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Lorsque le thermomètre est descendu sous les sept degrés, il convient de passer à l'action. Dans la cheminée, la bûche placée la veille est restée intacte et je sais pertinemment qu'il faudrait plusieurs heures pour qu'un nouveau feu réchauffe un peu la maison. C'est décidé et je m'y tiens, je lance la chaudière !

Le brouillard qui habille Azerat fait que j'ai du mal à distinguer plus loin que de l'autre côté de la route départementale. Il fait encore -3° dehors. Nous sommes entrés dans l'hiver, le solstice est derrière nous et bientôt les journées vont commencer à s'allonger. Jusque là, j'ai tenu en brûlant du bois. J'en ai acheté deux stères, du chêne coupé à un mètre. Ça part vite et ça ne permettra pas de passer l'hiver. De toutes les façons, il est parfaitement illusoire de se chauffer avec une cheminée à foyer ouvert comme un cantou, à moins de disposer d'une réserve très importante de bois et d'accepter de rôtir d'un côté en se gelant l'autre. Il se trouve que ma maison dispose de tous les raffinements offerts par le monde moderne. Eau chaude et chauffage central.
Au début, je m'étais dit que je ne lancerais pas le chauffage avant le 1er décembre. Une décision arbitraire et idiote. J'ai laissé passer la date et me suis dit que, le 10 décembre au plus tard, j'aurais le chauffage. Là encore, la date est passée mais j'en avais une autre en réserve. Au matin du 21 décembre, c'était dit, la chaudière reprendrait du service. Que s'est-il passé ? Mystère ! Toujours est-il qu'au premier jour de l'hiver, la chaudière est restée muette.
Ce matin, je me suis levé et j'ai préparé du café. J'ai déposé le bol ordinaire sur la table et j'ai attendu que le café passe. Lorsque la cafetière a cessé ses gargouillis, je suis allé chercher la verseuse. Je vous l'assure, ma maison n'est pas grande. Pour aller de la cuisine jusqu'à la table supportant le bol placée dans la pièce principale qui me sert à tout, il y a peut-être six mètres. Eh bien, vous me croirez ou pas, mais lorsque j'ai versé le café dans le bol, il était déjà moins qu'à peine tiède. Et ça, ne pas avoir de café un peu chaud le matin, ça ne me convient pas.
Lorsque le thermomètre descend sous les 10°, pour moi, ce n'est plus assez confortable. Par exemple, il devient hors de question que j'essaie de dessiner. En fait, la limite se situe autour des 12°, pour moi. Au-dessus, c'est très bien, en dessous, c'est trop peu. Et donc, j'ouvre la porte de la chaudière et j'appuie sur l'interrupteur. Bonne fille, elle entre en fonctionnement. Je ne me suis pas fait livrer de fuel. Il me reste ce que je n'ai pas consommé l'hiver dernier. Combien en reste-t-il ? Mystère ! Je pourrais, devrais, plonger quelque chose dans la cuve pour estimer le niveau de carburant disponible. Si j'étais intelligent et bien avisé, je commanderais du fuel au plus tôt. D'autant plus que les prix sont au plus bas. L'autre jour, je suis allé faire le plein de la voiture. Alors que je ne cherchais absolument pas à acheter le gas-oil au meilleur prix, j'ai été surpris de voir qu'il était à 1,06 euro le litre. Il y a bien longtemps que l'on n'avait pas vu ça. Depuis, j'ai vu des stations-service afficher le gas-oil sous la barre de l'euro. Ça laisse supposer un litre de fuel domestique bien en-dessous. Je ne peux m'empêcher de penser à ces crétins d'experts qui, il n'y a pas si longtemps, prédisaient la fin du pétrole à prix bas et le baril à plus de 200 dollars. Il est à 55 dollars ce matin.

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