"L'homme que l'on prenait pour un autre", de Joël Egloff

Joël Egloff est un écrivain que j'ai découvert grâce à France Inter lorsqu'il a reçu le Prix du Livre Inter, en 2005, avec "L'étourdissement".

Autant "L'étourdissement" m'avait enthousiasmé, autant j'ai été déçu par ce dernier roman. C'est d'autant plus étrange que, suite à "L'étourdissement", que je recommande, j'avais beaucoup apprécié les autres livres de cet auteur. "Edmond Ganglion & fils", "Ce que je fais là, assis par terre", "Les ensoleillés"... Bref, sitôt l'annonce de la parution d'un nouveau roman de Joël Egloff faite, je me faisais un vrai plaisir de le commander et de le lire. Je m'imaginais le faire avec délectation. J'achète donc le roman en question et en commence la lecture sitôt la dernière page du bouquin précédent tournée.
Pour vous dire, Joël Egloff s'est fait comme spécialité de nous raconter des personnages "à la marge". Des personnages qui subissent les événements sans bien les comprendre. Ils travaillent dans un abattoir dans "L'étourdissement", deviennent clochards dans "Ce que je fais là, assis par terre", observent une éclipse solaire dans "Les ensoleillés". Une galerie de personnages sans grand intérêt. Dans "Edmond Ganglion & fils", nous sommes dans une histoire presque classique qui met en scène une entreprise de pompes funèbres, son personnel, un mort et un village. Joël Egloff aime les ambiances glauques et c'est pour cela aussi que je l'aime beaucoup. Il y a du Boris Vian, chez ce jeune auteur là ! Et j'adore Boris Vian. Faudra même que le le relise, tiens, maintenant que j'en parle.
Alors qu'est-ce que c'est qui ne va pas dans ce dernier roman ? Difficile à dire. Disons que c'est trop prévisible. On n'attend tout du long que le roman commence. Egloff part d'une idée qui pourrait être intéressante, celle d'un homme que l'on prend pour n'importe qui, au gré des rencontres. Il peut être un vieux copain comme un type à qui l'on en veut. Il peut aussi le mari de la voisine du dessous et le père de ses enfants. Il est n'importe qui donc tout le monde. Bon. C'est une idée comme une autre. Mais voilà, cette idée, le romancier ne sait pas bien quoi en faire et il peine à suivre son fil. On le sent. Je le sens, plutôt. Possible que quelque chose m'ait échappé.
Donc, on lit les mots, les lignes, les paragraphes, les pages et on arrive à la fin comme ça, en attendant toujours quelque chose. Ce n'est pas vraiment mauvais mais je crois que l'on n'arrive pas à s'attacher à ce personnage. Ce qui est d'ailleurs le signe que le roman est réussi ! On ne peut s'attacher à quelqu'un qui est trop transparent, il me semble.

Joël Egloff

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