De bon matin

Après une très mauvaise nuit peuplée de rêves inquiétants et d'un sommeil sporadique, puisque je n'étais pas défunté, je me suis levé.

Le radio-réveil crachote des sons incompréhensibles. Je l'arrête et quitte le lit. J'enfile une chemise, un pantalon, des charentaises et je me dirige au radar vers la cuisine. Je prends un bol, une cuillère et la verseuse pleine de café. Je vais m'installer à la table, m'assieds, verse le café dans le bol, prends une grosse cuillère de miel, verse un peu de lait par là-dessus, touille et bois. J'ai l'esprit bien embrumé. Je ne suis pas encore réveillé. Je me connais, il me faudra au moins un deuxième bol de café pour commencer à émerger.
Je bois ce deuxième bol de café, celui qui précède le troisième et vais aux chiottes. J'ai allumé la radio en me levant. Ça parle du fou dont on parle ces jours-ci. Je suis assis sur la cuvette, je lis quelques passages du dernier Fluide Glacial et j'entends les tops qui annoncent sept heures. Je ne suis toujours pas bien réveillé mais tout de même suffisamment pour m'étonner d'entendre ces tops qui indiquent normalement que je suis parti.
Je continue à faire ce que je suis en train de faire. Après cela, je fais un brin de toilette et cette fois-ci, j'entends la chronique de Didier Varrod, chronique qui, habituellement, survient lorsque je suis aux alentours de Saint-Pierre-de-Chignac. Je reviens à mon bol, me sers de nouveau un peu de café, froid à présent. Je suis presque réveillé. Mon regard se porte sur la Freebox qui me fait face. Je lis qu'il est déjà 7 heures et 36 minutes. Cela me fait sourire parce qu'à cette heure là, je devrais être sur la route, non loin de Niversac. Et pourtant, je suis assis, chez moi, à Azerat. C'est rigolo.
Et d'un coup, je comprends qu'il s'est passé quelque chose et que je vais être bigrement en retard pour embaucher, moi. Alors, ça se précipite quelque peu. Je chausse mes chaussures, j'enfile ma veste, éteins la radio, éteins la lumière, ouvre la porte, sors, ferme la porte, dévale l'escalier, monte dans la voiture, démarre, passe la première, commence à rouler et me dirige vers Périgueux. Je suis arrivé un peu à la bourre mais pas trop. Personne ne s'en est aperçu, je pense. Ça prouve un peu combien mon absence ne serait pas un problème. Ça donne à réfléchir un peu.

Réveil de chez moi

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