OGM.
Je me souviens qu'il fut un temps où le débat, chez les écolos, était de savoir s'ils devaient se placer à droite ou à gauche, dans le panorama politique. Il y avait les partisans du ni-ni et ceux qui avaient plutôt tendance à choisir l'un des deux camps. Pour moi, être écolo était forcément être de gauche. Faut dire que je me dis de gauche et que, forcément... A une époque, j'avais un très bon copain en Charente et il se trouve qu'il m'avait introduit auprès d'un mouvement écolo, dans le sud charentais. J'ai participé à quelques soirées, à quelques débats. On y buvait du vin en mangeant de la charcuterie "bio" (ou pas, ça dépendait) en refaisant le monde. On disait qu'il fallait faire gaffe à pas polluer mais, dans le même temps, personne ne critiquait ma bonne vieille Volkswagen qui consommait ce qu'elle pouvait. Ce que j'aimais bien, c'était le côté idéaliste et pas forcément très politique. C'était en province, en pleine campagne et il y avait des idées qui n'étaient pas idiotes.
En 1988, pour les élections présidentielles, je crois me souvenir que j'avais voté Voynet, au premier tour. Je l'aimais bien, Voynet, elle avait un beau sourire sur les affiches. Et puis, elle s'était clairement déclarée de gauche. Je me sentais plutôt proche des écologistes, finalement. Je triais mes ordures ménagères, faisais du compost avec les épluchures, essayais de ne pas trop consommer, aussi. Mais faut dire qu'il est plus simple de ne pas trop consommer lorsque l'on a pas trop d'argent, ce qui était le cas à l'époque, pour moi.
Lorsque Paris est passé à gauche, j'ai été heureux. Je ne suis pas de droite. Lorsque les écolos sont arrivés au conseil municipal de Paris et que l'on a commencé à parler de rendre la ville aux piétons, j'ai applaudi. Dans le fond, je suis toujours persuadé que Paris serait bien plus agréable sans toutes ces voitures. Là où l'on peut discuter, c'est sur ce qui est proposé pour que l'on puisse se passer de sa voiture dans Paris mais certainement pas du bien fondé de l'idée.

La suite une prochaine fois...

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