Il pleut sur la route

Voilà. Il pleut sur le Périgord. On attendait la pluie depuis quelques jours, elle a fini par arriver.

Je n'ai rien de précis contre la pluie. Surtout à partir du moment que je peux me mettre à l'abri. Ce soir, en sortant du boulot, j'ai eu une mauvaise intuition. Puisque ce matin je suis allé jusqu'à mon lieu de travail en traversant un centre-ville de Périgueux particulièrement calme, je me suis dit que j'allais prendre le même chemin en sens inverse pour revenir à Azerat. L'idée ne me semble pas absurde. Dans mon esprit, traverser Périgueux permet de parcourir moins de kilomètres tout en empruntant un itinéraire moins dangereux que les petites routes aux fossés inquiétants de l'autre parcours que je peux choisir. Donc, je démarre et prends la direction du centre-ville. C'était une vraie mauvaise idée. Au bout d'une heure, je n'étais pas encore sorti de l'agglomération périgourdine. Le mieux à faire en pareil cas, c'est de prendre son mal en patience et se dire qu'une fois que l'on aura rejoint la grande route, tout ira mieux.
Sauf que là, il pleut. Et le périgourdin n'est pas à l'aise sous la pluie lorsqu'il se trouve derrière un volant. J'ai eu droit à tout. A celui qui faisait des embardées osées, à celui qui freinait en catastrophe au moindre virage ou au moindre croisement d'un usager de la route circulant en sens inverse, à celui qui se refusait de dépasser les 60 km/h sur des portions de route où, m'a-t-on dit, on peut rouler au moins à 150 km/h (mais c'est formellement interdit). Alors voilà. Impossible de dépasser jusqu'à Fossemagne. Fossemagne, c'est à une quinzaine de kilomètres de chez moi. Au fond, ça ne valait même plus le coup de dépasser. On dira que ça m'a permis de respirer un peu durant quelques kilomètres, sans personne qui roulait à gauche, sans personne qui freinait de manière inconsidérée, sans personne qui m'obligeait à jouer de la boîte de vitesses pour trouver un régime moteur compatible avec l'allure d'escargot cacochyme que l'on voulait m'imposer. Je suis arrivé à Azerat, j'ai arrêté mon véhicule et je suis rentré chez moi avec l'idée de me faire quelque chose à manger.
Pour manger, ce soir, j'ai fait dans l'horrible. J'ai décidé de ne rien jeter et de manger ce qu'il y a quitte à en devoir mourir. Je ne me pose pas la question de savoir si c'est encore seulement consommable. A mon avis, ça l'est. Je n'aurais pas osé le proposer à quelque personne que ce soit. Moi, j'ai mangé mon truc à peine digne d'une pâtée pour chien de pauvre et voilà que je me mets à l'ordinateur pour écrire ce billet.
Au boulot, aujourd'hui, j'ai imprimé quelques milliers de cartes et j'ai terminé mes envois de fax. Ça, c'est une bonne chose. J'ai entendu dire que ça avait permis de valider deux ou trois commandes. Deux ou trois commandes pour 40000 télécopies envoyées, c'est du bon rendement. Je ne vais pas m'attarder sur ce sujet, j'ai déjà dit ce que j'en pensais.
En ce moment, sur France Inter, on cause de la chute du bloc de l'Est et de la chute du mur de Berlin. Il y a un côté assez désagréable d'entendre quelques journalistes et intervenants utiliser le ton des vainqueurs. Je n'ai pas l'intention de prétendre qu'il faisait bon vivre dans les pays du bloc soviétique, dans ceux du pacte de Varsovie et tout ça mais tout de même, j'estime que l'on a de quoi voir que dans nos pays capitalistes d'occident, tout le monde ne nage pas en plein bonheur tout le temps. D'ailleurs, tenez, chez nous aussi il pleut !

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