J'ai appris ça ce matin, en buvant mon café. Ma première réaction a été de défendre la position des Restaurants du Cœur. Selon eux, le photographe avait donné l'autorisation d'utiliser le cliché à Coluche. Cela aurait été fait verbalement. Pas d'écrit, pas de contrat de cession de droit. C'était en 1985, nous sommes en 2013. Vingt-huit ans.
Je me disais que le photographe tentait de récupérer du pognon sur le dos des Restaurants du Cœur et que cela était mal. Un gros coup de bien-pensance dès le matin. Il y avait bien longtemps que cela ne m'était pas arrivé.
Et puis, j'ai réfléchi à tout ça et ce soir, ma position est bien moins arrêtée. Je suis allé voir ce que l'on disait de l'affaire dans la presse numérique. Il apparaît ci et là que le photographe aurait été chagriné de l'usage fait de sa photo. Les Restaurants du Cœur n'hésiteraient pas à vendre les droits d'utilisation de cette photo.
Bien sûr, évidemment, certainement, à n'en pas douter, les sommes récoltées par les Restaurants du Cœur doivent être bien utilisées. Soit qu'elles servent à acheter de la nourriture qui sera distribuée, soit qu'elles servent aux frais de fonctionnement. Ceci dit, il n'en reste pas moins vrai qu'il n'est pas très délicat de vendre l'usage de quelque chose qui ne vous appartient pas, sans l'accord du propriétaire qui plus est.
Dès lors, je peux comprendre l'attitude de Gaston Bergeret. Le site du journal Ouest-France expose bien la position du photographe et explique les notions de droits d'auteur. A la lecture de cet article de Ouest-France, j'estime que le photographe a raison de vouloir protéger son œuvre d'autant plus qu'il semble qu'il n'interdise pas aux Restaurants du Cœur d'utiliser l'image dans certaines conditions.
La gueule à l'enfoiré
Gaston Bergeret est l'auteur de la photo de Coluche utilisée par les Restaurants du Cœur depuis leur création en 1985. Aujourd'hui, sur fond de droit d'auteur, le photographe demande aux Restaurants du Cœur de cesser d'utiliser la photo.
1 De shanti - 03/07/2013, 21:16
Joli dessin !
J'irai lire Ouest-France plus tard.
Mais d'après ce que vous nous en dites, il semble qu'il y ait abus.
Faut pas pousser trop loin le bouchon !
2 De michel - 03/07/2013, 21:31
Merci.
3 De shanti - 03/07/2013, 21:48
@michel :
De rien !
Par contre je ne suis pas tout à fait d'accord avec le texte. Mais bon, la critique est facile tant que je n'ai pas à trouver moi-même un texte adapté à cette "histoire".
J'ai lu l'article sur Ouest-France et suis allée sur la déclaration à Libération.
Je comprends tout à fait le point de vue de l'auteur de cette photo.
Votre texte implique "les pauvres", ils n'y sont pour rien. Enfin pas directement.
Que les "Restos du Coeur" cherchent à faire du fric avec la photo et que ces "ressources" servent à aider au financement des repas et denrées distribuées, ça peut paraître louable. Malgré tout il parait évident qu'une demande préalable auprès de l'auteur aurait été plus que souhaitable.
J'ai entendu dire que la Communauté Européenne avait ou allait baisser le montant de l'aide alimentaire.
D'un autre côté, combien coûtent des soirées comme celles des "Enfoirés" ?
4 De Liaan - 03/07/2013, 22:32
"Avec le temps, tout s'en va..." chantait Ferré.
"on oublie rien, on s'habitue, c'est tout" chantait Brel.
Cette histoire permet de rappeler que Coluche avait lancé cette affaire de Restaus du Cœur pour que cela ne dure pas, nous sommes dans les vingt-huit ans plus tard, et il y a de plus en plus de pauvres qui viennent aux "Restau du Cœur"...
Cette histoire de droits d'auteurs permet au moins de rappeler que c'est ce Coluche qui a lancé ce truc, qui n'est que, somme toute, qu'un genre de "soupe populaire", mieux adaptée à nos genre de vie (le principe de "l'épicerie sociale") et qui sait que, si on ne parlait pas des droits d'auteurs (à tort ou à raison), on aurait oublié qu'un mec (Coluche) a pensé qu'on ne pouvait pas, à notre époque sois-disant égalitaire, pouvoir mourir de faim (ou, de soif)...
Le fait de reparler de cette affaire est un bien :
on reparle des "Restau du Cœur" à un moment où tout le monde s'en fiche car, le monde (quart-le-monde, humour !) est possédé par une idée : les vacances !
5 De shanti - 03/07/2013, 22:45
@Liaan :
Les vacances, c'est un luxe que pas mal de gens ne peuvent se permettre.
Lorsque je peux m'offrir un restau, ou autre plaisir du genre c'est comme si je m'étais offerte des vacances.
C'est un luxe que j'affectionne.
6 De Liaan - 04/07/2013, 07:58
@shanti : Il est vrai que "partir en vacances" est un luxe que pas mal de gens ne peuvent se permettre, mais la publicité, les médias font tout pour que, pour eux, tout le monde part en vacances !
L"actualité", même, se permet des vacances... voir l'épaisseur des journaux quotidiens pendant cette période, et les sujets "futils" mis en avant par la presse hebdomadaire. Aura-t-on droit à un sujet "cul" dans le Nouvel Obs" ou autre Express des semaines qui viennent ?
7 De shanti - 04/07/2013, 10:10
D'un autre côté, combien coûtent des soirées comme celles des "Enfoirés" ?
C'est un peu idiot ce que j'écris là, car en fait la vraie question est plutôt qu'est-ce que tout ceci rapporte aux uns et aux autres ?
Lorsque l'on lit que le spot télévisé diffusé lors d'une soirée comme celle des "Enfoirés" est facturé 130 000 €, on peut se poser des questions.
Le scénario est, je pense, le même que pour le Téléthon, les "Longues-Dents" se frottent les mains à la vue de l'exploitation qu'ils vont pouvoir faire de ces manifestations de générosité.
Pour les "Longues-Dents" le mot "générosité" est remplacé par "profits".