Poésie

En ce moment, je ne sais pas pourquoi, j'ai un frangin qui est en pleine période d'admiration de l'œuvre de Victor Hugo et n'arrête pas de déclamer son poème célèbre : Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne. Ben moi aussi je me lance dans la poésie, y a pas de raison.

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne. Sacré Victor ! Ce qui est bath avec la poésie, c'est que ça permet d'écrire n'importe quoi. Imaginez un instant le chroniqueur sportif qui balancerait un truc pareil. Il se ferait lapider vite fait bien fait et il n'aurait que ce qu'il mérite.
Non, en terme de poésie, je ne suis pas totalement insensible. Juste qu'il faut reconnaître que je préfère beaucoup Vuillemin à Hugo. C'est pas le même genre. Enfin ne jetons pas la pierre à Victor. Possible que de son temps c'était hyper hype de causer comme ça.

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

Je ne voudrais pas critiquer le style mais pourtant, j'ai du mal à expliquer ce retour à la ligne juste pour ce "je partirai". Alors oui, bien sûr, c'est pour le nombre de pieds. N'empêche que ça me semble un peu tiré par les cheveux, ce truc. Il aurait pu virer quatre pieds au premier vers pour que ça tombe juste. Après, il y aurait forcément fallu trouver quatre pieds pour combler le deuxième vers. Ça aurait pu se faire s'il avait un peu bossé son truc.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Là, je n'ai pas grand chose à dire si ce n'est que ça n'a pas grand intérêt.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Que nous dit le poète ? Qu'il marchera en tenant un bouquet de pensées sans rien voir au dehors (il marchera donc à l'intérieur, peut-être dans sa chambre) et sans rien entendre (bouchons d'oreilles ?). Il sera seul, inconnu, le dos courbé et les mains croisées. Je ne sais pas vous mais moi j'ai du mal à imaginer la scène. Un homme tenant un bouquet de pensées, marchant dans sa chambre où il est inconnu et seul, le dos courbé et les mains croisées (alors qu'elles tiennent les fleurs, rappelons-le). Les bouchons d'oreilles sont peut-être pour ne pas entendre les voisins du dessus, ce n'est pas expliqué.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

On imaginera que l'or du soir qui tombe dont il est question ici est un effet de style poétique. Possible que ce soit le soleil couchant. Possible. Les voiles descendant vers Harfleur, là, je ne vois pas du tout. Des bateaux à voile ?

Mais le plus troublant, c'est la fin du poème. Alors qu'il marche dans sa chambre avec son bouquet de pensées, voilà que le poète nous raconte qu'il déposera sur une tombe un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. Quid des pensées ? Non, à mon humble avis, cet homme là se droguait.

Pour finir, un petit dessin empreint de poésie.

seul avec moi

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