De la science, point trop n'en faut

Internet est réellement un outil d'acquisition du savoir étonnant. Hier, alors que je cherchais des renseignements concernant la culture de la patate douce en Equateur (oui, je veux opérer une reconversion professionnelle), je suis tombé sur un site «créationniste». Comme quoi les chrétiens peuvent être follement amusants.
On nous ment, on nous cache la vérité divine... et c'est mal. En gros, c'est le fond de la «pensée» créationniste. Enfin, si l'on peut parler de pensée, évidemment. Selon ces braves gens, il y aurait un Dieu (avec un D majuscule, ils y tiennent) qui aurait créé l'univers, l'homme et les petites fleurs qui vont avec en six jours. Le septième jour, vous n'êtes pas sans le savoir, étant utilisé pour se reposer. Déjà, on apprend que Dieu peut avoir besoin de se reposer. Ça craint un max. Même Sarkozy semble étranger à la fatigue ! Enfin moi, je voudrais pas dire, mais un Dieu qui se sent faiblard après six jours de turbin, ça ressemble pas trop à la France qui gagne et qui veut travailler plus pour gagner plus. Evidemment, je conçois que six jours de boulot avec tout ce qu'il y avait à faire, ça devait pas être de la tarte. Je veux bien mais on est Dieu ou on ne l'est pas. Faut savoir se donner les moyens de son ambition dans la vie, en avoir les capacités, merde alors !
Donc, l'histoire commence avec le gars Darwin qui, après avoir consommé des substances délétères qui font rire, édicte une théorie farfelue selon laquelle il y aurait une obscure histoire d'évolution des espèces. Du genre on est une grenouille et quelques millénaires après, paf, on devient un éléphant. N'importe quoi !
Un grand n'importe quoi auquel, pourtant, quelques esprits simples et passablement dérangés prêtent une oreille attentive. Il faut dire que nous sommes en Angleterre et que là-bas, on est prêt à croire n'importe qui et n'importe quoi en échange d'une pinte de bière tiède. Charles Darwin, un jour, donc, dans un pub de Londres raconte à un attroupement de buveurs que l'homme descend du singe. On rit beaucoup de ses histoires et on lui ressert une bière. Mais voilà que tout commence à déconner pour notre Charles Darwin. Etait-ce la bière qui était frelatée ? Etait-ce le cerveau qui se mettait à tourner en vrille ? Nul ne le sait exactement mais il est sûr que Darwin commence à croire dur comme fer à ses imbécilités. C'en est fait de ce joyeux «old fellow» ! Il cesse de fréquenter les pubs et se fait scientifique. La déchéance totale.
C'est le début de la descente aux enfers pour Charles qui part dans la recherche de preuves de ce qu'il nomme sa «théorie». Abruti pas sa quête folle, il s'abstient bien de confesser ses coupables activités lors des messes dominicales. C'est tout juste s'il ose en parler à ses quelques très proches amis qui, compatissants, le laissent parler et blasphémer.
D'un long voyage à travers le vaste monde à bord du Beagle, Charles avait remarqué avec quelle bizarrerie le créateur avait disséminé les espèces. Ainsi, on trouvait là et juste là des animaux ou des plantes inconnus partout ailleurs. Alors que toute personne sensée aurait compris que Dieu avait bien le droit de s'amuser un peu avec sa création, Charles Darwin partit dans une délirante histoire d'espèces qui aurait eu des ancêtres communs mais qui, parce qu'elles s'étaient éloignées les unes des autres, se seraient mises à se transformer peu à peu. Il étudia aussi les vers de terre (ce qui, entre nous soit dit, dénote bien de la santé défaillante du bonhomme) et des sortes de mollusques sans intérêt aucun. Toujours est-il que suite à une crise plus forte qu'à l'accoutumée, notre Charles Darwin prétend être capable de démontrer sa théorie et, dans la foulée, écrit un bouquin. Le Vatican n'est pas très content d'apprendre que le pape descend du singe et on le comprend aisément.
Les années passent et Charles Darwin finit par mourir. Durant tout le restant de sa vie, il n'arrête pas d'énoncer contre-vérité après mensonge éhonté et il est heureux que ce soit vers cette époque qu'apparaissent ceux qui nous occupent aujourd'hui : les créationnistes.

Le grand avantage des créationnistes sur le pauvre Charles Darwin, c'est qu'ils ont reçu la vérité de la bouche même de Dieu. Une vérité comme ça, c'est pas possible de la contester, je pense. Ainsi, il leur est facile de mettre à mal toutes les théories ridicules de Darwin. Par exemple, si l'on prend le cas de l'existence des grands dinosaures que d'aucuns prétendent qu'ils ont vécu il y a fort longtemps et même plus. Et bien les créationnistes, eux, savent que s'ils ont bien existé, ils n'ont pas plus de 5 ou 6000 ans. Demandez donc à George W. Bush, il vous le dira ! D'ailleurs, la meilleure preuve qu'il n'y a jamais eu plus d'évolution des espèces que de testicules dans la culotte de ma sœur, c'est que si cela avait été le cas, on retrouverait des fossiles mutant entre les dinosaures fossiles et ce que l'on trouve maintenant sur terre. Non ? Et puis, si l'on descendait réellement du singe, hein, franchement, pourquoi y aurait-il encore des singes ? Faut pas nous prendre pour des cons.

créationnisme vs évolution

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