Aujourd'hui encore, je ne suis pas arrivé à dessiner. Ce n'est pas grave. Ça arrive, c'est comme ça. Il ne faut pas lutter. Tout est prêt pour quand ça reviendra. J'ai du papier et des crayons à disposition sur la table. Je suis prévoyant. On ne sait pas quand ça reviendra mais quand ça reviendra, ça sera à l'improviste. On n'en sait trop rien mais il faut être paré à toute éventualité. Ce serait trop bête que j'ai une idée de dessin, que je sente que je vais pouvoir la coucher sur le papier et que je n'aie alors ni papier ni crayon. Ce serait un sale coup.
Là, j'ai le papier, j'ai le crayon et je me tiens prêt. Ce qui serait ballot, ce serait que ça ne revienne jamais. Le papier et le crayon se couvrirait de poussière encore et encore jusqu'à ce que l'on ne les voit plus. La poussière couverte de poussière finirait par composer une couche tellement épaisse que l'on oublierait même que ça avait pu être là, sur la table. On oublierait ça et on ne s'en occuperait pas. Et puis, dans quelques milliers d'années, il y aurait des archéologues qui viendraient un peu par hasard, le nez en l'air, voir ce qu'il pourrait y avoir d'intéressant à gratter du côté de Azerat. Il ouvrirait la porte de chez moi et ils me trouveraient là, assis devant la table, un peu sec et décomposé et ils se diraient que c'est une bonne pioche et que c'est un site intéressant du point de vue du comment qu'on vivait à Azerat au 21e siècle. Ils prendraient des brosses et des ustensiles à gratter les couches de poussière et ils mettraient à jour une feuille de papier et un crayon. C'est fou, non ?
Ce soir, j'ai mangé du riz parce que je n'ai trouvé rien de mieux à faire pour passer le temps et me nourrir un peu. Je n'ai pas mangé que du riz. J'ai aussi mangé du piment. J'aime bien le piment avec le riz. A la condition de faire cuire le riz avec de l'oignon revenu dans de l'huile d'olive, par exemple. Et puis aussi avec un peu de sel. Bon, là, comme j'avais aussi une côte de porc dans l'échine et qu'elle n'allait pas attendre les archéologues qui l'auraient bouffée, je l'ai découpée en morceaux et je l'ai faite cuire avec le riz. Du coup, ça fait un plat bien nourrissant qui ne salit pas trop d'ustensiles de cuisine. Juste ce qu'il faut. Une sauteuse, une spatule en bois, un couteau et un verre. On peut manger à même la sauteuse lorsque l'on est seul. Je ne l'ai pas fait et j'ai pris une assiette et une fourchette parce que j'ai des goûts de luxe. Ce n'était pas mauvais. Disons que ça m'a plu. C'est plus juste. En vérité, c'était peut-être bien très mauvais. Je ne m'en suis pas rendu compte et c'est bien ce qui importe.
Là, on passe de la musique classique sur France Inter. Ce n'est pas que je n'aime pas mais je crois tout de même que je vais plutôt préparer le café pour demain matin et aller lire quelques pages dans mon lit. Demain, boulot.
Toujours rien
Ce soir, j'ai mangé du riz.
1 De Lib - 03/05/2010, 09:21
Ce soir, j'ai mangé du riz.
Et demain ce sera " J' ai les yeux bridés à force de pousser aux toilettes " :o(((