Balle au centre

La pendaison de Saddam Hussein ne m'avait pas plu. L'assassinat de Oussama ben Laden ne me plaît pas plus.

J'ai appris la nouvelle ce matin en buvant mon café. Oussama ben Laden avait été retrouvé au Pakistan, un commando l'avait délogé avant de lui loger une balle dans la tête. Barack Obama lui-même faisait une allocution pour annoncer cette exécution et il paraît que l'on entendait les cris de joies de la foule réunie autour de la Maison Blanche.
Un peu avant d'arriver au travail, j'apprenais que le corps de Oussama ben Laden avait été jeté à la mer. J'ai trouvé cela bizarre.
Plus tard dans la journée, on a commencé à entendre des voix pour dire que c'était bien bizarre, cette histoire d'avoir donné le corps de ben Laden aux poissons. Il n'a pas fallu bien longtemps pour que l'on entende les premières personnes prétendre que, si ça se trouvait, ce n'était pas vraiment ben Laden qui avait été tué... si seulement quelqu'un avait été tué dans cette expédition punitive... si seulement cette expédition avait bien existé. La théorie du complot est toujours prompte à se réveiller. C'est bien, j'aime bien douter moi aussi.
Alors, je me suis demandé pourquoi les Américains avaient cherché à se débarrasser de leur hôte aussi rapidement et aussi radicalement. Après tourt, ils lui ont couru après durant presque dix années et une fois qu'ils mettent la main dessus, plutôt que de le prendre et de le juger, ils le tuent et le balance à la baille. Et après avoir réfléchi un peu, je me suis dit que c'était peut-être bien la meilleure solution. Non pas que je cautionne l'assassinat de cette saloperie certaine, je n'ai aucune sympathie particulière pour lui, mais parce qu'en agissant de la sorte, les Américains tuent le symbole. Personne ne pourra se recueillir sur une sépulture, personne ne pourra chercher à le libérer. Ben Laden n'est plus, c'est tout.
Ceci dit, je n'apprécie pas l'assassinat dirigé par les Américains, par principe. C'est comme ça.

Et maintenant, que va-t-il se passer ? L'opportunité de s'en aller d'Afghanistan est trop belle pour qu'elle ne soit pas saisie au vol. Pour les "occidentaux", c'est une bonne occasion de plier bagage et de rentrer chez eux en laissant les talibans gérer leur pays comme ils le veulent. On part de l'Afghanistan et de l'Irak, on plie bagage et on souhaite bonne chance à ceux qui restent. S'ils veulent s'entretuer entre eux, ils n'ont pas besoin de nous, après tout. Allez, hop, retour à la maison !
Mais le risque, c'est Al Qaïda. Ben Laden était peut-être le chef mais on nous a tellement dit que c'était une nébuleuse mystérieuse que l'on peut craindre qu'elle se trouvera un nouveau chef ou qu'elle saura se passer de chef. Et on peut imaginer que Al Qaïda réfléchit déjà à des mesures de représailles. A-t-elle les moyens de ses envies de vengeance, je n'en sais rien. On verra bien.
Il s'est passé presque une décennie entre les attentats que l'on a tous en mémoire et la mort de ben Laden. Ça prouve que le temps n'est pas un facteur déterminant dans cette histoire de vengeance. On sait d'ailleurs que la vengeance est un plat qui se mange froid. Pour les Américains (et peut-être pour l'ensemble des pays "occidentaux") l'ère de la peur vient peut-être de commencer. Qui sait si la revanche n'arrivera pas dans dix, vingt ou trente ans ?
Ça, c'est pour la vision noire de l'affaire. La vision plus optimiste nous invite à penser que débarrassés de ben Laden, si en plus on tient compte du désir apparent de liberté et de démocratie dans les pays "musulmans", les peuples vont réussir à construire des sociétés libérées de la haine et que la paix posera son aile chaleureuse à la surface de la Terre. Ah ! Ah ! Ah ! Non, j'déconne !

oussama ben laden

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