La 2cv fait des siennes

Elle a beau avoir plus de cinquante ans, ce n'est pas une raison valable pour qu'une bagnole puisse m'emmerder longtemps, je dis, moi. Non mais !

Je ne sais pas s'il peut être considéré comme normal de passer une partie de son dimanche (et aussi de son samedi et de plein de jours avant ce dimanche) pour tenter de faire fonctionner d'une manière correcte une 2cv de 1956, franchement, je ne sais pas si c'est normal, mais c'est ce que j'ai fait.
Que je vous explique. Cette 2cv, je ne l'utilise pas souvent mais lorsque j'ai envie de faire un petit tour à son volant, j'entends qu'elle fonctionne bien. Bon. Or, voyez-vous que l'autre jour, elle ne l'entendait pas de cette oreille, la 2cv. Je la démarre, starter tiré à fond, et elle cale dès que je repoussé la tirette du starter. Pas bien grave, elle peut avoir ses humeurs. Je redémarre. Impossible de lui faire tenir le ralenti. Je sens que ce n'est pas gagné pour un balade dans la nature, là. Je vais chercher un tournevis plat et voilà que je dépose le filtre à air puis le dessus du carburateur puis le gicleur de ralenti. Je souffle dans les trous, je nettoie un peu avec un chiffon, j'inspecte par ici et par là et puis je remonte tous le fatras.
Je tourne la clé de contact, je tire la tirette de démarreur en accélérant, ça démarre. Mais alors, qu'est-ce qu'elle marche mal ! Elle pétarade à qui mieux mieux, elle tousse, s'étouffe, fait mine de s'arrêter, s'arrête presque, repart à la sollicitation du pied sur l'accélérateur. C'est pas terrible et je sens que ça va m'agacer rapidement.

Ni une ni deux, je saute sur la boîte à outil et dépose la grille de ventilateur. Je prends une clé à pipe de 14, débloque la vis qui maintient le ventilateur, utilise la manivelle pour extraire ce ventilateur et avoir accès au boîtier d'allumage. Mon idée est de contrôler les rupteurs. Avant, j'ai tout de même jeté un oeil aux bougies. Elles me semblent tout à fait dans un état correct. Bon. Le boîtier d'allumage, donc. Trois vis et voilà l'affaire. Je vérifie l'écartement des contacts (40* dixièmes de millimètre selon le manuel) et décide de parfaire le réglage. Honnêtement, tout cela ne semble pas avoir besoin de réglage. Puisque j'y suis, je le fais tout de même, par acquis de conscience.

Je remonte tout et tente un démarrage. Pareil. Rien à faire, elle ne veut pas tourner correctement. Pour qu'elle ne cale pas lorsque je n'agis pas sur l'accélérateur, je suis obligé de faire un réglage absurde avec la vis de ralenti et celle de richesse. Ça me donne un ralenti qui doit bien approcher des 1500 tours/minute. Pas franchement ce que je souhaite.
Je vais me faire un café et profite de ce moment de détente pour réfléchir un peu. J'en arrive à la conclusion qu'il doit y avoir une foutue prise d'air quelque part. J'en parle à mon père qui n'y croit pas beaucoup, préférant croire à un état d'encrassement généralisé du carburateur. Il me propose d'amener la 2cv ce dimanche, aujourd'hui, pour procéder à un démontage-nettoyage complet de l'organe.

Ce matin, donc, je conduis la 2cv jusque chez mes parents. Après un bon repas, je commence à déposer le carburateur. Mon père arrive avec des produits de nettoyage et démonte le carburateur jusqu'au dernier gicleur. Tout est nettoyé, soufflé à l'air comprimé, remonté* et reposé** (* et ** grand merci à Steff pour la correction orthographique) sur la voiture en un temps record. Cette fois, ça devrait marcher !

carburateur 2cv



"Contact ?" "Contact." "Starter tiré ?" "Starter tiré." "Démarreur !" La 2cv tousse un peu et démarre dans un rugissement de tous ses 12 chevaux et ses deux cylindres de 51 ans. Je repousse un peu le starter, elle se met à hoqueter, à toussoter et elle cale. Mince et zut.
"Ça peut être un souci d'allumage", me dit mon père qui, après avoir vainement tenté tous les réglages possibles, avoue ne pas comprendre ce qu'il se passe.
Clé de douze, clé de quatorze, manivelle et tournevis plat, voilà le boîtier d'allumage prêt à être vérifier. Rien de spécial à dire. Je remonte. Nous ne comprenons pas et partons sur l'hypothèse de la prise d'air soit au niveau de l'embase du carburateur soit de la pipe d'admission elle-même qui pourrait être fendue. Nous décidons de laisser la 2cv chez mon père qui procédera à la dépose de cette pipe d'admission pour contrôle. OK.

Tout de même, histoire de conjurer le mauvais oeil, je tente un ultime démarrage. Et là, sans que nous n'y comprenions quoi que ce soit, voilà la 2cv qui se met à tourner normalement, qui accepte de bonne grâce que l'on règle le ralenti, la richesse et tout le tintouin. Nous ne comprenons pas mais, franchement, nous sommes plutôt satisfaits.
Alors, puisqu'elle semble vouloir marcher normalement, la 2cv, je décide d'aller voir mon frangin, ma belle-soeur et ma nièce chez eux, dans leur nouvelle maison, où mon plus jeune frère a décidé de nous offrir une projection de diapositives vieilles de plus de quarante ans, des photos prises par mon grand-père maternel tout au long de nos premières années, à nous quatre, les quatre frangins que nous sommes. Bon, bref. Je monte dans la 2cv, démarre et file à toute vitesse. Tout va pour le mieux.
Nous regardons les photos, ravivons des souvenirs discutons de choses et d'autres et je remonte dans la 2cv pour revenir chez moi. Et bien, vous me croirez ou pas, mais la 2cv s'est remise à tourner comme une patate. Pas aussi mal qu'aux pires moment de la crise, mais comme une patate tout de même. Pour le moment, l'idée d'une prise d'air à l'admission est celle qui est retenue. Je vous tiendrai au courant.

  • Quatre dixièmes et non quarante comme je l'ai écrit connement.

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