Si vis pacem, para pacem

Ce matin, j'entendais Sarkozy critiquer Hollande à travers Joly. La candidate écologiste, principal soutien au candidat socialiste selon le candidat-président, aurait affirmé que le meilleur moyen pour éviter la délinquance serait de libérer le marché du cannabis. Cela sur fond d'affaire Mohamed Merah, bien sûr. Du coup, pendant que je faisais la vaisselle, j'ai réfléchi.

Dans le fond, à quoi avons-nous affaire ? Je ne connais rien de plus que ce que nous racontent les journalistes et les politiques de la vie de Mohamed Merah. Je ne connais pas cet homme, je ne connais pas les raisons qui l'ont poussé à agir. Raisonnablement, je suppose que l'on ne peut que condamner ses actes. Je n'ai pas tenu une comptabilité exacte de ses crimes. On me dit que Mohamed Merah était musulman et ce n'est pas un crime pire que d'être chrétien, juif, taoïste ou raelien. On me dit aussi qu'il était salafiste et ça, je ne sais pas bien ce que c'est. Il semble que le salafisme soit un courant de la religion musulmane qui revendique un retour aux sources de l'Islam. Bon. On me dit aussi que le tueur tué serait allé se former au djihad en Afghanistan. Bien. On va dire que j'en sais assez.
De ce que l'on nous dit, le tueur fou de Toulouse aurait agi pour venger les enfants palestiniens dans le cas de l'assassinat des enfants de confession juive et pour punir l'intervention de l'armée française en Afghanistan pour le meurtre des militaires. On va dire que le "tueur au scooter" était fou. C'est plus simple ainsi et ça ne doit pas être bien loin de la vérité. Mais passons.
Maintenant, si l'on cherche les causes et les raisons, c'est une autre affaire. S'il est avéré que ce type était complètement taré, la raison ne suffira pas à expliquer ou à comprendre quoi que ce soit. Nous pouvons admettre que quelque chose à un moment donné a fait qu'il y a eu un embrigadement dans une "mouvance extrêmiste". A partir de ce moment, je suppose que rien ne peut plus être fait. Je ne suis membre d'aucune communauté, je ne suis encarté nulle part. Je ne défends rien et ne combats pas grand chose. A ma manière, je suis un pacifiste et j'accepte que l'on me dise lâche. Je m'en fous. Je suis plus pour la paix en ce qu'elle est calme et tranquille que pour la guerre en cela qu'elle m'apparaît bruyante et fatigante. De fait, avec cette pusillanimité chevillée au corps, il ne faut pas compter sur moi pour prendre les armes. Toutefois, il ne me semble pas être particulièrement montré du doigt pour mes faits et gestes. Je n'ai pas l'impression que l'on invente des lois pour moi ou contre moi spécifiquement.
Depuis des années, on peut sentir combien les musulmans de France et d'ailleurs peuvent être placés sous les feux de l'actualité dans notre pays (et ailleurs). Que ce soient les lois qui veulent interdire le port du voile islamique ou les propos sur l'abattage rituel des animaux, il y a de quoi faire. Et alors, je me dis qu'il est peut-être possible que l'on s'amuse à jouer avec le feu et qu'à force de semer le vent qui attise ce feu, on récolte la tempête de quelques fous. Je n'irai pas jusqu'à dire que l'on aurait pu espérer ce qui s'est passé. Certainement pas !
Je connais quelques personnes d'origine algérienne ou marocaine. La plupart sont nés Français en France. Tous ne sont pas musulmans. Par contre, tous (à l'exception de quelques uns) affirment être les premiers à être contrôlés par la police pour des raisons qui semblent tenir du délit de faciès plus que d'autre chose. Franchement, ça doit être usant. Plus jeune, avec mes cheveux longs et ma tenue vestimentaire assez particulière, j'ai été la cible des flics. Ça s'est bien calmé. Ça me chagrine un peu mais c'est tout de même plus confortable. Maintenant, au pire, je fais figure de vieux original. A mon avis, tant que la société française n'aura pas réussi à vivre en paix avec tous ses membres, tant que l'on aura plus de mal à trouver un boulot lorsque l'on est de telle ou telle origine ou de telle ou telle religion, on n'aura pas fini de risquer ce genre de fait divers.
Après, je ne suis pas sûr de moi sur tout ça. Je ne sais pas si le fait de refuser d'envoyer les troupes à la traque à Ben Laden aurait changé quelque chose. Je n'en sais rien. Si l'on m'avait demandé mon avis, j'aurais dit que cela ne nous regardait pas. Je ne suis pas expert en géo-politique, je ne suis pas au courant de tout, je n'en sais rien. Je suis juste quelqu'un qui vit en province, dans un petit village de Dordogne et qui n'a pas beaucoup de contacts avec le vaste monde.
Vous pensez quoi de tout cela, vous ?

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