Une drôle d'idée

Ce soir, en sortant du boulot, j'avais faim. C'est sans doute le signe irréfutable que je vais mieux. J'ai eu l'idée de passer par l'hypermarché où j'ai mes habitudes avant de rentrer chez moi. C'était une drôle d'idée.

A l'heure qu'il était, je me disais que ce serait calme. Je m'engage sur le parking de cet hypermarché et je déchante. Rarement j'ai vu le parking aussi plein. Puisque les véhicules étaient vides pour la plupart, je subodorais que les personnes devaient être dans le grand bâtiment. Je ne me trompais pas.
Une foule pressée poussant des chariots pleins dans un brouhaha insupportable fait de musiques immondes, de cris d'enfants et de bruits divers. Avec mes envies d'achat modestes, je me sentais vite en position incongrue. Au fond, je ne cherchais pas grand chose de plus que quelque chose à manger pour ce soir et pour les jours à venir. Tout l'hypermarché semblait avoir été préparé pour le prochain réveillon. On avait mis là les paquets de toasts à tartiner du foie gras ou du saumon fumé que l'on trouvait un peu plus loin. Il y avait des lumières scintillantes, des décorations clinquantes, des étalages de victuailles alléchantes. Mais moi, je n'étais pas là pour cela. J'étais là juste pour trouver quelque chose à bouffer pour ce soir, en priorité, et pour les jours prochains, accessoirement.
J'ai essayé de faire au plus vite. J'ai résisté aux appels des volailles et des bourriches d'huîtres[1]. J'ai été assez éberlué de trouver des parties de rayonnages vides. Ainsi, il n'y avait plus de beurre. En me promenant, je me suis mis à observer les chariots des autres chalands. Certains étaient dans le même état que le mien. Presque vides et absolument pas du style de ceux que l'on remplit pour faire bombance. Certains autres faisaient comme si. C'est à dire qu'ils étaient un peu remplis mais pas de produits très chers. A mon avis, c'est toujours un peu triste, un chariot de pauvre. Ça donne envie de supprimer la pauvreté tant ça vous sape le moral.
Mais la bonne surprise est arrivée au moment où je me dirigeais vers les caisses. Sans que je comprenne pourquoi, une caisse était libre de toute queue. Personne ne semblait avoir envie d'aller à celle-ci. Surpris, je me suis avancé et j'ai demandé au jeune homme qui tenait le poste si sa caisse était bien ouverte. Il me répondait par l'affirmative. Alors, j'ai déchargé mon chariot, j'ai payé, j'ai repris mes petites affaires et je suis revenu à ma voiture. Je suis rentré chez moi, j'ai préparé mon repas et j'ai mangé.

Aujourd'hui, j'étais au boulot "exceptionnellement" pour faire un travail informatique particulièrement chiant et répétitif. J'ai fait tout ce que je pouvais faire aujourd'hui et je terminerai lundi.

Note

[1] Sans mérite parce que je n'aime pas les huîtres.

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