De qui smoke-t-on ?

Jérôme Cahuzac, ministre délégué au budget, a annoncé récemment une hausse du prix du tabac pour le 1er juillet. Sous couvert du problème de santé publique représenté par le tabac, ne serait-ce pas là un moyen de renflouer les caisses de l'état ?

Fumer, c'est parfaitement idiot. Ça finit par coûter cher et c'est mauvais pour la santé. Les fumeurs qui râlent à chacune des annonces de hausse du prix du tabac peuvent réfléchir et décider d'arrêter de fumer. Il y a plusieurs méthodes et diverses aides menant à l'arrêt du tabagisme et, de ce fait, il n'y a pas à tergiverser. Si le fumeur en a plus qu'assez d'être pris pour une vache à lait, il n'a qu'à arrêter de s'adonner à son vice qui, non content de porter atteinte à sa propre santé, nuit à celle de ses proches.
Nombre de voix se lèvent pour en appeler à une interdiction de la vente du tabac, à une prohibition pure et simple, sans équivoque. Certains proposent qu'un plan de désintoxication volontaire et mené à grande échelle soit mis en place dans le pays.
De fait, s'il était vraiment question de santé publique, il faudrait interdire et chasser le poison, en interdire la production, la distribution, la vente et, surtout, aider les fumeurs à arrêter de fumer. On nous dit que chaque hausse du prix du tabac est une incitation à l'arrêt du tabac. Je doute un peu de l'efficacité du procédé.
En tant que fumeur, je reconnais que les hausses régulières et successives n'ont pour le moment eu aucun effet sur mes habitudes. Je me contente de payer un peu plus cher sans même rouspéter. Je suis conscient que le tabac est mauvais pour la santé, pour ma santé, et que je cours le risque de mourir dans d'atroces souffrances à plus ou moins long terme. J'ai aussi le sentiment que les efforts pour me faire arrêter ma mauvaise habitude ne sont pas assez efficaces. Pourquoi ne met-on pas directement le prix du paquet de cigarettes à cent euros voire beaucoup plus ? Pourquoi ne résilie-t-on pas les licences attribuées aux débitants de tabac ? D'ailleurs, pourquoi l'état accepte-t-il de conserver ce rôle de dealer ? Il y a un problème.
Je ne peux pas raconter honnêtement que je prends un réel plaisir à fumer. A la limite, oui, peut-être lorsque je fume un bon cigare mais ce n'est pas si courant. On me donnerait le moyen d'arrêter, je pense que j'accepterais. Il est certain que j'aurais un usage plus intéressant à faire des centaines d'euros dispersés en fumée chaque année. Ce qui me perturbe dans toute cette histoire, c'est qu'il ne m'est pas simple de faire le tri entre ce qui est vrai et ce qui relève du foutage de gueule, dans le discours de nos dirigeants. Si chaque euro gagné sur chaque hausse du prix du tabac était affecté au budget de la santé, à l'aide à l'arrêt du tabac, aux soins aux malades du tabac, sans doute ne ferais-je pas de mauvais esprit mais là, en l'état, j'ai comme un gros doute.

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