Je me disais que j'allais vous faire un petit dessin rigolo, et puis je n'ai pas trouvé le temps de le finir. Alors, je me suis dit que je pourrais vous montrer quelques photos du PCR que j'ai faites aujourd'hui mais je ne les ai pas encore préparées pour une publication sur ce blog. Et puis, je me suis dit que je pouvais aussi ne pas mettre d'illustration et ne faire qu'écrire un peu n'importe quoi ou encore autre chose de la même importance.
Tenez, par exemple, je peux vous raconter que, aujourd'hui, je suis allé faire une promenade avec le PCR. Je suis monté dans la cabine de pilotage, j'ai tourné la clé du coupe-circuit, j'ai mis le contact, j'ai tiré la tirette du starter et j'ai actionné le démarreur. Il n'a pas démarré du premier coup mais il a fini par démarrer. Au début, il a un peu ratatouillé, du mal à prendre les tours, une impression qu'il y avait un cylindre qui ne donnait pas. Finalement, bon, j'ai commencé à rouler. Il ne roule pas bien vite, le PCR... et puis il est bien bruyant et vibrant, aussi, le PCR. C'est peut-être pour cela que je l'aime bien. Parce qu'il est tel qu'il est et que, visiblement, il n'a pas l'intention de faire le moindre effort pour paraître facile à vivre, et doux, et aimable. Il est comme il est et faut le prendre comme ça. A cette condition, on peut lui accorder une relative confiance et croire un peu qu'il vous mènera là où vous souhaitez vous rendre.
Je suppose qu'à l'époque où on a conçu ce véhicule, à la Régie Nationale des Usines Renault, on n'avait pas en tête de faire un engin de loisirs. Je pense que l'on cherchait à faire un outil avec ce que l'on avait à disposition, pour répondre à un cahier des charges précis. On avait cet utilitaire dans la gamme, le 1000 kg, et on s'est mis en tête d'en faire un engin à quatre roues motrices pour faire en sorte de ne plus être dépendant du matériel américain. C'était l'époque de la reconstruction et il y avait tout à refaire. On est parti de ce 1000 kg dont la conception datait de l'avant-guerre et on a rajouté ce qu'il fallait rajouter. Un pont à l'avant, une boîte de transfert pour faire le relais entre la boîte de vitesses et les deux ponts. Le moteur, on gardait celui qui équipait le petit utilitaire, un minable moteur à soupapes latérales qui donnait sa quarantaine de chevaux avec parcimonie. Ce petit camion "toutes roues motrices" était plutôt étudié pour l'armée. Un peu aussi pour l'administration mais en priorité pour l'armée et selon ses demandes. On a présenté un premier camion aux gradés, on a fait des démonstrations et on s'est assez vite mis d'accord sur le fait que le moteur asthmatique n'allait pas suffire à faire bonne figure.
Alors, on a mis un moteur plus puissant et plus nerveux. Un peu plus puissant et un peu plus nerveux, dirons-nous. Nous sommes aux tous débuts des années 50 et voilà le PCR qui sort des chaînes de montage. De sa vie, je ne sais pas grand chose. Je sais qu'il a dû à un moment rejoindre un corps de sapeurs-pompiers et qu'à la suite, il est venu à la vie civile pour sa retraîte. Depuis, il est passé entre plusieurs mains de personnes qui, un peu comme moi, ont un intérêt pour ces véhicules hors normes. On connaît tous les défauts rédhibitoires de l'engin. C'est gourmand, c'est lent, c'est relativement peu utile... Pour ma part, je ne sais pas dire pourquoi ne les aime tant, ces petits camions Renault. Un mélange de nostalgie et de goût pour la monstruosité, peut-être. Dans mes souvenirs, j'ai toujours aimé les camions. C'est comme ça. Je suis plus sensible à un utilitaire qu'à une voiture de sport. L'idéal, pour moi, c'est l'utilitaire sportif.
Le PCR, lorsque je l'ai acheté, ça a été un peu sur un coup de tête. Je n'avais vraiment pas besoin de ça mais j'avais les sous. Je l'ai trouvé presque par hasard, en cherchant des informations sur ces camions sur l'Internet. Je suis tombé sur une annonce. J'ai jugé que ce camion n'était pas très cher et pas trop loin. Avec mon frangin, nous sommes allés le voir une première fois et puis je l'ai acheté et je l'ai ramené par la route. J'étais heureux comme un gosse qui reçoit un jouet.
Au début, je lui ai fait des promesses de restauration, au PCR. Déjà, je le voyais avec une peinture neuve. J'hésitais un peu entre du rouge et un noir mat plus agressif. Aujourd'hui encore, j'ai du mal à choisir. Remarquez que un PCR noir, ce n'est pas possible. Alors... Alors il rouille doucement. Il mérite mieux. Il y a quelque temps, je l'ai mis en vente. J'ai été contacté par quelques personnes intéressées mais je n'ai pas pu faire autrement que de les dissuader un peu et de leur conseiller d'en trouver un en meilleur état, plus récent, plus proche, moins rouge... Bref, je ne suis pas certain de vouloir le vendre et pourtant, pour lui, ce serait peut-être une chance d'être restauré.
Et donc, aujourd'hui, j'ai fait près de 70 kilomètres à son volant. Bien chargé pour le voyage retour. Il n'a pas flanché, le brave PCR ! Ce qui est amusant, c'est que je suis bien incapable d'expliquer le plaisir que l'on peut avoir à le conduire. Il y a peut-être un brin de masochisme, là-dedans. La vraie différence entre ces vieux véhicules et ceux d'aujourd'hui ne tient pas tant dans la manière de conduire que dans l'impression qu'ils donnent de dominer la machine. Il me semble que jusque dans les années cinquante, la conduite d'un engin à moteur était une sorte de bataille entre l'engin et le conducteur. On n'en était pas encore à s'intéresser trop aux occupants du véhicule. On cherchait à faire quelque chose qui puisse rouler avec une certaine fiabilité. On explorait encore plein de solutions techniques, jusque vers la fin des années 50. Après, on s'est plus intéressé à la moquette et aux air-bags qu'à la mécanique par elle-même. Remarquez, il ne faut pas trop le regretter. Les véhicules récents sont tout de même bien plus pratiques au quotidien et on a largement gagné en fiabilité.
Ceci met un terme à ce que l'on peut appeler le service minimum du blog.
Je ne vous dois rien
Aujourd'hui, c'est une journée de grève générale. Pourquoi n'aurais-je pas le droit, moi aussi, de faire grève ?
1 De Sax/Cat - 29/01/2009, 20:59
j'ai bien cru que vous alliez nous prendre en otages aujourd'hui...
2 De zaréelle - 29/01/2009, 21:11
no comment !dit le lecteur gréviste ! ;-)
3 De clafy - 29/01/2009, 22:00
http://www.youtube.com/watch?v=yhwXDF_fKCk
4 De Lib - 30/01/2009, 08:17
En fait , si je comprends bien , vous avez manifesté votre mécontentement sur les routes de Dordogne en faisant chier les autres automobilistes qui se rendaient à leur travail , quoi ..