Mot-clé - auto

Fil des billets

jeudi 8 janvier 2015

Deuil national et gueule de bois

La nuit est passée. Ce matin, je me réveille avec un sentiment de profonde tristesse. Ce qui s'est passé hier est juste ignoble, insensé, incompréhensible. Je suis réellement bouleversé.

Que vive Charlie. Je ne lis plus Charlie Hebdo depuis des années. Je ne pense pas que j'achèterai plus Charlie Hebdo après ce qui s'est passé. Il le faudrait, pourtant, sans doute. Par solidarité, pour aider ce journal à vivre encore, malgré tout. Ce matin, des voix disent que Charlie doit continuer et je le pense aussi.
C'est de la tristesse, de l'abattement, que je ressens. Je ne sais pas comment réagir à tout ça. Les morts sont morts. Ils ne reviendront pas. J'ai un peu peur de ce qui peut se passer dans les jours, les semaines, qui viennent. Cet attentat, parce qu'il s'agit bien de cela, ressemble à une déclaration de guerre. Un important mouvement de solidarité, en France et ailleurs, spontané, à fait descendre dans les rues des centaines de milliers de personnes. Robert Badinter, sur France Inter, propose de mettre en place une souscription nationale pour sauver Charlie Hebdo et pour sauver la liberté d'expression, la liberté de la presse. C'est une bonne idée. L'heure n'est pas à la polémique, de toutes les façons. L'heure n'est pas à savoir si Charlie Hebdo représente à lui-même cette liberté de la presse. Il faut bien comprendre ce qui s'est passé à Charlie. C'est très grave. Très très grave.
Sans cesse, on invite les gens à ne pas faire d'amalgame entre les assassinats perpétrés à Charlie Hebdo et la "communauté musulmane". Charlie Hebdo tirait (tire) sur tout le monde et ça aurait pu être un commando de catholiques intégristes au lieu de ce que l'on annonce être un commando islamiste. Charlie avait ses ennemis, nombreux. Il ne faut pas tomber dans le piège tendu, il faut garder la tête froide.
Ce qui serait beau et fort, ce serait que nous parvenions à tirer profit de tout cela pour renforcer notre attachement à des valeurs fondamentales comme les droits de l'homme, la liberté de la presse, la laïcité. Ce serait chouette que l'on en finisse avec le politiquement correct, l'auto-censure plus ou moins imposée, que l'on comprenne que à trop nous taire nous perdons notre voix.

En fait, je ne sais pas quoi dire et quoi faire. J'ai la tête vide, j'ai les boules. Ça me fait chier, je suis triste et en colère et je n'arrive pas à retranscrire tout ça, pas plus avec des mots qu'avec un dessin. C'est la merde. J'espère que nous allons réussir à être intelligents.

Et alors, moi, j'en suis à continuer à dessiner mes petites motos, mes petits dessins à la con. C'est sûr que je ne risque pas grand chose. Ce n'est pas polémique, c'est gentil, mignon, tranquille, lâche. Aujourd'hui, j'ai un honte de moi, je n'ose pas prétendre être dessinateur. C'est la merde, je vous dis.

voiture

- page 3 de 87 -

Haut de page