Je ne suis pas un communiquant

C'est assez étonnant de tenir un blog et de prétendre ne pas aimer communiquer, non ?

J'ai mal à la tête depuis ce matin. Je vous parie ce que vous voudrez que j'ai attrapé froid et que je suis en train de développer un bon petit rhume de saison. Ça n'a rien à voir avec le sujet, je le sais bien. J'avais juste envie de vous raconter ça, de vous faire partager un peu de ma vie au quotidien.
Alors le sujet du jour est la communication ou, plutôt, la non-communication. Je ne sais pas qui est allé inventer que l'Homme, dans le sens de son hominitude profonde, je veux dire, était obligé de communiquer à tort et à travers, quitte à dire des conneries ou des platitudes insipides et lénifiantes. Je ne sais pas mais j'ai comme qui dirait le sentiment que ce n'est pas nouveau mais pas si vieux que ça non plus. Je m'explique.
Imaginons des temps anciens où l'on voyageait peu. Guère plus loin que le clocher du village ou la foire du chef-lieu de canton. On devait bien communiquer un peu parce que l'on rencontrait des gens que l'on ne voyait pas tous les jours et que ça donnait l'occasion de parler de la pluie, du beau temps, du blé qui pousse dans les champs ou de la mort du voisin ou de la naissance de la fille de la voisine qu'on sait même pas qui est le père et que c'est honteux ma brave dame. On communiquait mais ponctuellement, avec des gens du même quartier et à propos d'autres gens du même quartier. Ou alors de la météo mais là c'est juste quand on avait épuisé les sujets précédents. C'est comme cela que je vois les choses, je ne suis pas historien et je ne peut pas affirmer qu'elles se présentaient exactement ainsi. Ça me plaît de les imaginer telles quelles parce que ça m'arrange un peu pour exposer mon propos du jour.
En ces temps plus ou moins lointains, il n'y avait pas d'Internet, pas de téléphone, pas de radio ou de télévision. Ceux qui savaient lire et écrire pouvaient écrire des courriers et lire des réponses aux courriers. Les autres étaient plus ou moins contraints de se contenter d'échanger de vive voix. Et bien ma foi, ce n'était peut-être pas plus mal. Il me semble que nous communiquons trop, aujourd'hui. Enfin pas moi. Pas trop. Je n'aime pas le téléphone et je ne me sens pas obligé de parler si je suis en présence de quelqu'un. Pas toujours. Pas quand je n'en ai pas l'envie, surtout.
Il me semble qu'il y a des fois où l'on n'a rien à dire et que ce n'est pas si dramatique que ça. Là, par exemple, dans le fond, je n'ai pas grand chose à dire à grand monde. Ce que je suis en train d'écrire, je me le dis à moi avant de vous le dire à vous. Si vous ne voulez pas le lire, vous êtes libre de ne pas le lire. Il n'y a aucune obligation. C'est là, à mon sens, la différence avec la communication "directe". Je n'attends pas de réponse, dans le fond. S'il y en a, je les lirai mais je n'oblige personne à répondre. Dans la communication "directe" il y a comme une obligation à participer. Je ne vois pas bien pourquoi. Peut-être juste pour faire comprendre ou croire que l'on a écouté ou que l'on a un avis sur le sujet ou bien que l'on a simplement quelque chose à répondre. Moi, si quelqu'un me raconte un truc qui ne me concerne pas ou qui a tout d'une évidence, je ne vois pas bien ce que j'ai à ajouter. En fait, il faudrait apprendre à parler tout seul. C'est fou le nombre de personnes qui parlent seules et qui veulent en faire profiter les autres !

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