Premières cerises

Dans le jardin qui fait face aux locaux de l'entreprise où j'officie, les cerisiers se couvrent des premières cerises rouges. Je ne sais pourquoi, mais c'est le genre de petite chose qui sait me rendre heureux.

Parce que c'est le fruit qui a été le mieux et le plus joliment chanté, parce que, aussi, c'est mon fruit préféré (avec la pomme), parce que, enfin, c'est le symbole des beaux jours. Plus que la fraise ou que le poireau !
Je me souviens quand, petit, j'allais grimper dans le cerisier du menuisier qui habitait au bout de la ruelle. Je ne me souviens plus du nom de ce menuisier. Je sais qu'il avait un nom d'origine italienne. Je me souviens aussi que sa fille me semblait jolie. Je me souviens surtout de ce grand cerisier dans lequel on montait, mes frères et moi, par une grande échelle en bois. Nous nous installions à califourchon sur une grosse branche et nous remplissions des paniers que nous apportions ensuite à notre mère pour qu'elle fasse les confitures.
Je me souviens très nettement aujourd'hui encore que ces cerises, très bonnes et très sucrées, étaient souvent pleines de petits vers. Ma mère les nous avait fait voir. Nous étions repartis sans plus nous poser de questions dévorer les cerises à l'ombre des hautes branches.

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