Histoire de l'anarchisme

(...) toute étude de l'eschatologie révolutionnaire se doit (...) de faire sa place à l'hérésie du Libre-Esprit(...). Cette citation arrive dans les premières pages du livre que je suis en train de lire et elle m'a conduit à m'arrêter pour tenter d'en comprendre le sens. Parti comme c'est parti, je sens que je ne vais pas lire ce bouquin à toute vitesse.

Après quelques romans policiers, j'entreprends la lecture du livre de Jean Préposiet qui prétend raconter l'histoire de l'anarchisme, comme son titre l'indique. Il part des précurseurs lointains de l'anarchisme, dans la Grèce antique, pour, je le suppose, arriver aux théoriciens de l'anarchisme du 19e siècle. Pour le moment, je suis passé par l'Antiquité, le Moyen-Âge, la Renaissance, les Temps Modernes et la Révolution française. Je vais pouvoir attaquer la présentation des visions psychologiques et philosophiques de la chose. Que du bonheur en perspective ! Je vous raconterai au coup par coup, à la mesure de l'avancée de la lecture de cet ouvrage.

Jean Préposiet - Histoire de l'anarchisme

Lundi et mardi, mon patron n'était pas présent au boulot. Aujourd'hui, il était là. Je l'ai croisé vers le milieu de la matinée et ça a juste été pour qu'il me traite de con. J'avoue avoir eu l'idée saugrenue de lui balancer mon poing dans la gueule et j'ai l'idée que cela m'aurait bien soulagé, sur le coup. Mais cela ne se fait pas. Je suis presque sûr que si l'on se laisse à laisser parler son instinct, on peut s'exposer à quelque ennui désagréable. Ceci dit, cela ne se fait pas de traiter un salarié de con, même si cela est vrai, surtout devant témoins. Ce n'est pas bien malin.
Et vous savez pourquoi mon patron m'a traité de con ? Non ? Je vais vous raconter. Il a décidé de réquisitionner mon bureau pour accueillir une nouvelle personne et, n'écoutant que son légendaire courage, il a profité qu'il n'était pas là pour charger quelqu'un de m'intimer l'ordre de vider mon bureau. Dans le fond, je m'en fous pas mal d'être dans ce bureau ou dans un autre bureau ou dans pas de bureau du tout. Le problème est que le bureau que j'occupais jusqu'à ce midi était le dépotoir où tout arrivait. C'est ainsi que je me suis retrouvé avec toutes les affaires dont ne voulaient plus les collègues du "studio de création", avec les imprimantes qui ne fonctionnaient plus, avec les cartouches de toner vides, avec les vieux postes de téléphone et les cartons d'emballage divers. C'était pratique et cela ne me dérangeait pas. J'avais presque l'impression d'être chez moi, pour tout vous dire. Le bazar ne me dérange pas vraiment.
Mais là, donc, avec un courage immense, il me fait faire la commission que je dois débarrasser ce bureau avant ce mercredi midi. J'apprends la chose hier, après 16 heures et le déchargement d'un conteneur de 40 pieds de cartons de cartes de vœux. Si j'aime le bazar, je déteste l'ordre et les ordres. Je n'ai pas apprécié mais je reconnais que je peux être soupe au lait. Et donc, hier, j'ai commencé à réfléchir pour trouver un endroit où mettre la vingtaine d'ordinateurs et la même quantité d'écrans, de claviers, de souris ; les imprimantes et les classeurs de CD et DVD de logiciels plus mes affaires, mes notes et toutes ces sortes de choses. Ce matin, je m'y suis mis. J'en ai profité pour faire un tri sévère entre ce qui méritait d'être conservé et ce qui pouvait être jeté. J'ai, par exemple, décidé qu'il n'était pas essentiel de conserver des écrans cathodiques de 22" et 19" en parfait état de marche. Ça valait des sous, ces trucs là, autrefois. Aujourd'hui, personne n'en veut. C'est bien dommage.

Enfin bref. Ce matin, donc, mon patron me hèle de sa voix aigrelette alors que je suis en train de transvaser d'une pièce à l'autre des monceaux de matériel et de documentation pour que j'aille voir avec lui, dans un autre bâtiment, un studio de photo que Monsieur a décidé de faire pour que nous fassions de jolies photographies des produits merdiques que nous vendons. Il est à noter que ce serait moi qui serais chargé de faire ces photos et qu'il ne m'a même pas consulté pour savoir ce qui me conviendrait. Comme à son habitude, il a voulu tout faire tout seul et à son idée. Je lui ai dit que je n'avais pas le temps, que j'étais en train de faire ce qu'il m'avait demandé de faire et je lui ai fait comprendre que son studio, je n'en avais un peu rien à foutre. Alors, il m'a traité de con. Il a sans doute raison. Je m'en fous.
Par contre, ça m'a totalement fait passer l'envie de faire des photos pour cette boîte. Et encore moins de les faire avec mon matériel. Et alors, je me dis que, peut-être bien, il serait temps que je réfléchisse, sérieusement cette fois-ci, à une reconversion professionnelle. Puisque je ne sais pas faire grand chose, que je n'ai aucune qualification particulière dans quelque domaine qui soit et encore moins pour ceux dans lesquels j'exerce actuellement ; puisqu'il apparaît, de plus, que je suis un con, je pense à me trouver une formation pour un vrai métier de con. Et dans cette branche, il y a le métier de chauffeur routier. Je vais voir ça de plus près. Au moins, si je deviens chauffeur routier un jour, je ferai un métier de con mais je n'en aurai qu'un à supporter : moi-même.

Et vive l'anarchie !

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