Des dangers de vivre

Une récente étude montre que l'on prend des risques inconsidérés en buvant de l'alcool, en mangeant de la charcuterie ou des viandes et poissons fumés, en mangeant de la viande rouge. En fait, on risque ni plus ni moins que de développer un ou des cancers !

Je suppose que cette étude est tout ce qu'il y a de plus sérieux. J'en ai entendu parler sur France Inter et j'ai lu des résumés de cette étude menée par l'INCA (Institut National du CAncer) que l'on peut trouver ici : étude (PDF|2,1Mo).
Pour moi, le sujet n'est certainement pas de chercher à justifier mes "conduites à risque" et encore moins de contester les résultats de cette étude. Des conduites à risque, oui, j'en ai. Je n'en suis pas fier. Je fume, je bois de l'alcool, je mange mal. Les cinq fruits et légumes quotidiens, j'en suis bien loin. Du moins d'une manière régulière. Les jours où je ne mange que des pâtes avec du fromage ne m'apportent pas beaucoup de fruits ou de légumes, c'est certain. Le jour où l'on me diagnostiquera un cancer, il sera bien temps de m'en mordre les doigts mais je ne pourrai pas prétendre que je ne savais pas. Bon.

Vivre, c'est dangereux. Oui, vivre c'est affronter des dangers à tous moments. Combien de fois met-on sa vie ou sa santé en danger chaque jour ? Rien qu'aujourd'hui, j'ai osé boire du café (il faudra me prouver que ce n'est pas mortel), j'ai pris la voiture (vous avez vu combien de personnes meurent dans des accidents de la route ?), j'ai plongé mes mains dans des produits chimiques (en clair, j'ai fait la vaisselle) et, surtout, j'ai fumé déjà quelques cigarettes. La logique, si l'on tient à rester en vie le plus longtemps possible et le rester en bonne santé, on devrait prendre conscience de ce que nous n'avons qu'une vie et que la souffrance n'est pas un but intéressant à atteindre. Du coup, oui, si j'étais une personne intelligente et responsable, j'opterais pour une hygiène de vie raisonnée. Je suppose qu'alors, je serais végétarien, non fumeur, non buveur, que je ferais un minimum d'exercice physique et que, ma foi, je ne m'en porterais pas plus mal si tant est que je ne m'en porterais peut-être pas mieux.

Au fond, je n'ai rien à dire pour ma défense, et je ne peux que conseiller à celles et ceux qui veulent vivre en bonne santé d'adopter ces règles pas si contraignantes. Après tout, on peut très bien se passer de viande rouge, de charcuterie, d'alcool ou de tabac. Je suppose que les buts premiers de cette étude n'étaient certainement pas de faire peur ou de donner une leçon de morale. Ce sont les journalistes qui ont sauté sur l'occasion pour faire du papier à bon compte. C'est facile de titiller la peur des gens en leur faisant sautiller un risque de cancer et de souffrances sous le nez.
Il me semble que si l'on était sûr et certain de mourir dès le premier verre de vin, dès la première cigarette, dès la première rondelle de saucisson, on ne le ferait pas. Mais seulement voilà, nous connaissons tous des personnes qui ont bu, bouffé et fumé toute leur vie et qui sont toujours présents à un âge avancé ou bien qui sont morts de tout autre chose. Il faut refuser les prophéties.

La vie est peuplée de dangers. On peut se tuer en descendant un escalier aussi bien qu'en traversant une rue ou en s'étouffant avec un noyau de cerise. Il n'y a pas de règles dans la mort si ce n'est que lorsque l'on est mort, on est mort. Nous vivons dans une société qui refuse l'idée de la mort, qui refuse la mort elle-même, et qui aimerait bien que l'on cesse de mourir à tort et à travers.
L'exemple des chiffres des "morts sur la route" est parlant. Certes, il est regrettable de mourir bêtement dans un accident de la route, surtout si l'on n'est pas responsable. Bien. Ceci étant, chercher à nous faire croire que seules les gendarmes sont à l'origine de la baisse des accidents mortels me semble un peu spécieux. C'est faire bien peu de cas des progrès réalisés dans la conception des automobiles ou des accessoires de protection pour les motards. Je ne suis pas toujours respectueux des limitations de vitesse mais j'essaie de respecter ces limitations en agglomération ou des que je comprends la nature du danger. Mais je ne cherche pas à justifier les excès de vitesse que je peux faire parfois. Ce n'est pas justifiable et, je le reconnais, la plupart du temps ça ne sert à rien de rouler vite. Mais bon, c'est comme ça. Vous êtes sur la route, il fait beau, votre voiture marche bien et vous vous laissez aller à appuyer sur la pédale d'accélérateur. Que voulez-vous que je vous dise ?

risque de cancer

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