L'idée ne m'est pas venue sans raison. Il y a quelques jours de cela, en cherchant une revue que je ne trouvai pas, j'ai mis la main sur quelques anciens numéros de Chasseur d'Images. Assez anciens pour que l'on n'y fasse pas mention de photographie numérique. Du coup, on n'y parle pas non plus de photographie argentique.
En parcourant les quelques articles, tests et essais de l'une de ces revues, je me suis aperçu combien le numérique avait bouleversé notre manière de photographier. Aujourd'hui, on a le résultat de la prise de vue sitôt après le déclenchement et on peut refaire la photo si besoin est. On n'a plus à se préoccuper de la sensibilité de la pellicule ou de savoir si on photographie en noir et blanc ou en couleur. De même, on ne fait plus trop attention au nombre de déclenchements.
Heureusement, ce qui est réellement important n'a finalement pas trop changé. Il y a d'abord le plaisir de faire la photo. Juste celui de se prendre au jeu de la photographie, de cadrer, de bouger en fonction du sujet, de choisir ses réglages, ses objectifs. Pour moi, si j'y réfléchis, tout le plaisir est là. Je me fous presque de la photo par elle-même. Si la photo est réussie, c'est un plus.
Une bonne photo, c'est un bon cadrage, une lumière bien comprise, un peu de technique et beaucoup de chance. Ce qu'a fait perdre le numérique, c'est le frisson de l'incertitude. Entre la perte du film par le laboratoire, les réglages foireux et l'étourderie, il fallait tout de même un sacré coup de bol pour voir enfin un jour sa photo. Aujourd'hui, on déclenche, on vérifie, on refait s'il faut et on balance tout cela sur son ordinateur. Là, on s'amuse un peu, on réhausse les couleurs ou on affaiblit un contraste, on recadre un peu, on bidouille et on enregistre. La photo est prête. Prête à quoi ? Mystère. On n'imprime plus très souvent ses photos, il me semble. On les garde sur son disque dur. On les fait moins voir qu'autrefois, on les partage moins. Enfin il me semble.
Alors j'avais le choix en matière d'appareils photo argentiques. De ceux que j'ai, les trois que je préfère sont, dans l'ordre décroissant de préférence, le Canon T90, le Minox GT et le Canon EOS 5. Ils sont parfaitement fonctionnels tous les trois. Pourtant, celui que j'ai choisi a été le Canon EOS 5, un boîtier considéré comme presque professionnel à sa sortie. Il avait quelques raffinements amusants comme le pilotage de l'autofocus à l'œil. On fixe l'un des capteurs et hop, la mise au point se fait sur lui. Il a fière allure, je trouve. Surtout avec sa poignée optionnelle comme on peut la voir sur la photo. Réputé plus fragile que les appareils de la gamme "pro" (EOS 1 ou 3) il est aussi plus léger et a été beaucoup utilisé par les photographes professionnels.
Le T90, lui, c'est autre chose. Bien plus vieux, cet appareil au nom qui ressemble à celui d'un char d'assaut soviétique est une merveille technologique. Il n'a pas d'autofocus mais il a un obturateur qui fonce au 1/4000 de seconde, une syncho-flash qui monte au 1/250 de seconde, un mode rafale bien rapide, un posemètre très précis qui permet la mesure spot. Un bel appareil, vraiment. En plus, il fonctionne avec des piles R6 classiques et est très économe en énergie.
Le Minox GT, c'est un appareil de légende. Longtemps, il a été le plus petit 24x36 du monde. De par sa nationalité allemande, il a souvent été associé au prestige des Leica. Ce n'est pourtant pas le même monde. Néanmoins, il a un très bon objectif et fait de très belles photos.
Donc, j'ai choisi le Canon EOS 5. Je l'ai nettoyé et puis je l'ai photographié avec l'appareil numérique. J'ai passé quelques heures sur l'ordinateur pour savoir ce que j'allais faire de cette image (je l'ai laissée presque brute, en fait) et je me suis dit que j'allais faire mon billet quotidien avec ce sujet.
Je me suis ensuite assuré qu'il fonctionnait bien, j'ai déclenché à vide et j'ai cherché une pellicule. J'en ai quelques unes en réserve. Elles sont périmées pour la plupart. J'ai même quelques Kodachrome au congélateur mais là, je ne sais même plus où les faire développer. Il faudra que je m'en occupe un jour. J'ai regardé les pellicules que j'avais devant moi et je me suis demandé si cela valait vraiment le coup d'en charger une dans la mesure où je n'avais aucune idée de photo à faire. Alors, avec plein de sagesse, j'ai tout rangé.
Argh antique
Ce matin, j'ai eu l'idée saugrenue de ressortir un appareil photo argentique.
1 De clafy - 03/08/2009, 17:14
C'est vrai que l'habitude de faire des photos peut changer la façon dont on regarde les choses !
Pour les pellicules Kodachrome :
§ Toutefois, Kodak annonce qu'il sera possible de faire développer ses films Kodachrome dans les laboratoires affiliés jusqu'au 30 novembre 2010 en Europe. §
http://www.iconea.fr/produit-photos/tirages-argentique.php
par exemple.
2 De Titi - 03/08/2009, 17:17
il a été le plus petit 34x36 du monde Hum :) Oui, côté prise de vue, le numérique est plus sécurisant, trop... Je me souviens d'avoir une fois fait des photos avec mon Voigtländer VITO-B (carrossé façon BL) au pifomètre, et pour l'exposition, et pour la mise au point, avec une optique bien acceptable et son obturateur central synchronisé au 1/300 :D Quel plaisir là !
3 De Sax/Cat - 03/08/2009, 20:20
Je garde toujours dans un coin mon vieux Zenit Automat Made in USSR.
Il aurait bien besoin d'une révision (les pellicules ont tendance à partir en vrille, voire à patiner), mais je ne suis pas sûr que l'investissement en vaille la chandelle.
4 De michel - 03/08/2009, 23:07
J'ai deux Zenit E mais je n'ose vraiment pas leur sacrifier une pellicule.
5 De Lib - 04/08/2009, 04:20
Il n'y a bien que les "bobos escouilles pétés de thunes" pour collectionner autant d' appareils photos de haute facture .. ;o))
6 De michel - 04/08/2009, 10:58
Lib, que voulez-vous dire au juste ?
7 De Lib - 04/08/2009, 11:49
Que vous êtes riche de vos collections , pardi !.. :o))