Le travail, ça fatigue

D'aussi loin que je m'en souvienne, le travail et moi n'avons jamais été amis.

Ce soir, en rentrant du travail, je n'ai envie que de deux choses. Manger et me reposer. La journée n'a pas été inactive. J'ai couru partout. Ici pour dépanner un PC, là pour installer un nouveau Macintosh, ailleurs pour finir de configurer un serveur. Entre temps, j'ai aussi pu faire quelques impressions, me faire engueuler par mon patron (je l'ai copieusement engueulé en retour), discuter de choses et d'autres avec des collègues, boire un peu de café et tirer un transpalette.
Pas une fois je n'ai pensé au blog et à ce que je pourrais y mettre de toute la journée. Ce n'est que là, après avoir mangé (c'était bon) que je me suis posé la question. Aucune envie de faire un dessin, rien de bien intéressant à raconter ; j'allais encore faire du remplissage en faisant mine de m'intéresser à un fléau de nos sociétés : le travail.
Faudra-t-il un jour éradiquer le travail comme on cherche tant à le faire d'autres maladies pourtant bien moins cruelles et néfastes ? Parce que l'homme est homme et pas poisson rouge, il a besoin d'agir un minimum pour répondre à ses besoins quotidiens. Mais combien faudrait-il travailler chaque jour pour parvenir à vivre ? Sans doute n'a-t-on pas besoin de toutes ses heures. L'humanité ne serait pas mise en péril si l'on produisait moins de porte-clés, d'emballages divers, de gadgets en tous genres. Je ne le pense pas. On peut vivre parfaitement en refusant de consommer tout un tas de choses parfaitement inutiles. Il faudrait que je fasse une tentative d'énumération de ces objets à mon avis parfaitement inutiles. Cela irait de la pince à sucre (guère plus utilisée) à la peluche que l'on accroche au rétroviseur de son automobile en passant par les chaussures de sport et la plupart des instruments de musique bruyants. Il y a du pain sur la planche.
Décroissance ? Pas vraiment, non. Consommation raisonnée, plutôt. Tenez, si l'on ne prend que les ordinateurs. Ne serait-il pas possible de mettre à jour le matériel comme on le fait des logiciels et systèmes d'exploitation ? Après tout, une tour n'est rien d'autre qu'une boîte qui n'a pas beaucoup évoluée depuis les débuts de la micro-informatique. Peut-être faut-il de temps à autres remplacer une carte-mère ou un processeur ; un disque dur ou quelques barrettes de mémoire mais on pourrait faire durer un peu plus longtemps. Non ? Ce pourrait être la même chose avec les automobiles et bien d'autres produits. Je n'irai pas jusqu'à prétendre que nous pourrions produire des livres effaçables sur lesquels nous pourrions faire imprimer un nouveau roman. Bien que, me semble-t-il, on y a déjà pensé avec cette histoire de livre électronique.
Donc, travailler moins. Oui. Seulement, nous n'accepterons pas que le médecin travaille moins et s'arrête en plein examen en vous lançant un "on verra la suite demain". On n'imagine pas que le routier s'arrête au bout de deux heures de route et mette plus de quinze jours pour vous livrer votre marchandise. Si certains ne peuvent pas travailler moins, personne ne doit le pouvoir. Enfin presque personne.

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