C'est pas un camping, ici ! Décampez !

L'actualité nous offre parfois des sujets amusants. On apprend en l'espace de quelques jours que sa très gracieuse majesté Mouammar Khadafi campe dans la cour de l'hôtel Marigny, à Paris et que les Enfants de Don Quichotte, eux, sont expulsés manu militari avant même qu'ils n'aient fini de planter leur tente.

Vous me direz que les sans-logis soutenus par le comédien Augustin Legrand ne sont pas susceptibles de faire des emplettes à hauteur de quelques dizaines de milliards d'euros pour les fêtes de fin d'année et qu'il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes. D'abord, on ne reçoit pas un dictateur comme on déloge des pauvres. C'est comme ça, ça a toujours été comme ça et il serait bon que ça le reste, ne serait-ce que pour la grandeur de la France éternelle, pays défenseur des Droits de l'Homme et de tout le saint frusquin qui va avec. Parce qu'il ne faut pas s'y tromper. La France, c'est LE pays des Droits de l'Homme. Il n'en est pas d'autre. C'est comme ça. Point.
Alors, dans une certaine presse bien pensante (de gauche, ça veut dire) on pouvait lire des écrits offusqués sur la visite de M. Khadafi au motif que, soit disant, ce serait un infâme dictateur qui aurait défendu le terrorisme et que chez lui, ce serait pas le Pérou question Droits de l'Homme. Bon. Dictateur, Khadafi ? Possible. Je ne connais rien à la Lybie. Du moins, pas grand chose. Ce que j'en sais, tout de même, c'est qu'il est arrivé au pouvoir après un coup d'état et qu'il a viré les américains qui y avaient des bases militaires. Je ne suis pas bien certain que la Lybie ait été un modèle de démocratie avant l'arrivée de Khadafi. Cela n'excuse en rien ce qu'il peut faire ou avoir fait à son peuple mais je ne peux m'empêcher de penser que l'on fait bien grand cas de la dictature lybienne alors qu'on ferme proprement son caquet sur d'autres dictatures bien plus présentes sur notre bonne planète. Et puis aussi, faudrait que l'on définisse bien ce qu'est une dictature.
En tous cas, la France n'est pas une dictature puisque l'on élit bien proprement notre dirigeant tous les cinq ans après des débats, des sondages d'opinion et des discussions à n'en plus finir au comptoir du bistro. On a toujours le choix entre « truc » et « machin » et « chose » et on va voter en son âme et conscience et tout est bien qui finit bien puisque l'on en arrive à avoir un Sarkozy plus vrai que vrai au pouvoir. C'est pas beau, l'exercice de la démocratie ? Si, tout de même, hein ! Je vous dis pas ce qu'ils doivent nous envier notre Sarkozy à nous, les Lybiens !
N'empêche que des pauvres ont essayé, chez nous, de planter des tentes et que les CRS les ont aidés à les replier vite fait bien fait. C'est pas une saison pour faire du camping, qu'on leur a dit. Il fait trop froid et la piscine est fermée. Vaut mieux qu'ils reviennent quand Paris-Plage sera ouvert, qu'on leur a dit, aux pauvres. Allez, zou ! Le parvis de Notre-Dame-de-Paris n'est pas un terrain de camping. Ce n'est pas comme l'Hôtel Marigny !

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