Tant qu'il y aura des nouilles

Aujourd'hui, je n'ai pas dessiné parce qu'il faisait trop froid pour le faire. Par contre, je suis presque tombé en panne en allant au boulot.

Il est juste un peu avant 7 heures. Je pars pour le travail un peu plus tôt que d'habitude parce qu'il faut que je fasse le plein du Range Rover. Hier, j'ai roulé pas mal avec le témoin de réserve de carburant allumé et je sais que je n'aurai pas assez de gas-oil pour rejoindre Périgueux. Il fait froid. Je démarre et je m'engage sur l'ancienne route nationale 89 (nouvelle route départementale 6089). Je roule prudemment parce que je suppose qu'il y a des risques pour trouver du verglas. En quelques minutes, la température de fonctionnement du moteur est atteinte et je mets un peu de chauffage. Je commence à gravir la côte de Thenon en roulant tranquillement quand le moteur s'essouffle. Je relâche la pédale d'accélérateur, rétrograde, appuie à plusieurs reprises sur l'accélérateur, le régime du moteur gagne quelques tours minutes, je rétrograde encore et me remets à rouler. Peu de temps après, ça recommence, le moteur s'étouffe et s'arrête. Je mets les feux de détresse, éteins les phares et m'énerve sur la clé de contact et sur la pédale d'accélérateur sur laquelle je pompe comme un acharné. Le moteur repart. Je passe la première, lâche l'embrayage et la voiture avance. Peu de temps. J'essaie de ne pas caler et parviens à rouler encore quelques dizaines de mètres. Le moteur s'arrête de nouveau. J'arrive à le refaire partir et je pars en première à allure réduite. Après des séances d'arrêts et de redémarrages, je parviens au haut de la côte de Thenon. A partir de là, ça va mieux. J'arrive à la station-service et fais le plein du Range Rover. Un peu plus de soixante-dix litres de carburant, il ne devait vraiment pas en rester beaucoup. Je démarre et roule sans problème jusqu'à Périgueux.
Sans problème ? Presque. Il me fallait compter avec les angoissés de la route qui refuse de dépasser les 30 km/h. C'est avec 30 minutes de retard que j'arrive au boulot. Je suis arrivé et c'est déjà bien. Un collègue qui habite à Azerat lui aussi a encore plus de retard lorsqu'il débarque. Il m'apprend qu'il a fait -13° sous abri chez lui, cette nuit. Il paraît qu'il fait habituellement plus froid dans le bourg que sur les coteaux. Je veux bien le croire. Il ne fait pas chaud, c'est sûr.
Ce soir, en revenant de Périgueux, j'ai bien eu le sentiment que la vie serait un peu plus douce avec juste quelques degrés supplémentaires dans la maison. J'ai regardé le thermomètre qui indiquait seulement 6 petits degrés. C'est peu. J'ai mis un second pull et j'ai branché un radiateur électrique à bain d'huile dans la chambre. Ce soir, j'ai l'intention de dormir avec un minimum de confort. J'ai bien le droit, non ?
Là, je me fais chauffer de l'eau pour me préparer quelques pâtes. Je les mangerai chaudes (si je peux) avec une bonne tranche de rôti de porc. Ensuite, je pense que j'irai me coucher et que, peut-être, je regarderai un film avant de chercher le sommeil. Ce n'est pas encore ce soir que je vais beaucoup dessiner.

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